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Alfred DesRochers sorti de l'ombre

Gros plan d'Alfred DesRochers pris lors de l'émission Le sel de la semaine.

Le 12 octobre 1978 nous quittait le poète Alfred DesRochers.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est le 12 octobre 1978 que nous quittait le poète québécois Alfred DesRochers. Radio-Canada conserve quelques reportages qui nous rappellent l'importance de cet artiste pour la poésie québécoise.

Moi, je suis connu aujourd’hui, parce que je suis le père de Clémence, bien plus que parce que je suis l’auteur d’À l’ombre de l’Orford.

Une citation de :Alfred DesRochers, 1976

Alfred DesRochers dans l'ombre

Il est possible que de nos jours Alfred DesRochers soit plus connu pour avoir été le père de l’humoriste et comédienne Clémence DesRochers que pour autre chose.

Pourtant, il nous laisse une œuvre de précurseur qui a révolutionné la poésie québécoise.

Né en 1901, Alfred DesRochers grandit dans une famille que l’on ne peut qualifier de lettrée. Son père et ses ancêtres sont des défricheurs et des coureurs des bois. Cette proximité avec la terre et la nature inspireront plus tard son œuvre.

C’est un séjour chez les pères franciscains qui fait découvrir la littérature à Alfred DesRochers. Il en conservera un grand amour pour les belles-lettres françaises.

L’œuvre d’Alfred Desrochers s’abreuvera à ces deux sources.

D’une part, son écriture s’éloigne de la prose, se compose en sonnets et en alexandrins ciselés qui respectent les règles de mesure de la poésie française classique.

D’autre part, il privilégie souvent les sujets du terroir, inspirés des contes et chansons que lui a légués son père.

Dans tous les cantons, 31 décembre 1962

L’amour qu’entretient Alfred DesRochers pour le folklore peut être observé dans l’émission Dans tous les cantons du 31 décembre 1962. Le poète à la barbe de patriarche entame alors une chanson M’en revenant de Sorel reprise par le public.

Le génie d’Alfred Desrochers a été d’unir dans son œuvre deux courants littéraires — la poésie classique française et la ruralité, l’éloge de la terre — qu’on voyait souvent comme irréconciliables.

Cette synthèse réussie attirera sur lui l’attention des plus grands critiques de son époque.

Le livre que voici n’est l’œuvre d’un artiste
C’est tout au plus un humble ouvrage d’artisan,
À qui mieux eût valu de rester paysan,
Comme le furent tous ceux-là par qui j’existe.

Une citation de :Alfred DesRochers, poème, « À M. Alphonse Desîlets »


À l’ombre de l’Orford

C’est un ouvrage méconnu. À mon avis, c’est le plus grand poème inachevé de la langue française. C’est aussi beau que du Racine.

Une citation de :Fernand Seguin, présentant Alfred DesRochers à l'émission « Le sel de la semaine ».

En 1929, Alfred DesRochers publie un recueil intitulé À l’ombre de l’Orford. Constitué de deux cycles poétiques, le « cycle des champs » et le « cycle des bois », qui associent l’identité rurale et la communion avec la nature. Le livre connaît un grand succès d’estime qui occulte un peu le reste de sa production.

Le sel de la semaine, 20 décembre 1966

Le 20 décembre 1966, Alfred DesRochers est interviewé par l’animateur de l’émission Le sel de la semaine, Fernand Seguin.

Fernand Seguin ne tarit pas d’éloges sur l’œuvre et l’écriture d’Alfred DesRochers. Il invite le poète à s’asseoir et entame la discussion. L’animateur lui pose des questions, mais reçoit des réponses laconiques.

L’entrevue aurait pu être désastreuse, n’eût été la présence de Clémence DesRochers, la fille du poète.

L’admiration pour son père se lit dans ses yeux et ses paroles.

Elle raconte son enfance avec ce père original. Elle aide un Fernand Seguin un peu découragé à faire sortir son père de sa coquille et nous révéler quelques aspects de sa pensée.

Quelques mois plus tard, Alfred DesRochers publie un recueil de poèmes, Élégies pour l'épouse en-allée, inspiré par le décès récent de son épouse.

Alfred et Clémence DesRochers interviewés ensemble par Fernand Séguin à l'émission Le sel de la Terre. .

Présent édition métropolitaine (audio), 9 mai 1967

Photo : Radio-Canada

Pour cette occasion, Andréanne Lafond, l'animatrice de l'émission de radio Présent, édition métropolitaine, interviewe le poète et sa fille Clémence DesRochers.

On entend tout de suite dans cette émission diffusée le 9 mai 1967 que les deux sont complices.

Clémence DesRochers parle de sa collaboration littéraire et de sa relation personnelle avec son père.

Alfred DesRochers a fait lire à Clémence Élégies pour l'épouse en-allée, alors qu'il le rédigeait pour avoir son opinion. Les deux considèrent ce recueil comme le passage d'une étape de la vie et partagent la grande affection qu'ils éprouvaient pour la défunte.

Clémence DesRochers parle aussi d'Alfred en tant que père.

Il n'est pas un père traditionnel. Il ne téléphone pas à ses enfants aux deux jours pour savoir comment ils vont.

Par contre, il avait une grande confiance dans le potentiel de ses enfants.

Il agissait pour leur ouvrir les horizons et pouvoir se développer. Il n'intervenait pas de manière exagérée justement parce qu'il avait confiance en ses enfants.

Alfred DesRochers n'a pas simplement donné son nom à une rue ou à une école. C’est un homme qui nous invite par ses vers à contempler l’espace que nos ancêtres et nous habitons.

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