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À quand la fin des trains dans la ville?

À quand la fin des trains dans la ville?
Radio-Canada

Le passage des trains en pleine heure de pointe crée régulièrement des embouteillages, en plus de donner des maux de tête aux Winnipégois. C'est un enjeu électoral pour de nombreux citoyens. On a donc voulu savoir s'il serait possible de déplacer les voies ferrées qui traversent la ville. Nous avons demandé à l'urbaniste Marc Vachon de nous donner son point de vue.

Un texte de Patricia Bitu Tshikudi

Pourquoi, en 2018, les trains passent-ils encore par la ville? Y aurait-il moyen de s'en débarrasser?

Il faut une vision pour ça. Il faut une vision politique, un vouloir politique et on ne semble pas l'avoir, que ce soit au niveau municipal ou provincial.

Même si ça nous ralentit dans notre quotidien, le train est très important pour Winnipeg, pour notre transport et pour notre consommation. Le public doit commencer à demander une étude pour [connaître] les coûts. Est-ce que c’est viable pour nous d'avoir un viaduc ou de déménager ces rails-là? Laquelle est la meilleure solution?

Je pense que ça, ça devrait venir du public, qui est celui qui, quotidiennement, fait face à ce problème. C'est à lui de convaincre les politiciens, au niveau fédéral ou municipal, et de dire : "Finalement, faites-en, une étude, et montez-nous ce qui serait mieux." Et là, on pourrait décider politiquement et économiquement quelle est la meilleure solution.

Que doit-on prendre en compte quand on veut déplacer des voies ferrées?

Il y a beaucoup de gens impliqués dans la question des trains. Il y a le CN, qui est une compagnie privée. Déménager [ces rails-là], le terrain est contaminé, il va falloir payer pour nettoyer le terrain.

Qui va payer le coût des sols contaminés, par exemple? Il faut acheter les terres à l'extérieur, qui va payer ces terres-là? Le CN? Nous? On va les prêter pendant [un certain] temps? Donc, c'est un nouveau problème qui se pose. Il y a beaucoup d’obstacles, c'est assez compliqué.

Le CN va s'assurer qu'il ne va pas perdre d'argent si on déménage quoi que ce soit. Il doit continuer à amener ses biens et à faire ses profits comme il faisait avant.

Avez-vous des exemples de villes qui ont réussi à régler la question des trains et comment s'y sont-elles prises?

Chaque ville est sur une topographie différente. On est sur une ville de rivières, donc, ce n’est pas comme Edmonton ou Calgary. Regina a commencé un programme il y a quelques années pour déplacer ses trains. Elle a fait une grande étude, je pense que ça fait au moins 5 ans maintenant. [Les membres de l'administration] arrivent à la fin, ils sont en train de déménager, ils ont bien réussi.

Au centre de Vancouver, on a vu ça aussi, c'est maintenant rendu un musée [la station]. Ça a coûté des millions de dollars, sinon des milliards dans certains cas. Mais ce sont les études, et cette vision politique, qui ont convaincu [les gens de la nécessité de] ces changements-là.

Des faits intéressants

Le débat pour déplacer les voies ferrées remonte aux années 1980. À Winnipeg, on compte plus de 150 km de voies ferrées. Les gares de triage utilisent une surface de plus de 810 hectares. Selon le dernier rapport de la Ville de Winnipeg sur la sécurité ferroviaire, de 20 à 50 trains passent chaque jour sur l'une ou l'autre des 5 voies ferrées les plus achalandées.

Nombre de trains par jour sur ces voies ferrées :

  • CNR Redditt  : 50 et plus
  • CNR Rivers : 40 à 50
  • CNR Sprague : plus de 20
  • CPR Carberry et CPR Keewatin : au moins 20

En janvier 2016, le gouvernement néo-démocrate, au pouvoir à l'époque, avait commandé une étude pour évaluer le déménagement des lignes de chemin de fer de la ville. Le projet a n'a pas duré puisque, dès leur arrivée au pouvoir, l'automne suivant, les conservateurs de Brian Pallister ont démantelé le groupe de travail chargé de l'étude. L'étude devait coûter 400 000 $.

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