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Port de signes religieux : « Le Québec a tous les droits », soutient Legault

Gros plan de François Legault.
Le premier ministre désigné du Québec, François Legault, lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada, jeudi, à Erevan. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le Québec peut légiférer de son plein droit pour interdire aux employés de l'État qui se trouvent en situation d'autorité de porter des signes religieux, a affirmé le premier ministre désigné François Legault, jeudi, au terme de sa première rencontre avec son homologue canadien Justin Trudeau.

Un texte de François Messier

Lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada après ce premier tête-à-tête, organisé en marge du Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie, à Erevan, en Arménie, M. Legault a dit avoir lui-même abordé cette question avec M. Trudeau.

« C’est moi qui ai amené le sujet. Évidemment, ça, c’est un sujet qui est plus délicat avec M. Trudeau », a-t-il convenu.

« M. Trudeau a déjà dit publiquement qu’il n’était pas d’accord. Mais bon, il y a un consensus au Québec », a-t-il ajouté ultérieurement.

François Legault affirme en outre que le Parti québécois et Québec solidaire sont essentiellement « d’accord avec cette interdiction » – quoiqu’avec certains bémols –, que la « grande majorité des Québécois » partage cet avis et qu’il est temps de tirer un trait sur ce débat « qui traîne depuis 10 ans ».

« Est-ce que vous craignez un affrontement là-dessus? », lui a alors demandé la journaliste Fannie Olivier.

« Moi, je pense que le Québec a tous les droits », a rétorqué M. Legault, avant de répéter ses arguments. « Moi, je pense que ça doit être fait. »

« Mais vous allez trouver M. Trudeau sur votre chemin là-dessus? », a relancé la journaliste.

« Oui, mais en même temps, le Québec, je pense que c’est une nation, une société distincte. On a un appui, on vient d’avoir un mandat clair à l’élection. Je pense qu’il faudra quand même tenir compte de tout ça », a-t-il ajouté.

Au lendemain de son élection, M. Legault avait affirmé sans détour qu’il était prêt à utiliser la clause dérogatoire pour parvenir à ses fins. Cette clause permet de soustraire une loi aux dispositions prévues par la Charte canadienne des droits et libertés, qui prévoit notamment la liberté de religion.

« Je n'ai pas fait exprès pour lui en parler », a-t-il précisé dans une autre entrevue à La Presse canadienne. Car « moi, mes avocats, nos gens qu'on a consultés en droit, pensent que le Québec a le droit d'interdire des signes religieux pour un groupe restreint, les personnes en autorité ».

L’économie avant l’immigration

Aussi litigieuse puisse-t-elle être, cette question n’a pas été l’une des premières abordées par le premier ministre désigné du Québec lors de sa rencontre avec Justin Trudeau. Il précise lui avoir parlé d’économie d'entrée de jeu, avant d'aborder les questions d’immigration.

« Je voulais vraiment m’assurer que nos deux gouvernements travaillent bien ensemble pour le développement économique. Je veux augmenter de façon importante les investissements dans des entreprises au Québec, et je veux que les délais d’attente pour les deux gouvernements soient réduits de façon importante », a-t-il expliqué.

« Donc, on s’est entendus pour travailler sur l’enrichissement du Québec, essayer de se débarrasser tranquillement de la péréquation. »

Le chef de la Coalition avenir Québec ajoute avoir indiqué par la suite à M. Trudeau qu’il entend abaisser le seuil d’immigration au Québec à 40 000 dès l’an prochain, soit 12 000 de moins qu’en 2017.

Il a aussi réaffirmé qu’il entend soumettre tous les nouveaux arrivants à des tests de français et de connaissance des valeurs québécoises avant d’accorder un certificat de sélection aux immigrants choisis pour leur apport économique.

Justin Trudeau « n’était pas certain qu’on ait besoin de modifier l’entente entre le Québec et Ottawa » sur l’immigration de 1991 pour y parvenir, a indiqué à ce sujet François Legault.

« Il faut se poser la question, parce qu’actuellement, le Québec donne le certificat de sélection, donc, le Québec peut fixer ses conditions avant de donner le certificat de sélection », a indiqué le futur premier ministre du Québec.

« Pour le reste, on a demandé à nos deux équipes de se rencontrer et de faire le point sur le nouveau modèle d’immigration que mon gouvernement va mettre en place. »

À La Presse canadienne, M. Legault a aussi déclaré avoir indiqué au premier ministre Trudeau qu'il veut également « récupérer les pouvoirs » en matière de réunification familiale, qui relèvent d'Ottawa.

Selon le compte rendu officiel du gouvernement du Québec, les deux hommes ont aussi discuté des compensations qui doivent être versées aux producteurs agricoles et laitiers dans le cadre de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) et des « perspectives en lien avec l'hydroélectricité au Canada ».

La « facture pour les migrants illégaux » a aussi été abordée, tout comme « la Francophonie, la mobilité, l’environnement et le transport, en particulier les voitures du métro de Montréal de type Azur et le projet de train à plus grande fréquence de VIA Rail ».

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