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Plus de criminalité dans la Basse-Ville qu’ailleurs à Ottawa, confirme une étude

Une voiture de police aux gyrophares allumés est stationnée devant La Roulotte, l'édifice où est située la clinique d'injection supervisée du refuge de sans abri.
Il y a trois fois plus de crimes contre la personne dans la Basse-Ville que dans d'autres secteurs du centre-ville d'Ottawa. Photo: Radio-Canada / Caméra de nuit
Radio-Canada

Une étude menée par l'Université d'Ottawa conclut que le secteur de la Basse-Ville affiche un plus haut taux de criminalité que d'autres quartiers de la capitale fédérale. On y retrouve notamment trois fois plus de crimes contre la personne et deux fois plus de crimes contre la propriété.

Un texte de Dominique Degré

Pour la période étudiée par les chercheurs, de 2011 à 2016, le taux de criminalité est demeuré bien plus élevé dans la Basse-Ville que dans d’autres secteurs du centre-ville, soit Centretown, Vanier Sud et Côte-de-Sable.

Entre 2011 et 2017, les infractions les plus répandues dans la Basse-Ville sont de loin les vols de moins de 5000 $. On retrouve ensuite d’autres infractions comme le non-respect des conditions, troubler la paix ou le refus de se présenter en cour pour y comparaître.

Les auteurs de l’étude ont aussi remarqué qu’il y a deux fois et demie plus de crimes dans le secteur du marché By que dans le reste de la Basse-Ville.

Ce sont des membres de l’Association communautaire de la Basse-Ville qui ont commandé l’étude à des étudiants à la maîtrise à l’Université d’Ottawa. Ça fait au moins cinq ans que les gens qui habitent ici voient qu’il y a une détérioration dans la Basse-Ville, note le secrétaire du conseil d'administration de l'Association, a expliqué Norman Moyer.

Un homme en entrevue à la caméra sur le coin d'une rue. Norman Moyer est secrétaire du conseil d'administration de l'Association communautaire de la Basse-Ville d'Ottawa. Photo : Radio-Canada

Ces derniers se sont appuyés sur des données provenant du Service de police d’Ottawa, de l’Étude des quartiers d’Ottawa, de la Ville d’Ottawa, de la zone d'amélioration commerciale (ZAC) et d’un sondage mené par l’Association communautaire.

Les chercheurs notent cependant que les données qu’ils ont colligées ne reflètent pas entièrement la réalité puisque ce ne sont pas tous les crimes qui sont rapportés aux autorités.

Combattre le problème en amont

La forte concentration de bars, la pauvreté et la vulnérabilité du quartier sont toutes des causes probables qui expliquent le taux de criminalité plus élevé dans le secteur.

On veut que ce soit une priorité pour le conseil dans leur prochain mandat de faire un plan et de l’implanter, de réduire le nombre de bars et de s'assurer que le taux de criminalité baisse dans le quartier, a réclamé M. Moyer.

Selon les chercheurs, il faut « un engagement sérieux » pour faire baisser les niveaux de pauvreté et de vulnérabilité. « Jusqu’à ce qu’on s’attaque à ces enjeux systémiques, les mesures de prévention de la criminalité ne mèneront qu’au déplacement du crime », ont écrit les chercheurs.

La première solution à explorer, selon l’étude, serait d’investir davantage dans les programmes sociaux comme les logements abordables, l’augmentation du salaire minimum et l’intégration des services dans les communautés.

Les chercheurs recommandent aussi le contrôle de l’alcool et des bars dans la Basse-Ville pour limiter les crimes causés par une consommation excessive.

Les bars, c’est un enjeu majeur , a-t-il souligné le candidat au poste de conseiller dans le quartier Rideau-Vanier, Thierry Harris. Mais le problème, c’est qu’on doit éduquer les propriétaires et les gérants de bars pour qu’ils puissent gérer leur endroit de manière qui va être saine et sécuritaire.

Un homme en entrevue au micro de Radio-Canada sur le trottoir.Thierry Harris voudrait rebâtir les ponts entre les communautés de la Basse-Ville et les policiers d'Ottawa. Photo : Radio-Canada

L'étude propose de revoir les heures d’ouverture des établissements, de surveiller les bars qui sont plus à risque et de bannir les promotions sur les boissons alcoolisées.

Le conseiller sortant du quartier, Mathieu Fleury, voudrait pour sa part revoir le placement des différents refuges. Ce qu’on peut faire pour résoudre cet enjeu-là si on est inconfortables à ce que les gens soient dans des situations de toxicomanie et de santé mentale […] c’est de bâtir du logement, a-t-il avancé.

Avec les informations d'Audrey Roy

Ottawa-Gatineau

Crimes et délits