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La DPJ s'approche du cap des 100 000 signalements par année

Un jeune assis sur le sol.
Le 15e bilan annuel de la Direction de la protection de la jeunesse a été dévoilé mercredi Photo: iStock / Katarzyna Bialasiewicz
Radio-Canada

Les cas d'enfants maltraités ou négligés signalés à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sont en constante augmentation au Québec, et cette tendance s'avère encore plus marquée à Montréal.

Selon le bilan annuel de l’organisme dévoilé mercredi, 96 014 signalements ont été traités sur tout le territoire provincial pour l’année administrative 2017-2018, en hausse de 5,3 % par rapport à l’an dernier.

Pas moins de 38 945 d’entre eux, soit un peu plus de 40 %, ont finalement été retenus par la DPJ. Il s’agit d’une augmentation de 8,2 % par rapport à l’année 2016-2017.

Le bilan est encore plus préoccupant à la DPJ de Montréal, qui rapporte 10 789 cas signalés et 4738 cas retenus l’an dernier, pour des hausses respectives de 9,6 % et de 11,3 %.

Les centres de la jeunesse et de la famille Batshaw, qui s’occupent des cas issus de la communauté anglophone, à Montréal, ont aussi recensé 3607 cas signalés, dont 1979 retenus, pour des hausses de 15,7 % et 5,6 %.

La DPJ de Laval compile pour sa part 3243 signalements, en hausse de 9,5 %; 1328 d'entre eux ont été retenus, ce qui représente une augmentation de 13,4 % par rapport à l'an dernier.

Les cas réels ou soupçonnés les plus souvent signalés concernent des agressions physiques, de la négligence, des mauvais traitements psychologiques, des troubles de comportement et d’agressions sexuelles.

Les signalements sont le plus souvent faits par des policiers, des organismes divers ou par le milieu scolaire. Certains proviennent aussi de membres de la famille ou du milieu communautaire.

Fait à noter : 60 % des 34 439 enfants actuellement pris en charge par la DPJ parce que leur sécurité ou leur développement sont compromis sont demeurés dans leur milieu familial ou chez « un tiers significatif », la plupart du temps un membre de la famille.

Ce sont les enfants de 6 à 12 ans qui représentent la plus importante part des signalements retenus (43,8 %), suivis des 0 à 5 ans (32,5 %). Les adolescents de 13-15 ans (16,6 %) et ceux de 16-17 ans (7,1 %) représentent, ensemble, un peu moins du quart des signalements retenus.

À la recherche des causes de la hausse

Les directrices de la protection de la jeunesse des régions de Montréal, de Laval et de Lanaudière qui ont présenté leur bilan mercredi à Laval ont été incapables d'identifier les raisons précises de cette tendance à la hausse, constante depuis 40 ans, soulignant que des chercheurs se penchent sur cette question.

La directrice provinciale, Assunta Gallo, a tout de même avancé des explications qui semblent déjà se profiler, à savoir que la population et les institutions, davantage sensibilisées, signalent plus souvent les cas dont elles sont témoins.

« Il y a aussi des déterminants sociaux, comme la pauvreté, des difficultés en société que les gens peuvent vivre qui peuvent venir expliquer la hausse », a-t-elle ajouté.

La directrice de la protection de la jeunesse de Laval, Sonia Mailloux, a invité le nouveau gouvernement Legault à faire en sorte « que la cause des enfants et des jeunes en difficulté soit encore une priorité, plus que jamais ».

Mme Mailloux place les besoins du personnel au sommet de ses préoccupations, notamment en matière de rétention, de recrutement et de formation.

Elle a toutefois hésité à dire qu'il fallait davantage de fonds dans l'immédiat. Cela « pourrait aussi être significatif », mais les sommes consenties l'an dernier par le gouvernement Couillard pour diminuer les listes d'attente représentaient déjà « un effort important », a-t-elle souligné.

« Ça ne peut plus durer »

Selon la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), ce bilan démontre que « les centres jeunesse subissent les contrecoups d'années d'austérité et les dédales de la réforme » mise en place par le ministre libéral de la Santé, Gaétan Barrette.

Dans un communiqué publié mercredi après-midi, le syndicat demande au nouveau gouvernement caquiste d'agir pour redresser la barre et mieux venir en aide aux jeunes vulnérables. Il affirme que le financement des centres jeunesse est en baisse, alors que le nombre de signalements est en hausse.

Jessica Côté-Guimond, membre du Comité des jeunes de l'étude sur le devenir des jeunes placés, répond aux questions de Patrice Roy

« Sous le gouvernement Couillard, les centres jeunesse, comme tous les services sociaux, ont été frappés de plein fouet. Ces décisions gouvernementales mettent des centaines de jeunes à risque et affaiblissent le personnel. Ça ne peut plus durer! », affirme Marie Pagès, représentante des techniciens et professionnels à la FSSS-CSN.

Le syndicat demande à la CAQ de réinvestir dans le réseau public de santé et de services sociaux, afin notamment de mettre fin à la pénurie de personnel, et de poser des gestes afin que le personnel des centres jeunesse soit plus stable.

Avec les informations de La Presse canadienne

Société