•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des microplastiques dans des mollusques de la baie de Fundy

Krista Beardy sur la berge, un mollusque à la main.
La chercheuse Krista Beardy au travail à la baie de Fundy Photo: Radio-Canada / CBC/Vanessa Blanch
Radio-Canada

La pollution par le plastique et ses impacts sur les océans et la faune marine retient de plus en plus l'attention. Au Nouveau-Brunswick, une chercheuse scrute depuis janvier les boues qui longent la baie de Fundy, à la recherche de mollusques. Son but est de déterminer s'ils sont ou non contaminés par des matières plastiques.

Les résultats préliminaires de ces travaux, menés par Krista Beardy, une diplômée en biologie de l’Université du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean, font état de contamination par le plastique dans la chair de chacune des palourdes qu’elle a examinées.

Son étude se limite pour le moment aux palourdes et aux moules trouvées sur les berges de la baie de Fundy du côté du Nouveau-Brunswick. Elle prévoit mener des recherches similaires l’an prochain du côté néo-écossais de la baie.

Gros plan sur un mollusque boueux dans la main d'une chercheuse.Krista Beardy mène ses travaux sur les mollusques au Nouveau-Brunswick et espère faire de même sur les berges de la baie de Fundy en Nouvelle-Écosse l'an prochain. Photo : Radio-Canada / CBC/Vanessa Blanch

La chercheuse a trouvé jusqu’à 14 morceaux de plastique dans une seule palourde. Pour le moment, elle a été incapable d’établir une tendance quant aux endroits où les palourdes les plus contaminées étaient susceptibles de se retrouver.

Je veux déterminer si leurs stratégies d’alimentation les mettent plus à risque d’absorber des microplastiques, explique-t-elle.

Elle collecte des échantillons de sédiments dans lesquels les mollusques sont enfouis et note la manière dont ils s’alimentent. Certains mollusques se nourrissent de particules en suspension, et d’autres, de particules qui se déposent sur le fond marin.

L’écologiste marine Heather Hunt, professeure au Département des sciences biologiques à Université du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean, supervise les travaux de Krista Beardy.

Elle dit que la présence de microplastiques est un problème environnemental qui retient de plus en plus l’attention, mais que les connaissances des scientifiques à ce sujet ne sont pas encore assez développées. Nous en sommes encore au stade d’essayer de comprendre où ils [les microplastiques] se trouvent, combien il y en a, dit-elle. Ces informations élémentaires sont nécessaires si l’on veut évaluer l’impact qu’ils peuvent avoir sur les organismes marins et, potentiellement, sur les êtres humains.

Krista Beardy marche au loin sur la plage.La chercheuse Krista Beardy au travail à la baie de Fundy, au Nouveau-Brunswick Photo : Radio-Canada / CBC/Vanessa Blanch

Mme Hunt ne croit pas que l’on doive s’alarmer des découvertes réalisées jusqu’ici par Krista Beardy. S’il y a des microplastiques dans les palourdes, dit-elle, c’est qu’ils sont là depuis un moment.

Comme leur nom peut le laisser supposer, les particules microplastiques sont invisibles à l’oeil nu. Krista Beardy ne croit pas que d’ingérer ces microplastiques soit néfaste pour les humains lorsqu’ils consomment la chair des mollusques, car les particules sont trop petites. Elles passent habituellement à travers notre système, dit-elle, et ne provoquent pas d’obstruction dans l’estomac.

Des déchets dans les mains de Krista Beardy.Un emballage de plastique pour canettes de bière, un sac d'appâts pour la pêche et un morceau de bouée en styromousse que Krista Beardy a trouvés sur la plage durant l'entrevue avec la journaliste. Photo : Radio-Canada / CBC/Vanessa Blanch

Un sujet d’inquiétude est que les contaminants sont attirés par le plastique des océans. Si le plastique devient contaminé, c’est à ce moment que les microplastiques qui passent à travers notre système digestif deviendront un danger pour l’humain.

L’exemple parfait est le DDT, dit Krista Beardy, évoquant un pesticide utilisé dans les années 1940 et 1950, puis interdit. Nous avons cessé de l’utiliser depuis longtemps, mais il est toujours dans notre environnement. C’est ce genre de pesticides, cette catégorie de produits chimiques, qui s’attache à la surface des plastiques.

Mme Beardy fait aussi remarquer que le plastique peut se trouver emprisonné dans les sédiments au fond de l’océan. Il s’y décompose alors considérablement moins vite que sur la berge, puisqu’il n’est pas exposé à la lumière et à la chaleur.

Amas de déchets sur un quai.Divers déchets que Krista Beardy et des amis ont trouvés sur l'eau lors d'une randonnée en kayak. Photo : Krista Beardy

Krista Beardy a commencé à s'intéresser à la situation des océans il y a une dizaine d’années, alors qu’elle pratiquait le kayak et remarquait d’importantes quantités de déchets dans l’eau, particulièrement à la suite d’une tempête.

Elle espère que ses recherches pourront convaincre les gens de réduire la quantité de plastique qu’ils utilisent et de recycler celui dont ils se servent.

Elle espère aussi démontrer à l’industrie des pêches que l’équipement de pêche est une source de pollution par le plastique. Nous voulons tous une industrie de la pêche en santé ici. C’est une grande partie de notre économie et, personnellement, j’aime le poisson et je ne veux pas le voir sur la liste des choses que nous ne pouvons plus manger.

Je voulais une façon d’expliquer aux pêcheurs locaux que si nous n’agissons pas maintenant, il n’y aura plus de pêche dans quelques générations, ajoute Mme Beardy. Lorsqu’elle partage ses résultats avec les pêcheurs locaux, ils sont réceptifs et veulent rapidement aider, souligne-t-elle.

Dans un communiqué, Pêches et Océans Canada indique que les résultats des recherches menées à travers le Canada au sujet des microplastiques serviront à la prise de décisions sur la protection et l’utilisation des cours d’eau.

D’après un reportage de Vanessa Blanch

Avec les informations de CBC

Nouveau-Brunswick

Pollution