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550 trains du REM par jour à Mont-Royal : au tour des résidents de sonner l'alarme

Le rail vu à travers le grillage d'une clôture.
La gare de la ville de Mont-Royal sera l'hôte d'un trafic ferroviaire accru une fois le REM lancé, ce qui est prévu pour 2024. Photo: Radio-Canada

Le futur train léger de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) inquiète les résidents de la ville de Mont-Royal, qui sont préoccupés par les répercussions qu'aura le passage de centaines de trains par jour sur leur qualité de vie.

Plus de 300 de ces résidents se sont présentés à l'hôtel de ville, mardi soir, afin de rencontrer le maire et d'exprimer leurs doléances. Ils étaient si nombreux qu’on a même dû refuser l’entrée à une centaine d’entre eux, faute d’espace.

Le Réseau express métropolitain (REM), d'une valeur de 6,3 milliards de dollars, doit être achevé en 2024 et reliera le centre-ville de Montréal, la Rive-Sud, l’aéroport Montréal-Trudeau, l'Ouest-de-l'Île et la Rive-Nord.

Le tracé du REM fera passer les trains de Deux-Montagnes, de Mascouche, de l'aéroport Montréal-Trudeau et de l'Ouest-de-l'Île à travers Mont-Royal.

« Ça va créer une vraie barrière, presque comme l'autoroute Décarie », pense Joan Fraser, une résidente de la municipalité et porte-parole du groupe de citoyens Alliance Montréal qui était présente à la rencontre.

Pas dans ma cour

« C'est littéralement notre cour arrière », lance pour sa part Katrina Valsamis, résidente de Mont-Royal depuis 1989.

Plus de 550 trains passeront devant sa maison chaque jour de la semaine, et des centaines encore le week-end, selon les plans actuels de CDPQ Infra.

CDPQ Infra, filiale de la CDPQ, pilote le projet avec ses propres fonds ainsi qu’avec des contributions des gouvernements fédéral et provincial.

Nous ne sommes pas contre le REM, nous voulons seulement être respectés.

Claude Lacasse, résident de Mont-Royal

Jean-Vincent Lacroix, porte-parole de CDPQ Infra, indique que des essais sonores sont menés afin de s'assurer que le niveau de bruit ne touchera pas les résidents.

« On est beaucoup dans la perception, actuellement. Il faut étudier et analyser la réalité à l'aide d'une modélisation sonore. Avant la mise en service du REM, notre intention est de travailler avec un groupe de riverains de Mont-Royal afin de leur présenter cette modélisation sonore et de développer les mesures qui doivent être mises en place afin de s’assurer qu’il n’y ait pas d’impacts majeurs », explique-t-il.

CDPQ Infra assure que si des tronçons problématiques sont détectés, des mesures d’atténuation seront mises en place avant l’activation du réseau.

Couvrez le rail, suggère le maire

Ces garanties n’apaisent toutefois pas les craintes des citoyens quant au bruit et à la façon dont le REM va changer l'allure de la ville.

« Lors d’une réunion à laquelle j'ai assisté, ils n’ont pas semblé prendre nos préoccupations au sérieux », indique Mme Fraser, d'Alliance Montréal, au sujet d'une séance d'information tenue par CDPQ Infra l’été dernier.

« Un train aux 2 minutes pendant 20 heures. Est-ce qu’il faut vraiment faire une étude? Selon moi, non », ajoute Georges Sayegh, qui milite depuis déjà un bon moment contre le projet dans son état actuel.

Pour le maire de la ville, la CDPQ doit en faire davantage compte tenu de la position unique de Mont-Royal. « Ça fait un an qu’on tente de convaincre la Caisse, depuis que nous avons vu les nouveaux chiffres et que nous avons appris que le nombre de trains ne sera pas de 62 par jour, mais bien de 550 », explique-t-il.

Nous sommes en train de créer à Mont-Royal une autoroute de trains. Ce n’est pas acceptable pour nous.

Philippe Roy, maire de la municipalité

Mont-Royal, explique son maire, est, de tout le réseau du REM, l’endroit le plus densément peuplé. « Et on va faire passer la plus grande concentration de trains de tout le Québec sur ce[s] 2 kilomètres-là », lâche-t-il, l'air effaré.

« La grande partie du tronçon qui traverse notre ville est déjà en tranchée. On souhaite poursuivre la tranchée et recouvrir [complètement] le tronçon », poursuit-il.

En plus d’éliminer le bruit, ce recouvrement permettrait, explique M. Roy, de densifier davantage la municipalité en permettant la construction d’immeubles sur le nouveau tunnel. La CDPQ pourrait aussi « s’autofinancer à même tous les dividendes qui sortiraient de la vente des droits aériens ».

Quant à la rencontre de mardi soir, le maire a indiqué qu’il prendra le temps de consigner ce qu’il y a entendu dans un rapport qu’il présentera à CDPQ Infra afin de bien communiquer les préoccupations de ses résidents.

Avec les informations de Jean-Sébastien Cloutier et de CBC News

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