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Sayona Québec s'explique devant des membres de l'industrie et dénonce le « bruit médiatique »

Un homme prononce une conférence devant quelques dizaines de personnes.
La plus récente conférence de l'ICM à Val-d'Or accueillait Sayona Québec. Photo: Radio-Canada / Thomas Deshaies
Radio-Canada

Les représentants de Sayona Québec ont livré une conférence mercredi soir, devant des membres de l'Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole (ICM) section Val-d'Or. Le nouveau vice-président aux affaires corporatives de Sayona Québec, Alexis Segal, qui était visiblement nerveux, a consacré une bonne partie de son temps de parole à défendre la décision d'éviter le BAPE pour le Projet Authier. Il a aussi présenté leur vision de l'acceptabilité sociale et dénoncé le « bruit médiatique ».

Un texte de Thomas Deshaies

Des membres de l'ICM ont questionné M. Segal sur la manière dont l'entreprise s'y prendra pour déterminer si son projet obtient l'acceptabilité sociale. Le vice-président n'a pas été en mesure de répondre clairement, mais a martelé qu'il ne s'agissait pas « d'une science exacte ».

Selon lui, l'acceptabilité sociale est avant tout « une démarche » qui vise à améliorer les projets pour en augmenter les impacts positifs dans les communautés et en diminuer les impacts négatifs.

Pour Alexis Segal, la mobilisation citoyenne lors des précédentes consultations publiques ne peut en aucun cas servir à déterminer s'il y a ou non une acceptabilité sociale, tout comme les nombreuses sorties médiatiques de divers groupes.

En aucun temps, l'acceptabilité sociale n'est liée au volume d'activité sur les pages Facebook, ou au volume dans un ou deux médias.

Alexis Segal, vice-président aux affaires corporatives, Sayona Québec

Plus de rencontres publiques

M. Segal s'en est également pris à la couverture médiatique. Le projet n'a pas d'impact sur l'eau d'Eska, c'est un fait que Sayona a martelé et que les médias ont décidé de ne pas reprendre pour laisser beaucoup plus de place aux craintes injustifiées, a-t-il déploré.

L'entreprise a par ailleurs décidé de ne plus tenir d'assemblées publiques ouvertes à toute la population, comme elle souhaitait initialement le faire. La compagnie n'a pas l'intention de se mettre dans un contexte où on fait du bruit, a justifié M. Segal.

Un homme parle au micro, une main en l'air.Alexis Segal, vice-président aux affaires corporatives de Sayona Québec Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Des participants surpris

Plusieurs participants se sont dits étonnés par la nature de sa présentation. On est dans une assemblée qui parle surtout de la production, de la transformation et c'était surtout une présentation qui était orientée vers l'acceptabilité sociale, a affirmé Carl Marineau.

La majorité des membres présents, qui ont accepté de nous partager leurs impressions, se sont toutefois montrés plutôt favorables au projet, tout en comprenant les préoccupations citoyennes. C'est normal que les gens aient des inquiétudes, estime l'ingénieur métallurgiste Edmond St-Jean, qui juge qu'une analyse par le BAPE n'est pas essentielle.

Par contre, c'est sûr que si le projet est approuvé (par le ministère de L'Environnement), il y a très peu chances qu'il y ait une des inquiétudes qui puissent demeurer.

Edmond St-Jean, membre de l'ICM

Un mineur, Guillaume Cervel, dit comprendre les justifications de l'entreprise, mais demeure tout de même en faveur du BAPE. Je pense que le dialogue au BAPE est vraiment une bonne chose, ça peut être long, mais un projet minier a un impact et il faut que ce soit bien cerné, nous a-t-il confié.

L'ancien président de l'ICM, Marcel H. Jolicoeur, espère quant à lui que le projet verra le jour. Je pense que c'est un beau projet, mais maintenant, ils vont devoir faire leurs devoirs, a-t-il déclaré.

Comité citoyen

Le co-porte-parole du Comité citoyens de protection de l'esker, Rodrigue Turgeon, qui était présent lors de la conférence, s'est dit très surpris par les propos du nouveau porte-parole de Sayona.

C'est un ton arrogant qu'il adopte en venant dire que toutes les personnes qui participent à la mobilisation font du bruit. C'est la pire manière d'effectuer un rapprochement avec la population, affirme Rodrigue Turgeon.

Sayona Québec a bon espoir que le gouvernement de François Legault ne soumettra pas le projet au BAPE.

Sayona perd son responsable du développement durable

M. Segal est depuis quelques semaines le nouveau porte-parole de l'entreprise. Il remplace ainsi Marc K. Parson, qui était jusqu'à tout récemment porte-parole, mais aussi responsable du développement durable. Il ne fait plus partie de l'équipe de Sayona Québec. Sayona Québec affirme qu'un nouveau responsable sera embauché sous peu.

Abitibi–Témiscamingue

Métaux et minerais