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Une hausse des signalements à la DPJ « difficile à expliquer » sur la Rive-Sud

Un jeune assis sur le sol.
La hausse des signalements est généralisée au Québec. Photo: iStock / Katarzyna Bialasiewicz
Radio-Canada

Le nombre de signalements retenus par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a fait un bond de 14,5 % dans la région de la Chaudière-Appalaches au cours de la dernière année. Sur le terrain, on peine à s'expliquer le phénomène, si bien qu'une étude sera menée afin d'en déterminer les causes.

Le nombre de cas retenus sur la Rive-Sud a atteint 2128 pour l’année 2017-2018. La situation est tout aussi « inquiétante que rassurante », a commenté Caroline Brown, directrice de la DPJ de Chaudière-Appalaches.

Inquiétante, puisque les signalements sont en hausse, mais rassurante, car la seule explication logique qui venait à l’esprit de l’intervenante est que la population est de plus en plus sensibilisée à la maltraitance des enfants.

« Les gens tolèrent de moins en moins la maltraitance. [...] Je dis "rassurante", parce que l’ensemble de la population dénonce davantage les situations », a-t-elle souligné en marge d’une conférence de presse conjointe des DPJ de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.

Difficile à expliquer

La hausse des signalements est relativement constante, généralement de l’ordre de 5 à 8 % en Chaudière-Appalaches. Mais selon Mme Brown, la croissance des signalements s’est accentuée de façon « importante » au cours « des trois dernières années ».

« C’est difficile de l’expliquer », a-t-elle admis. « Il n’y a pas de situation sociodémographique ou économique qui pourrait expliquer ça. Des fermetures d’usine, on n’a pas ça. Même que les études au niveau des 0-5 ans disent que les conditions de nos enfants sont supérieures à l’ensemble de la province. »

Caroline Brown, directrice de la DPJ de Chaudière-Appalaches.Caroline Brown, directrice de la DPJ de Chaudière-Appalaches Photo : Radio-Canada

Sans en faire un facteur, elle indique que 50 % de la population sous sa responsabilité vit en milieu rural, là « où les services sont parfois moins bien organisés ».

Partout au Québec

La hausse du nombre de signalements est généralisée au Québec, autour de 4 % pour la dernière année. Devant la multiplication généralisée, des chercheurs se pencheront sur le phénomène, a fait savoir Caroline Brown. La DPJ de Chaudière-Appalaches compte bien y participer.

La grande région de Québec n’échappe pas à la tendance. Sur la Rive-Nord, les cas retenus ont passé de 3801 en 2016-2017 à 4001 en 2017-2018.

Les abus physiques et les risques d’abus physiques représentent le tiers des dossiers traités par les 850 intervenants sur le territoire. La négligence ou le risque de négligence représente pour sa part 30 % des cas.

Dominique Jobin, directrice de la DPJ de la Capitale-Nationale, propose la même explication que sa collègue. Les résultats viennent « à faire de la sensibilisation, a-t-elle dit. Je pense qu’il y a plus de vigilance parmi l’ensemble des acteurs de la société ».

Selon Mme Jobin, 40 % des cas signalés à la DPJ ont été traités. Cette dernière rappelle que l’organisation doit d’abord s’assurer de la crédibilité des informations qui lui sont transmises avant d’intervenir dans un milieu familial.

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