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La piste multifonctionnelle du pont Jacques-Cartier fermée une fois de plus cet hiver

Un cycliste circulant sur la piste multifonctionnelle du pont Jacques-Cartier.

Ce cycliste ne pourra bientôt plus emprunter le pont Jacques-Cartier pour circuler entre Montréal et la Rive-Sud.

Photo : Radio-Canada / Jay Turnbull

Radio-Canada

Encore une fois, la piste cyclable du pont Jacques-Cartier demeurera interdite d'accès cet hiver, au grand dam de ceux et celles qui l'utilisent déjà neuf mois par année pour circuler entre Montréal et la Rive-Sud. Le projet pilote mené par la société Ponts Jacques-Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI) l'hiver dernier n'a pas donné les résultats espérés.

Un texte de Jérôme Labbé

La nouvelle a été annoncée par voie de communiqué jeudi matin par PJCCI, deux jours après la publication d'un rapport de 462 pages (Nouvelle fenêtre) indiquant que le projet pilote n'avait pas été concluant.

« Différentes options de déneigement et de produits déglaçants ont été analysées et mises à l’essai, mais à ce jour, aucune solution viable et sécuritaire n’a pu être identifiée qui permettrait d’assurer la circulation sécuritaire à vélo en tout temps sur cette piste unique en hiver », écrit-on.

C'est que la piste cyclable du pont Jacques-Cartier, longue de 2,7 kilomètres, présente un certain nombre de particularités « dont les effets combinés soulèvent des enjeux de sécurité en hiver », explique PJCCI.

D'abord, « la piste est exposée aux conditions météorologiques complexes du fleuve Saint-Laurent, soit un environnement humide, très venteux et changeant qui favorise la formation difficilement prévisible de glace noire ».

Puis, « la piste est dotée d’une géométrie atypique », poursuit-on, prenant pour exemple « son étroitesse » (elle passe de 2,5 m à moins de 1,8 m en hiver), « ses pentes longues et abruptes » (4,2 % d'inclinaison) et « ses virages serrés ».

Enfin, des solutions devraient être trouvées pour prévenir les chutes de glace à partir des structures en hauteur du pont.

Or, le projet pilote, dont le lancement avait été annoncé en octobre de l'an dernier, n'a pas permis de contourner convenablement ces trois problèmes, explique PJCCI, qui dit y avoir consacré environ 1,4 million de dollars.

Sur son site web, la société explique par exemple que certains produits déglaçants qui ont été testés (jus de betterave et maïs, copeaux de bois, chlorure de magnésium, chlorure de calcium) ont été rejetés « principalement en raison de leur potentiel effet dégradant sur la structure du pont, de leur volatilité sur une surface venteuse et de leur performance de fonte peu concluante. »

La piste cyclable, située du côté ouest du pont, sera donc fermée dans les prochains mois, lorsque les précipitations de neige seront trop abondantes, confirme Nathalie Lessard, la nouvelle directrice des communications de PJCCI. Elle le sera en même temps que la piste réservée aux piétons, du côté est de la structure.

L'an dernier, les deux pistes avaient été fermées le 10 décembre. Elles le demeurent habituellement pendant trois mois.

Bien que la piste située du côté ouest du pont est surtout utilisée par les cyclistes, PJCCI utilise le terme « piste multifonctionnelle », puisque plusieurs autres moyens de locomotion y sont permis, comme les cyclomoteurs, les triporteurs, les patins à roulettes, les planches à roulettes et le jogging. Environ 2000 cyclistes l'empruntent quotidiennement en été.

Fait à noter, le système de navettes pour vélos entre Montréal et Longueuil qui avait été mis en place dans le cadre du projet pilote ne reviendra pas cet hiver. Seules sept personnes en moyenne l'utilisaient quotidiennement l'an dernier.

Déception partagée

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s'est dite désappointée de la fermeture annoncée dans les prochains mois.

« J'ai bien l'intention d'avoir une conversation avec le ministre des Infrastructures [François-Philippe Champagne] parce qu'il faut qu'on trouve des solutions », a-t-elle promis, ajoutant qu'il s'agissait d'une piste « largement utilisée », « très achalandée » et « qui permet vraiment d'encourager le transport actif ».

Mme Plante s'est par ailleurs engagée à discuter du pont Champlain avec le ministre Champagne, afin qu'« on ne se retrouve pas dans la même situation ». « On veut une piste quatre-saisons sur le pont Champlain », a-t-elle martelé.

À l'Association des piétons et cyclistes du pont Jacques-Cartier (APC-PJC), qui demande depuis longtemps l’ouverture et l'entretien du seul lien hivernal pour le transport actif entre Montréal et la Rive-Sud, on ne cache pas non plus sa déception par rapport à la fermeture annoncée jeudi par PJCCI.

Son président, François Démontagne, estime que fermer une piste cyclable parce qu'elle n'est pas dans un état idéal pourrait être interprétée comme une forme de discrimination envers les cyclistes.

Il réclame que la piste puisse à tout le moins être ouverte « quand les conditions [météorologiques] sont réunies » en attendant « de trouver des solutions pour l'ouvrir en permanence ».

À ce sujet, la société des Ponts ne baisse pas les bras. La décision annoncée jeudi « n'est pas une fin en soi », précise-t-elle dans son communiqué, ajoutant qu'elle continuera de travailler à la recherche de solutions « qui permettraient d'acquiescer à la demande des usagers cyclistes qui souhaitent utiliser la piste multifonctionnelle en hiver ».

D'ailleurs, « PJCCI entamera de nouvelles études visant à mitiger les risques résiduels identifiés en termes d'exploitation hivernale », promet-on.

Avec la collaboration de Marc Verreault

Des cyclistes et une joggeuse empruntent la piste mutlifonctionnelle, et ce, même s'il est n'est ni ouverte ni entretenue.

Entre 60 et 100 cyclistes empruntent la piste du pont Jacques-Cartier chaque jour en hiver, même si cela est interdit.

Photo : Radio-Canada

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