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66 km de trottoirs en moins à Saint-Hyacinthe

Un trottoir fissuré dans lequel poussent des herbes folles.
Les trottoirs de certains secteurs de Saint-Hyacinthe ne seront plus remplacés. Photo: Radio-Canada

La Ville de Saint-Hyacinthe revoit la répartition des trottoirs sur son territoire. Selon le nouveau plan directeur adopté par le conseil municipal, certaines rues gagneront des trottoirs et d'autres en perdront, mais en fin de compte, la ville comptera 66 kilomètres de trottoirs de moins.

Plus précisément, on trouve actuellement 232 kilomètres de trottoirs à Saint-Hyacinthe. En vertu du nouveau plan, on en éliminera 83 et on en ajoutera 17, pour un total de 166.

La Ville s'est dotée de critères qui déterminent les types de rues où un trottoir est nécessaire. La présence d'une école, d'un hôpital ou d’un pôle commercial, par exemple, justifie la présence d'un trottoir. Mais dans les rues résidentielles, les zones agricoles ou les zones industrielles, ce n’est pas nécessaire, estime le maire Claude Corbeil.

Les trottoirs de ces secteurs ne seront donc pas remplacés une fois leur vie utile terminée.

Selon le maire Corbeil, le plan directeur des trottoirs permet d'uniformiser les services entre les quartiers. Il explique que les normes n’étaient pas partout les mêmes dans les anciennes villes qui forment aujourd'hui Saint-Hyacinthe. Le conseil municipal considère que cela créait une injustice, parce que certains citoyens payaient pour l’entretien des trottoirs des autres.

Une décision qui fait des mécontents

L’adoption du plan directeur des trottoirs est loin de faire l’unanimité. Deux des onze conseillers municipaux s’y sont opposés.

« À partir du moment où on enlèvera un trottoir puis qu'il y aura un petit enfant qui se fera frapper, tu peux être certain que là, il y en a qui vont se mordre les doigts », dit le conseiller Bernard Barré, qui raconte s’être lancé en politique il y a 30 ans justement pour conserver un trottoir devant chez lui.

Des citoyens aussi sont mécontents et certains se sont fait entendre au dernier conseil municipal. Des habitants de la rue des Samares, qui jouissent de trottoirs des deux côtés de la rue, font même circuler une pétition.

« Ok, on va rajouter des trottoirs, on va faire la réfection des trottoirs. Mais enlever un trottoir! Peut-être que c'est ma mentalité d'avant, mais c'est comme inconcevable. Voir les enfants marcher dans le chemin? Pas ici, pas à la vitesse que ça passe! », dit Rachel Pineault, une résidente de la rue des Samares. Elle craint que les parents utilisent leur voiture pour accompagner leurs enfants à l’école plutôt que de les laisser marcher.

La Ville dit être disposée à réévaluer le retrait des trottoirs dans ce secteur.

Pour l’organisme Piétons Québec, qui défend les intérêts des piétons, l’enlèvement des trottoirs présente un risque pour la sécurité et la santé des piétons, mais il pourrait aussi avoir un impact social, en favorisant entre autres l’isolement des personnes âgées.

« On veut que les Québécois soient plus en santé plus longtemps. Ça passe par la possibilité de sortir de chez soi, d’être actif quotidiennement. La marche est un élément essentiel de la santé et de la qualité de vie au quotidien », dit la porte-parole de l’organisme, Jeanne Robin.

La Ville de Saint-Hyacinthe publiera prochainement sur Internet les nouvelles cartes des trottoirs.

Avec des informations de Dominic Brassard et d’Olivier Bachand

Grand Montréal

Urbanisme