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L'itinérance à Winnipeg frappe beaucoup d'Autochtones, selon un recensement

Campement de sans-abri dans Broadway Ouest

Un abris de fortune dans une rue de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les résultats du dernier recensement de l'itinérance de Winnipeg montrent que près de la moitié des personnes qui n'ont pas de domicile fixe sont passées par les Services à l'enfant et à la famille.

Les 17 et 18 avril, pendant 24 heures, environ 300 bénévoles ont parcouru la ville à la rencontre de 1500 sans abri vivant dans la rue ou dans un refuge.

« Le véritable objectif du recensement de rue n'est pas de savoir combien de personnes sont sans-abri. Il s'agit de savoir qui est concerné par ce phénomène, comment et pourquoi », souligne Kate Kehler, directrice générale du Conseil de planification sociale, qui a coordonné le recensement et expliqué ses données dans un rapport.

L'un des défis auxquels les chercheurs ont dû faire face est le fait que de nombreuses personnes sans domicile, en particulier les femmes et les jeunes, vivent dans des logements temporaires. Ce sont les « sans-abri cachés ».

Les chercheurs souhaitaient également sortir du centre-ville pour mieux comprendre l'itinérance, mais ils n'ont trouvé personne dans les zones qui répondent à leur définition de l'itinérance.

Une majorité d'hommes autochtones

Les bénévoles ont parlé à des personnes dans 69 endroits différents de la ville, notamment des centres d'hébergement, des logements de transition, des magasins d'alcool et des organismes communautaires. Ils ont également parcouru près de 220 kilomètres de rues, principalement au centre-ville.

La majorité des personnes interrogées sont des hommes (65,1 %) et des Autochtones (61,2 %). La moitié des personnes interrogées sont passées par les Services à l'enfance et à la famille.

Près des deux tiers des répondants ayant participé au recensement sont devenus des sans-abri dans l'année qui a suivi leur départ.

« Nous avons des systèmes qui créent des voies vers l'itinérance, et ensuite ces mêmes systèmes maintiennent ces gens dans l'itinérance. C'est à cette échelle que le changement est nécessaire », explique Kate Kehler.

Le rapport recommande que les Services à l’enfant et à la famille se réforment lui-même et passe d'un système centré sur l'appréhension à un système qui aide les communautés à prendre soin des enfants, tant au sein des organisations communautaires que des familles élargies.

Un homme portant des sacs poubelles remplis de cannettes vides fouille dans des chariots de supermarché contenant de vieux vêtementsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une personne sans-abri récupère des objets délaissés dans le parc Lagimodière-Gaboury de Saint-Boniface

Photo : Radio-Canada / Mathilde Monteyne

Selon les auteurs du rapport, l’appréhension conduit de nombreux enfants à se retrouver sans abri, mais peut aussi amener les parents à perdre leur logement lorsqu'ils perdent un soutien financier, car les enfants ne sont plus avec eux.

Les problèmes de santé mentale et les dépendances contribuent également grandement à l'itinérance. Sur les 455 jeunes et enfants de moins de 29 ans inclus dans l'enquête, 85 % présentent des symptômes de « détresse mentale élevée », précise le rapport.

« Lorsque nous parlons de jeunes, de sans-abri et de problèmes de santé mentale, nous les enfermons dans une vie. Parce que nous savons aussi que la majorité des personnes qui ont vécu sans domicile pendant 10 ans ou plus sont aussi devenues jeunes sans-abri », souligne Kate Kehler.

S'inspirer du soutien aux nouveaux arrivants

Pour aider la population autochtone qui vit dans des zones rurales isolées, le rapport recommande un système de soutien similaire à celui conçu pour aider les nouveaux arrivants à s'adapter à leur nouvelle vie.

Le document recommande également d'augmenter les aides à l'emploi et au revenu par rapport aux niveaux de subsistance actuels et d'augmenter le montant maximum qu'une personne peut gagner avant que les aides ne soient récupérées.

L'augmentation de l'offre de logements abordables est également essentielle pour résoudre le problème de l'itinérance, indique le rapport. Il souligne que le gouvernement fédéral a lancé cette année sa stratégie nationale en matière de logement, qui vise à réduire de 50 % le nombre de sans-abri.

Le gouvernement du Manitoba doit faire correspondre cela à sa propre stratégie en matière de logement, estime Kate Kehler.

« Dans l'ensemble, nous devons changer façon de voir les personnes sans domicile fixe et comment elles le sont devenues.. Nous devons cesser de regarder les personnes sans abri comme si la faute leur revenait. »

Avec des informations de Cameron MacLean, CBC News

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