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Croisières : le Port invité à « réfléchir » à son désir de croissance

Le navire Disney Magic au port de Québec le 26 septembre

Le navire Disney Magic au port de Québec le 26 septembre

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Radio-Canada

Des voix s'élèvent dans le Vieux-Québec et invitent le Port à repenser sa vision du marché des croisières, à l'issue du week-end le plus achalandé de la saison.

Un texte de David Rémillard

Personne ne semble complètement contre l’industrie des croisières dans le Vieux-Québec. Après tout, résidents et commerçants qui choisissent de s’y établir sont bien conscients qu’ils se trouvent dans un site inscrit au patrimoine de l’UNESCO.

Reste que des inquiétudes sont présentes après la longue fin de semaine de l’Action de grâce, durant laquelle pas moins de 55 000 croisiéristes étaient attendus aux quais du port. Dans la seule journée de samedi, sept navires ont accosté dans la capitale.

Le Royal Princess au port de Québec

Le Royal Princess est un des sept navires qui étaient amarrés à Québec samedi.

Photo : Radio-Canada

Au-delà des retombées économiques indéniables, certains craignent de voir l’image de Québec se détériorer par ce qu’ils considèrent comme du « tourisme de masse ».

Un hôtelier a notamment fait ce plaidoyer dans Le Soleil, jeudi matin. Le propriétaire du Château Fleur de Lys a taxé le Port d’être « irresponsable » et de « manquer de vision » en voulant doubler le nombre de croisiéristes débarquant à Québec d’ici 2025, pour atteindre 400 000.

Les mots ne sont pas aussi durs au Comité de citoyens du Vieux-Québec. Mais la réflexion s’impose, selon son président Michel Masse.

« On a aucune opposition aux croisières, au contraire. Le problème est plus l’affluence à des moments particuliers durant des week-ends comme l’Action de grâce. [...] Ça fait un Vieux-Québec très bondé et difficilement accessible », a-t-il commenté.

On est rendu à un point où il faut se questionner sur le développement qu’on veut faire avec cette industrie-là.

Michel Masse, président du Comité des citoyens du Vieux-Québec

M. Masse, qui est aussi guide touristique, était doublement aux premières loges pour observer l’achalandage monstre de la dernière fin de semaine.

« Il faut être capable de les recevoir aussi. Il ne faudrait pas tuer la poule aux oeufs d’or en même temps non plus », a-t-il souligné, craignant de mauvaises critiques ou de mauvaises expériences de la clientèle.

« Ce n’est pas de savoir s’il y en a trop. On est rendu à un point où on en a beaucoup et qu’il faut se poser la question à savoir si on veut encore continuer [la croissance] », a-t-il conclu.

Mieux vaut étaler la saison

À l’Office du tourisme de Québec, on accueille les critiques avec ouverture, bien qu’on ne partage pas l’ensemble des constats.

Le plateau des 400 000 croisiéristes fixé pour 2025 avec le Port de Québec devra être mieux réparti, a concédé André Roy, directeur général de l’Office.

« On est conscient que ça ne pourra pas tout être l’automne. Il faut développer l’été, il faut même développer l’hiver pour pouvoir avoir ce nombre de croisiéristes », a-t-il déclaré.

Parce qu’on est d’accord, il y a des journées où on atteint le point de saturation 

André Roy, directeur général de l'Office du tourisme de Québec

Pour M. Roy, le bien-être des visiteurs doit être au coeur des priorités. « On ne veut surtout pas, et là je rejoins [les critiques], on ne veut surtout pas que le service à la clientèle et l’expérience visiteur ne soient pas intéressantes, au contraire. »

André Roy a rappelé qu’une cellule spéciale est formée chaque fois que trois navires ou plus sont amarrés simultanément à Québec.

« On gère ça comme un grand événement », a-t-il illustré. Les services de sécurité, la Ville de Québec et d’autres intervenants sont alors mobilisés pour assurer le bon déroulement des activités.

Le Port étonné

Le Port de Québec a pour sa part reçu avec « étonnement » les propos de l’hôtelier rapportés dans Le Soleil de jeudi, a dit la porte-parole Marie-Andrée Blanchet.

Selon elle, l’ensemble des acteurs de l’industrie touristique de Québec, y compris les commerçants et les résidents, se sont « unanimement » positionnés en faveur de la croissance du marché des croisières lors d’une rencontre tenue en 2014.

Le quartier Petit Champlain

L'arrivée massive des croisiéristes permet d'étirer la saison touristique dans le quartier Petit-Champlain

Photo : Radio-Canada

Pour ce qui est pointes d’achalandage, Mme Blanchet a simplement indiqué que l’automne était la haute-saison pour les lignes de croisières centre le Canada et la Nouvelle-Angleterre.

Elle a plaidé que les arrêts à Québec sont parfois conditionnels au passage de certains bateaux, et donc que de fermer la porte à une escale dans la capitale pourrait signifier des pertes ailleurs dans le corridor du Saint-Laurent.

Tout comme M. Roy, Mme Blanchet convient qu'il faudra développer les escales d'été et d'hiver, ce que le Port s'efforce de faire.

Labeaume surpris

Quant au maire de Québec, Régis Labeaume, il était fort surpris des critiques contre les croisières. « Il n’y a pas un commerçant qui m’a parlé de ça dans les dernières années, a-t-il réagi en mêlée de presse. Le monde est heureux de pouvoir faire du commerce en septembre et en octobre. »

Les retombées économiques des croisières sont estimées à 106 millions de dollars pour la ville de Québec, dont 30 millions de dollars en dépenses des vacanciers dans les commerces.

Le Port projette la construction d’un second terminal de croisières, lequel doit être prêt pour la saison 2020.

Économie