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Les sexologues veulent contribuer à l'éducation sexuelle des jeunes

Des élèves lèvent la main dans une salle de classe.
Classe du primaire Photo: iStock
Radio-Canada

Des sexologues déplorent ne pas avoir été impliqués dans l'implantation du nouveau programme d'éducation sexuelle obilgatoire depuis septembre pour tous les élèves de la province. Certains offrent même leur aide bénévolement aux enseignants du Québec.

Un texte de Fanny Samson

D'ici juin, tous les élèves du primaire et du secondaire du Québec devront avoir suivi respectivement 5 et 15 heures de cours d'éducation sexuelle. Ces cours sont offerts par les enseignants qui ont suivi une formation de quelques heures au préalable.

Les sexologues estiment que les enseignants n'ont pas nécessairement tous les outils pour offrir cette formation.

« On a été peu consultés ou ça s’est limité à pas grand-chose », dénonce la présidente de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec (OPSQ), Nathalie Legault, qui a participé à certaines consultations au tout début du processus.

Le gouvernement Couillard avait débloqué en décembre 3 millions de dollars pour former les professeurs. Toutefois, le programme ne prévoit pas l’embauche de nouvelles ressources, déplore pour sa part la sexologue Laurence Desjardins.

« Depuis septembre 2018, les écoles ont cette enveloppe de programme à donner, mais pas plus d’argent pour le donner », dit-elle.

Une femme blonde tient une pochette qui contient un condom féminin.La sexologue Laurence Desjardins (archives) Photo : Radio-Canada

On ne vous donne pas plus d’argent pour que vous engagiez un enseignant attitré ou un sexologue. Vous vous débrouillez avec ce que vous avez.

Laurence Desjardins, sexologue

La présidente de l’OPSQ souligne que la plupart des commissions scolaires de la province ont un seul sexologue à leur disposition, ce qui, selon elle, est nettement insuffisant pour répondre à la demande.

Revendiquer sa place

Certains collectifs et groupes de sexologues ont offert leur aide bénévolement ou à la carte pour appuyer les enseignants. « On revendique notre place », explique Laurence Desjardins.

On SEXplique ça et Tel-Jeunes, par exemple, se déplacent dans les écoles pour donner des ateliers aux élèves, aux enseignants et aux parents.

Mme Desjardins ne doute pas des compétences des enseignants, mais elle rappelle qu’ils sont déjà surchargés et que la sexualité est un domaine assez compliqué.

Tout ce qu’on veut c’est de prêter main-forte aux enseignants, pas nécessairement prendre leur place.

Laurence Desjardins, sexologue

« C’est un programme qui est difficile, ce sont des notions qui sont sensibles, et un enseignant qui est déjà surchargé qui n'est pas préparé à aborder certains sujets peut très bien passer [par-dessus] certaines notions », explique-t-elle.

Dans la région de Québec, les cours seront offerts aux élèves cet hiver. Le ministère de l’Éducation fera les évaluations nécessaires à la fin de l’année pour vérifier que le programme a bel et bien été respecté.

La présidente de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec, Nathalie Legault, attend avec impatience de voir ce que fera le nouveau gouvernement de François Legault. « Dans son programme, il a indiqué qu’il veut que les écoles embauchent des sexologues [...] on va lui demander, lui rappeler », dit-elle.

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