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  • Contestation, revendications et controverses aux Jeux olympiques de 1968

    Les athlètes de la compétition de sprint en action.
    Les Jeux de la 19e olympiade se déroulent à Mexico, capitale du Mexique, du 12 au 27 octobre 1968. Photo: Radio-Canada / Reportage de l'émission La grande aventure de la télévision du 27 octobre 2002
    Radio-Canada

    Le 16 octobre 1968, les Jeux olympiques de Mexico sont secoués par un geste hautement politisé. Sur le podium, les athlètes afro-américains Tommie Smith et John Carlos lèvent leurs poings gantés en signe de protestation. Ce n'est pourtant pas la seule controverse qui perturbe la capitale mexicaine. Le journaliste sportif Richard Garneau, qui était présent à Mexico, se souvient.

    Une répression sanglante

    Les Jeux de la 19e olympiade se déroulent à Mexico, capitale du Mexique, du 12 au 27 octobre 1968. Cette année-là, les caméras du monde entier peuvent suivre en direct les compétitions sportives grâce à de nouveaux satellites.

    Mais la présence de caméras permet également d’enregistrer de nombreuses démonstrations de contestation.

    Radio-Canada acquiert les droits de diffusion des Jeux à la télévision pour la somme de 250 000 $. Elle y envoie une équipe, dont le journaliste sportif Richard Garneau, pour couvrir les différentes compétitions.

    Le journaliste arrive quelques jours à l’avance pour s’installer et prendre le pouls de la ville. Il atterrit le 4 octobre 1968, deux jours après le massacre de la place des Trois Cultures, au centre-ville.

    L’après-midi du 2 octobre, à dix jours de l’ouverture des Jeux, des milliers d'étudiants manifestent pacifiquement contre le coût élevé de l'événement.

    L’armée mexicaine les entoure et ouvre le feu sur les manifestants non armés.

    Les autorités gouvernementales avaient parlé de 40 morts, mais selon de bonnes sources, il y en avait eu plus de 500. C’était la désolation totale. Dans la rue, on voyait des mares de sang que des soldats s’affairaient à recouvrir de chaux.

    Richard Garneau se rappelle de la tragédie à l’émission de radio L’aventure du 24 juillet 1992. Un moment fort marquant pour le journaliste qui avait été invité à quitter les lieux à la pointe d’un fusil.

    Les morts se comptent par centaines, mais le désastre passe sous le radar des médias. Les autorités mexicaines camouflent l’incident, et le Comité international olympique reste silencieux.

    L’ouverture des Jeux s'effectue sans aucune mention de la tragédie.

    Le Black Power sur le podium

    Quelques jours après la manifestation meurtrière, un autre événement fort politisé vient ternir la compétition.

    Lors de la remise des médailles pour le 200 mètres, les sprinters afro-américains Tommie Smith et John Carlos protestent en silence sur le podium. L’image de leur tête baissée et leurs poings gantés de noir levés fait rapidement le tour du monde.

    Ils s’insurgent pacifiquement contre la ségrégation raciale aux États-Unis. Il est décrié à travers le monde que le podium était ainsi devenu la tribune politique du Black Power.

    À l’émission La grande aventure de la télévision du 27 octobre 2002, Richard Garneau évoque l’importance de cet événement, qui a entaché les Jeux de Mexico. On y voit également des images de la manifestation étudiante.

    Les médaillés d’or et de bronze du 200 mètres paieront cher cet acte de revendication. Dès le lendemain, ils sont exclus des Jeux et bannis du Village olympique. De retour aux États-Unis, toutes les portes se ferment sur eux.

    Pour Richard Garneau, ces événements politiques démontrent à quel point la télévision devient un puissant tremplin pour la diffusion d’un message.

    Les Jeux olympiques de Mexico sont les premiers jeux à être ouvertement politiques de par leur transmission en direct pour un auditoire mondial.

    Et de fait, le geste de Tommie Smith et John Carlos, les poings gantés levés, demeure l’une des plus significatives du 20e siècle. Leur protestation silencieuse trouve toujours écho de nos jours dans la société et le monde du sport, le genou s'étant substitué au poing.

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