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Changements climatiques : la biodiversité mise à l'épreuve en C.-B.

Un raton laveur fait face à l'objectif. Il est au bord de l'eau.
Le parc Stanley abrite de nombreuses espèces animales telles que le raton laveur. Photo: Ville de Vancouver
Radio-Canada

La préservation de la biodiversité dans la région de Vancouver est un défi pour les autorités publiques. Les changements climatiques ont un effet sur la faune et la flore et créent des contraintes supplémentaires pour les animaux déjà touchés par la densification urbaine et la hausse de la population.

Un texte de Saïda Ouchaou

Linda Bakker dirige le refuge pour animaux sauvages situé au lac Burnaby. Parmi les nombreux patients traités au refuge, on compte de 140 à 150 espèces d’oiseaux par an.

Nous avons remarqué une hausse de passereaux parmi les oiseaux blessés que le refuge a accueillis à la fin de l’été. Ils vivent dans les régions où les feux de forêt se sont produits.

Linda Bakker, Wildlife Rescue Association, Burnaby

En ce mois d’octobre, le personnel et les bénévoles sont bien occupés à soigner les patients, surtout des oiseaux citadins et marins, mais d’autres espèces moins familières de la région viennent s’ajouter à la liste.

Un oiseau est nourri au refuge. Il a le bec grand ouvert et bat des ailes.Un merle d'Amérique est pris en charge au refuge pour animaux de Burnaby. Photo : Wildlife rescue association

La directrice estime que les changements climatiques sont l'une des causes de ces nouvelles arrivées dans la région.

Un oiseau de couleur brun et blanc avec des rayures noires sur la tête dans une cage d'un refuge.Un cardinal à tête noire est soigné au refuge pour animaux sauvages de Burnaby, en Colombie-Britannique. Photo : Wildlife Rescue Association

Le parc Stanley : un habitat unique pour la biodiversité à Vancouver

Le porte-parole de la société écologique du parc Stanley, Dylan Rawlyk, remarque que, bien qu'il n'y ait pas encore de nouvelles espèces d’animaux dans le grand parc urbain, les effets des changements climatiques commencent à être visibles. Les cèdres de l’Ouest montrent des signes d’assèchement et les cycles saisonniers des animaux sont également touchés, explique-t-il.

Le plus grand changement que nous constatons, c’est la période à laquelle les espèces arrivent ici et font leur nidification.

Dylan Rawlyk, directeur général, Stanley Park Ecology Society

L’association veut donc se préparer. Une présentation intitulée « Parc Stanley 2100 : adaptation aux changements climatiques » est prévue le 29 octobre.

Le directeur de l’association souligne que les discussions sur des changements climatiques se font à long terme et qu’il faudra du temps pour que les évolutions majeures atteignent le parc. « Il est essentiel, par contre, de se préparer », dit-il.

Dylan Rawlyk cite comme exemple la forêt dans le parc, composée d’arbres âgés de plusieurs centaines d’années.

Un groupe de canards se tient sur des basses branchesLes zones boisées et humides qui abritent les canards branchus dans le parc Stanley changent sous l'effet du réchauffement climatique. Photo : Pat Smart

Nous devons être prêts pour les espèces qui vont être capables de survivre ici et pour la forêt de demain.

Dylan Rawlyk, directeur général, Park Stanley Ecology Society

La stratégie d’adaptation aux changements climatiques de Vancouver

Depuis 2012, Vancouver a une stratégie d’adaptation aux changements climatiques. Dans ce plan, les autorités ont prévu des actions pour contrer les effets des changements climatiques liés à la hausse des températures. On prévoit, entre autres, la création de forêts urbaines. La Ville s’est aussi engagée à protéger la biodiversité par des initiatives telles que l’accroissement des espaces verts protégés ainsi que la restauration et la protection du littoral.

Angela Danyluk est spécialiste principale en durabilité à la Ville de Vancouver. Selon elle, on ne doit pas s’attendre à voir de nouvelles espèces d’animaux dans la ville parce qu’elle est très urbanisée. Les ratons laveurs, les coyotes et les moufettes déjà présents vont bien s’adapter en revanche.

Vue aérienne du Parc Stanley et du centre-ville ouest de Vancouver. On voit des bateaux et les montagnes à l'horizon.La hausse du niveau des mers agit sur la zone de marée et les espèces qui se nourrissent sur le littoral ne peuvent pas toutes s'y adapter. Photo : AFP / Tourism Vancouver

Angela Danyluk ajoute que les espèces déjà en danger telles que les épaulards qui vivent dans cette région de l’océan Pacifique, sont encore plus à risque de disparaître sous l’effet des changements climatiques.

Le saumon est une espèce clé. Son déclin dans le fleuve Fraser est très inquiétant, car cela entraînera une baisse des espèces qui en dépendent.

Angela Danyluk , spécialiste durabilité, ville de Vancouver
Tableau avec les prévisions des hausses de températures et une carte de la province avec des couleurs pour les zones de températures. Tableau des prévisions de températures en Colombie-Britannique Photo : Radio-Canada

Urgent besoin d'efforts collectifs

La Colombie-Britannique, c’est comme une arche pour les animaux qui migrent du Sud vers le Nord.

Deborah Harford, directrice générale, équipe adaptation au changement climatique, Université Simon Fraser

Selon Deborah Harford, chercheuse et professeure à l'Université Simon Fraser, le réchauffement est trop rapide pour que les espèces puissent s’adapter seules. Elle constate qu’il est difficile pour les gouvernements de réagir rapidement, d’autant plus qu’en Colombie-Britannique, les industries forestière et minière ont une présence considérable sur le territoire et les sources d’eau. L’experte indique qu’il est particulièrement pressant de réguler les pratiques pour les adapter aux changements.

Elle fait remarquer que les animaux tendent de plus en plus à migrer vers le Nord pour tenter de rester dans la même écozone où ils ont vécu pendant des milliers années.

Un carcajou dans la neige. C'est une photo de près, l'animal regarde vers l'appareil.Le carcajou est une espèce en danger et qui vit dans les régions froides du nord de la Colombie-Britannique. Photo : Getty Images / AYImages

Jason Fisher, biologiste et chercheur à l’Université de Victoria et spécialisé en macroécologie, ajoute que cette migration met en péril les espèces locales. C’est le cas du carcajou, adapté à la vie dans les montagnes neigeuses, qui voit son habitat se réchauffer rapidement et qui doit de plus en plus faire face à d’autres animaux capables de le déloger.

On perd des espèces rares, mais aussi des espèces communes comme les coyotes ou les cerfs de Virginie. C’est un mouvement vers l'homogénéisation des espèces.

Jason Fisher, chercheur en macroécologie, Université de Victoria

Les experts sont toutefois convaincus que, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, il existe la volonté de prendre des mesures adaptées aux changement climatiques et de soutenir la préservation de la biodiversité. Le ministère provincial responsable des forêts et des terres a d’ailleurs commencé en début d’année un plan d’amélioration de la gestion de la faune et de la flore. La première phase consiste en une consultation publique qui s’est achevée à la fin de l’été.

Colombie-Britannique et Yukon

Environnement