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Un chef d'accusation contre Weinstein abandonné

Harvey Weinstein est inculpé de viol par un grand jury.
L'ancien producteur Harvey Weinstein à Manhattan Photo: La Presse canadienne / Steven Hirsch

Le procureur de l'État de New York a décidé d'abandonner un chef d'accusation d'agression sexuelle qui pesait initialement contre le producteur Harvey Weinstein. Un juge a accepté de rejeter les allégations de Lucia Evans, l'une de ses trois accusatrices.

L’assistante du procureur Joan Illuzzi-Orbon a indiqué au juge que la poursuite ne s’objecterait pas au rejet des accusations contre M. Weinstein dans la cause de Mme Evans.

Elle a toutefois précisé que le reste de la cause, qui comprend deux autres présumées victimes, était solide. « En résumé, votre honneur, nous allons résolument de l’avant », a-t-elle déclaré.

Les avocats de M. Weinstein et les procureurs se sont affrontés derrière des portes closes au cours des dernières semaines au sujet de la pertinence de l’accusation liée aux allégations de Mme Evans. M. Brafman a précisé que les incohérences relevées dans le témoignage de Mme Evans ont initialement été découvertes par un journaliste du magazine The New Yorker.

L’avocate de Mme Evans, Carrie Goldberg, a déclaré que la décision du procureur de Manhattan d’« abandonner » sa cliente, « n’invalide en rien la véracité de ses affirmations ».

« Je vais être très claire : la décision d’abandonner l'accusation d’agression sexuelle dans la cause de ma cliente n’indique rien au sujet de la culpabilité ou de l’innocence de M. Weinstein », a déclaré Mme Goldberg. « Pas plus qu’elle n’entache les allégations de Lucia qui soutient avoir été agressée sexuellement par Harvey Weinstein ».

« Ça en dit toutefois long sur le bureau du procureur de l’État et de sa mauvaise gestion de la cause de ma cliente », a-t-elle ajouté en précisant que le système de justice devait être réformé.

Dans un article publié il y a un an, Lucia Evans avait déclaré au magazine The New Yorker que Harvey Weinstein l'avait forcée à lui faire une fellation lors d'une réunion à son bureau en 2004.

Les détails sur les doutes soulevés dans le témoignage de Mme Evans n’ont pas été dévoilés en cour, mais ils pourraient être contenus les documents de la cour qui seront disponibles plus tard au cours de la journée.

Accusé d'abus sexuels par une centaine de femmes, Harvey Weinstein avait été inculpé en mai dernier à New York pour des agressions sur trois femmes – un viol en mars 2013 et des fellations forcées en 2004 (abandonnée ce matin) et en 2006.

Procédures viciées?

L’avocat de M. Weinstein, Benjamin Brafman, a déclaré au juge qu’il croyait que Mme Evans avait menti au grand jury et au magazine The New Yorker à propos de sa rencontre avec son client.

Il a également avancé qu’il croyait qu’un enquêteur avait interféré dans le dossier en retenant le témoignage d’un témoin contredisant la version de l’accusatrice.

« L’intégrité des procédures a été compromise », a-t-il clamé à l’extérieur de la salle d’audience. Il a également suggéré que Mme Evans devrait être poursuivie pour parjure ».

M. Brafman demandait déjà l'abandon des poursuites liées aux allégations d'une autre femme – celle qui accuse son client de viol (2013) –, dont l'identité n'a pas été révélée.

Début août, le célèbre avocat, qui a obtenu l'abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Sofitel en 2011, a versé au dossier des dizaines de courriels qu'elle a échangés avec Harvey Weinstein, semblant indiquer qu'ils avaient une liaison suivie et affaiblissant l'idée d'un rapport sexuel forcé.

Le producteur déchu, aujourd'hui âgé de 66 ans, jure qu'il est innocent et il a été libéré moyennant une caution d’un million de dollars.

Il risque la prison à vie.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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