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Le DGEQ va enquêter dans Gaspé

Le directeur général des élections du Québec, Pierre Reid.
Le directeur général des élections du Québec, Pierre Reid Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) va enquêter pour faire « toute la lumière » sur le cafouillage qui a entouré le dépouillement du vote dans la circonscription de Gaspé. La péquiste Méganne Perry-Mélançon, officiellement déclarée élue mercredi après un dépouillement judiciaire, confirme que le décompte des voix de la boîte 61 était erroné.

Un texte de François Messier

« Des questions sont soulevées depuis le dépouillement judiciaire tenu hier », indique le patron du DGEQ, Pierre Reid, dans un communiqué. « D'abord et avant tout, je compte bien obtenir les réponses à ces questions et, à la lumière des faits établis, entreprendre les actions nécessaires. »

L'intégrité du processus électoral constitue la base de notre système électoral et exige que nous agissions avec rigueur et célérité.

Pierre Reid, directeur général des élections du Québec

Le DGEQ précise qu'il entend passer en revue « chacune des étapes du dépouillement de la circonscription [...] de manière à obtenir des éclaircissements et à apporter les correctifs appropriés ».

Le rapport d'enquête sera rendu public, précise le DGEQ, sans indiquer combien de temps pourrait durer cette démarche.

Ironiquement, le DGEQ indique dans son communiqué que le dépouillement judiciaire a eu lieu au palais de justice de Gaspé; en réalité, le processus s'est déroulé à Percé.

La péquiste Méganne Perry-Mélançon à la sortie du dépouillement judiciaire.La péquiste Méganne Perry-Mélançon a devancé son rival libéral avec une courte majorité de 41 voix. Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

La boîte 61 est bel et bien en cause, confirme Perry-Mélançon

Au terme du dépouillement judiciaire des 132 boîtes de scrutin, Méganne Perry-Mélançon a été déclarée gagnante avec une mince avance de 41 voix sur son rival libéral, Alexandre Boulay. Ce dernier avait été proclamé vainqueur le soir du scrutin, avec 132 votes de majorité sur son adversaire péquiste.

Mme Perry-Mélançon a par la suite soulevé plusieurs irrégularités, dont le dépouillement de la boîte de scrutin 61, dans laquelle les 194 votes compilés ont tous été attribués à M. Boulay. Dans sa requête pour un dépouillement déposée vendredi devant la Cour du Québec, elle a finalement contesté le résultat de 43 boîtes de scrutin.

Lors d'une entrevue accordée jeudi à Radio-Canada, Mme Perry-Mélançon s'est dite soulagée que le suspense soit terminé et a confirmé que le décompte original des votes de la boîte 61 était bel et bien erroné.

« C’était effectivement cette fameuse boîte […] Je pense que c’est la première boîte qu’ils ont ouverte hier pour commencer le recomptage judiciaire. À ce moment, j’ai repris une avance de 59 voix », a-t-elle affirmé en entrevue à l'émission Bon pied, bonne heure.

Dans les 42 autres boîtes en litige « c’était souvent des erreurs, pas de calculs, mais de retranscription sur les relevés ».

On doit aller jusqu’au bout dans cette enquête-là, à savoir est-ce que c'est de la manipulation volontaire ou involontaire. [...] Je crois que toute la population du Québec est en droit de savoir ce qui s'est passé avec cette boîte.

Méganne Perry-Mélançon, députée de Gaspé

La députée a aussi fait savoir que M. Boulay l'a appelée jeudi matin pour lui souhaiter du succès dans ses fonctions et lui offrir sa collaboration dans tout dossier touchant la Gaspésie.

«  C'est très décevant  », concède Pierre Arcand

Au moment où le DGEQ annonçait ses intentions par communiqué, le chef libéral intérimaire Pierre Arcand affirmait qu'il « ne demanderai[t] pas d'enquête » sur cette affaire.

« Ce sera au Directeur général des élections à expliquer exactement ce qui s’est passé », a-t-il laissé tomber avant le dernier Conseil des ministres du gouvernement Couillard. Il a refusé de s'avancer sur ce qui a pu se produire.

Écoutez, il y a toutes sortes d'interprétations. Je ne veux pas revenir là-dessus. Mais une chose est certaine : est-ce que c’est une erreur de bonne foi ou s’il y a eu d’autres choses? Mais de toute façon, le résultat est là, il est devant nous, je pense qu’il faut passer à d’autres choses.

Pierre Arcand, chef libéral intérimaire

M. Arcand n'a pas caché être déçu de la défaite du candidat libéral.

« On croyait qu’Alexandre Boulay représentait la relève pour notre parti, une des figures fortes en région », a-t-il dit. « Alors, c’est sûr que c’est très décevant, mais encore une fois, c’est ça le choix des électeurs, et il faut respecter ce choix. »

M. Boulay a été le premier à demander plus tôt cette semaine une enquête approfondie du DGEQ sur les circonstances entourant ce cafouillage électoral.

La victoire de Mme Perry-Mélançon a des conséquences importantes, puisqu'elle a fait passer le nombre de députés péquistes à l’Assemblée nationale à 10, plaçant son parti ex aequo avec Québec solidaire.

Grâce à son plus important appui populaire, le Parti québécois accède ainsi au titre de deuxième opposition officielle.

Le nombre de députés péquistes pourrait même grimper à 11, puisque la Cour du Québec a accueilli jeudi la requête pour un dépouillement judiciaire dans la circonscription d'Ungava, dans le Nord-du-Québec, où l'on a constaté de nombreuses inexactitudes dans les relevés de dépouillement.

Au terme du scrutin, le candidat de la Coalition avenir Québec, Denis Lamothe, a été déclaré vainqueur avec 44 voix de plus que le péquiste Jonathan Mattson et 133 voix de plus que le député libéral sortant, Jean Boucher.

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