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Coup de froid sur les places boursières mondiales

La Bourse de New York
La Bourse de New York Photo: La Presse canadienne / Richard Drew/AP
Agence France-Presse

Les places boursières tremblaient un peu partout dans le monde jeudi, ébranlées par la soudaine hausse des taux aux États-Unis causée, selon le président américain Donald Trump, par une banque centrale « en roue libre ».

À la clôture des places européennes, la Bourse de Paris a fini en net repli (-1,92 %), celle de Londres a plongé de 1,94 % et celle de Francfort de 1,48 %. Milan a abandonné 1,84 %, Bruxelles 2,03 %, et Amsterdam 1,92 %. L'indice suisse a quant à lui reculé de 2,85 %.

Au lendemain de sa pire séance depuis février, Wall Street a prolongé son repli jeudi.

L'indice Dow Jones a chuté de 545,91 points, soit 2,13 %, à 25.052,83 points, au lendemain d'un recul de 3,15 %.

Le S&P-500, en baisse pour la sixième séance d'affilée, a perdu 57,31 points ou 2,06 % à 2.728,37, portant son recul à plus de 5 % en deux jours - sa plus fort baisse en deux séances depuis les 6,1 % lâchés début février.

Le NASDAQ Composite a reculé de son côté de 92,99 points (1,25 %) à 7.329,06.

La dégringolade à Wall Street mercredi a par ailleurs lourdement pesé sur les Bourses asiatiques.

La Bourse de Hong Kong a ainsi clôturé jeudi en baisse de 3,54 %, Tokyo de 3,89 %, tandis que Shanghai a plongé de plus de 5 % et Shenzhen de 6,45 %.

Trump piqué au vif

Les investisseurs s'inquiètent notamment du durcissement de la politique de la Réserve fédérale (Fed), engagée dans un processus de hausse des taux d'intérêt après avoir abreuvé les marchés d'argent pas cher pendant des années.

Le 2 novembre 2017, le président américain Donald Trump annoncait la nomination de Jerome Powell (à gauche) pour le poste de président de la banque centrale.Le 2 novembre 2017, le président américain Donald Trump annonçait la nomination de Jerome Powell (à gauche) au poste de président de la banque centrale. Photo : Reuters / Carlos Barria

Piqué au vif par la chute des marchés boursiers, Donald Trump a mis la pression sur l'institution indépendante jeudi en souhaitant que « la Fed soit moins agressive ». L'institution est « en roue libre » et ses choix sont « erronés », a-t-il aussi estimé.

Ces critiques, très rares de la part d'un président, ont été quelque peu déminées par son principal conseiller économique, Larry Kudlow, qui a affirmé sur la chaîne CNBC que M. Trump « ne dicte pas sa politique à la Fed ».

Donald Trump a continuellement mis en avant la hausse des marchés boursiers depuis son arrivée au pouvoir comme preuve de son savoir-faire économique.

L'excellente santé de l'économie américaine est aussi son principal argument pour les législatives de mi-mandat, qui se tiennent début novembre, et qui s'annoncent difficiles pour son parti.

Évoluant de concert avec les taux de la Fed, les rendements obligataires américains sont soudainement remontés la semaine dernière après des propos du président de la Fed, Jerome Powell, laissant entendre que l'institution allait encore durcir sa politique monétaire pour éviter toute surchauffe de l'économie américaine.

Or les investisseurs redoutent que la remontée des taux freine l'appétit des consommateurs et des entreprises pour les emprunts destinés à l'investissement, à l'achat de biens immobiliers ou de consommation.

Un mal nécessaire, selon Lagarde

Pour la directrice du FMI Christine Lagarde, de tels relèvements de taux toutefois « sont un développement nécessaire » et « inévitable » pour les économies comme les États-Unis enregistrant une croissance robuste, une inflation accrue et un chômage « extrêmement bas ».

Christiane Lagarde, directrice du FMIChristiane Lagarde Photo : AFP / NICOLAS ASFOURI

« Je ne suis pas certain que les taux soient le problème principal », a aussi tempéré Sam Stovall, de la société de recherches en investissement CFRA. « Les investisseurs semblent surtout penser que les indices sont allés trop haut, ils remettent donc les pendules à l'heure », a-t-il ajouté.

Combinées aux interrogations persistantes sur les conséquences des guerres commerciales engagées par la Maison-Blanche, ces craintes incitent en tout cas les courtiers de Wall Street à la prudence. D'autant qu'ils attendent la saison des résultats d'entreprises, qui entre dans le vif du sujet vendredi avec les comptes trimestriels de grandes banques.

Les analystes mettent également en avant d'autres sources d'inquiétude pour expliquer la chute des bourses mondiales.

Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis continuent d'alimenter les craintes pour « leur impact sur la croissance chinoise », la deuxième puissance économique mondiale, ont ainsi estimé les analystes du courtier Aurel BGC.

Les investisseurs « jugent que le secteur technologique serait le principal touché par un ralentissement plus marqué de l'activité chinoise », ont-ils ajouté.

Le projet de budget italien, qui prévoit un bond du déficit du pays, pourrait également affecter les places boursières européennes.

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