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Un insecte ravageur détecté pour la première fois en N.-É.

L'agrile du frêne au stade de larve et d'insecte mature.

L'agrile du frêne au stade de larve et d'insecte mature

Photo : Radio-Canada / John Jaramillo

Radio-Canada

Une espèce envahissante qui a ravagé des millions d'arbres en Amérique du Nord a été détectée pour la première fois en Nouvelle-Écosse, dans la municipalité régionale d'Halifax. L'agrile du frêne est sans danger pour la santé humaine, mais si l'insecte se propage dans la province, il pourrait représenter une menace économique et environnementale importante.

Un texte d'Olivier Lefebvre

C'était au mois de septembre. Des traces indiquant la présence de l'agrile du frêne ont été détectées dans le parc Dewolf, au bord de l'eau, à Bedford.

Un chercheur au Centre de foresterie de l'Atlantique, Jon Sweeney, est sur place, cette semaine, accompagné de collègues de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Le chercheur au Centre de foresterie de l'Atlantique, Jon Sweeney, montre une galerie creusée par des larves d'agrile du frêne dans un arbre du parc Dewolf, à Bedford.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chercheur au Centre de foresterie de l'Atlantique, Jon Sweeney, pointe une galerie creusée par des larves d'agrile du frêne dans un arbre du parc Dewolf, à Bedford.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Ils coupent des branches et en raclent l'écorce pour trouver des traces de l'insecte. Ils pourront ainsi déterminer l'ampleur de la région infestée.

L'Agence d'inspection des aliments pourra ensuite réglementer dans cette zone, pour éviter que le bois ne soit déplacé ailleurs dans la province, et ainsi tenter de contenir l'infestation.

C'est certain que, lorsqu'on découvre l'agrile du frêne quelque part, il y a lieu d'être inquiet. C'est assez inattendu. On ne s'attendait pas à ce que l'agrile se pointe aussi rapidement dans les Maritimes.

Christian Hébert, scientifique forestier, Ressources naturelles Canada

L'agrile du frêne est arrivé en 2002 dans la région de Détroit, puis s'est propagé au Manitoba, en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

Aux États-Unis, presque tous les frênes sont morts dans les régions où l'agrile a été détecté.

L'agrile du frêne provient de la Chine et de l'Asie orientale. Là-bas, elle n'est pas considérée comme une espèce envahissante, puisque les arbres ont évolué avec l'insecte, ajoute Jon Sweeney.

Les arbres mangés de l'intérieur

L'insecte peut se propager d'arbre en arbre par lui-même, mais le plus souvent, son évolution est accélérée par l'homme qui déplace du bois, par exemple lors d'un séjour en camping, indique le chercheur.

C'est un insecte vert métallique de 10 à 15 mm de long. Ce n'est pas très gros. Il pond ses oeufs sur l'écorce. Quand les oeufs éclosent, les larves vont s'installer sous l'écorce et vont manger les tissus très riches, là où les éléments nutritifs et l'eau circulent beaucoup. Ils brisent la circulation de la sève. C'est à ce moment que les arbres vont dépérir, illustre Christian Hébert.

Le scientifique forestier chez Ressources naturelles Canada, Christian Hébert, est préoccupé par la propagation rapide de l'agrile du frêne dans le pays.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le scientifique forestier chez Ressources naturelles Canada, Christian Hébert, est préoccupé par la propagation rapide de l'agrile du frêne au pays.

Photo : Radio-Canada / John Jaramillo

Même si la détection de l'insecte est difficile, les citoyens doivent prendre l'habitude d'observer leurs frênes, estime le scientifique.

S'il y a des signes de dépérissement, du jaunissement de feuillage, des branches qui meurent dans la cime, dit-il, ce sont les premiers signes d'activité de l'agrile. Il faut alors contacter les autorités, comme Ressources naturelles Canada, afin que des agents viennent vérifier l'arbre.

La présence inhabituelle de pics-bois dans un frêne est aussi un signal d'alarme, puisque ces oiseaux viennent s'alimenter des larves.

Il faut racler l'écorce des frênes pour déterminer si l'insecte a élu domicile à l'intérieur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il faut racler l'écorce des frênes pour déterminer si l'insecte a élu domicile à l'intérieur.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Difficile de contenir les infestations

La détection de l'agrile reste pour le moment laborieuse, et les techniques pour contrôler sa propagation demeurent expérimentales.

De petites guêpes importées de la Chine et reproduites à Sault-Sainte-Marie, en Ontario, sont par exemple relâchées en milieu naturel pour attaquer l'insecte.

Des pièges équipés d'un type de champignon sont aussi testés dans le but d'infecter les populations d'agrile.

Nouvelle-Écosse

Environnement