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Le Congrès américain dénonce la situation des droits de la personne en Chine

L'image du président Xi Jinping est retransmise sur grand écran devant des députés dans l'amphithéâtre du Palais du peuple, à Pékin, le 5 mars 2018.
Le président Xi Jinping lors de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire chinoise, le 5 mars 2018. Photo: Getty Images / AFP / Greg Baker
Agence France-Presse

Les autorités chinoises mènent une « répression sans précédent » contre la minorité musulmane ouïgoure qui pourrait constituer un « crime contre l'humanité », affirment des élus républicains et démocrates dans un rapport très critique du Congrès américain sur les droits de l'homme en Chine.

Alors que Washington s'attendait à ce que l'ouverture de la Chine et sa forte croissance se traduisent par une amélioration de la situation des droits de l'homme, la répression a en fait durci, affirme le rapport annuel de la commission sur la Chine du Congrès.

Il souligne « la situation désastreuse des droits de l'homme en Chine et sa détérioration » depuis que Xi Jinping a pris la tête du Parti communiste en 2012, avant de devenir président l'année suivante.

Le Parti communiste chinois « continue inaltérablement de préserver son monopole sur le pouvoir domestique à travers la répression, la surveillance, l'endoctrinement et la brutalité menés par l'État », déplorent les chefs républicains de la commission, le sénateur Marco Rubio et l'élu de la Chambre des représentants Chris Smith, dans les pages du Wall Street Journal.

La répression contre les minorités religieuses, et particulièrement les Ouïgours, « n'avait pas été aussi sérieuse depuis la révolution culturelle » des années 1960, a dénoncé Chris Smith en conférence de presse.

Les atteintes aux droits de l'homme « ont négativement affecté aussi bien les relations entre les États-Unis et la Chine que la possibilité pour les Chinois d'exercer leurs libertés fondamentales », a affirmé Marco Rubio.

Si le Congrès américain critique régulièrement la situation des droits de l'homme en Chine, cette nouvelle salve contre Pékin survient après le durcissement remarqué du ton du secrétaire d'État, Mike Pompeo, fin septembre, sur la question des Ouïgours et d'autres minorités. Il s'était toutefois gardé de dire s'il était prêt à envisager des sanctions.

« La détention arbitraire et massive de jusqu'à un million ou plus d'Ouïgours et d'autres minorités musulmanes dans des centres de « rééducation politique » dans l'ouest de la Chine est particulièrement préoccupante », détaille le rapport de plus de 300 pages.

De tels abus « pourraient constituer des crimes contre l'humanité », dénonce-t-il. Les élus démocrates comme républicains épinglent la « répression sans précédent de minorités ethniques dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang ».

Libertés religieuses et de pensée

Le Parti communiste poursuit aussi, selon le rapport, des politiques répressives au Tibet, « une surveillance étendue et intrusive, ainsi que des règles limitant les libertés religieuses et culturelles des Tibétains ».

Les élus américains dénoncent en outre les actes visant la minorité chrétienne, avec des « bibles brûlées, la fermeture d'église et la destruction de croix ». Ils critiquent également « l'érosion continue » de l'autonomie donnée à Hong Kong.

Le rapport affirme d'autre part que les autorités chinoises ont interpellé au moins 14 personnes pour avoir rendu hommage au prix Nobel de la paix 2010, Liu Xiaobo, décédé le 13 juillet 2017 d'un cancer du foie après avoir été condamné en 2009 à 11 ans de prison pour « subversion ».

Washington a accueilli cette année sa veuve, la poétesse Liu Xia.

Des sanctions contre Pékin?

La commission du Congrès compte nommer Ilham Tohti, économiste et universitaire ouïgour, condamné en septembre 2014 à la prison à vie, pour le prix Nobel de la paix 2019, pour son travail en faveur du dialogue et de la paix entre la majorité chinoise Han et les Ouïgours, a annoncé Marco Rubio.

Le rapport recommande d'inclure la question des droits de l'homme dans toutes les questions bilatérales avec la Chine et d'imposer des sanctions aux responsables chinois en cas d'abus. « Je pense que l'administration Trump sera réceptive à ces recommandations », a affirmé le sénateur républicain Marco Rubio.

La Chine avait déjà été accusée en août, devant un comité des droits de l'homme de l'ONU, de détenir ou d'avoir détenu un million de personnes dans des centres d'internement dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest du pays, berceau des Ouïgours. Pékin rejette ces accusations.

Le président républicain Donald Trump avait réalisé un rapprochement notable avec Pékin et son « ami » Xi Jinping, au début de son mandat en 2017. La récente guerre commerciale a toutefois soufflé un coup de froid notable sur les relations entre la Chine et les États-Unis.

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