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La cimenterie Lafarge brûlera des pneus usagés pour son combustible en Nouvelle-Écosse

La cimenterie Lafarge, à Brookfield en Nouvelle-Écosse.
La cimenterie Lafarge, à Brookfield en Nouvelle-Écosse. Photo: Radio-Canada / Robert Short

En Nouvelle-Écosse, le gouvernement libéral de Stephen McNeil donne la permission à Lafarge Canada de brûler des pneus usagés à sa cimenterie de Brookfield, près de Truro.

L’entreprise demandait depuis une décennie déjà la permission d’utiliser des pneus usagés comme source de combustible pour faire fonctionner son usine.

Il s’agit d’un projet-pilote de 12 mois, au cours desquels la cimenterie pourra brûler l’équivalent de 15 % de ses besoins quotidiens en carburant, ou un maximum de 20 tonnes de pneus usagés par jour.

Le ministère provincial de l’Environnement indique mercredi dans sa décision que l’entreprise s’est engagée à mesurer la qualité de l’air et à s’assurer que les eaux souterraines ne seront pas contaminées. Ces contrôles seront aux frais de la compagnie.

Dans son évaluation environnementale, Lafarge soutenait que d’utiliser des pneus usagés permettrait à l’entreprise de réduire de 30 % ses émissions de carbone pour chaque tonne de charbon à laquelle elle renonce.

Pertes d’emplois et risques pour la santé, prédisent les opposants

Brûler des pneus, plutôt que de les recycler, ne va pas réduire les émissions de gaz à effet de serre en Nouvelle-Écosse, va diminuer le recyclage et créera de nouveaux risques pour la santé des résidents, affirme de son côté le Centre d’action écologique, un organisme basé à Halifax.

Qui plus est, le groupe soutient que l’industrie locale du recyclage sera privée des pneus que Lafarge compte brûler, ce qui entraînera des pertes d’emplois et une diminution de cette activité économique.

Amas de pneus usagés sur le terrain d'une entreprise de recyclage.Les opposants au projet estiment que la cimenterie Lafarge privera l'industrie locale du recyclage d'une grande quantité de pneus usagés. Photo : iStock / stoonn

Dans un courriel, Karine Cousineau, une porte-parole de Lafarge Canada, écrit que la compagnie est heureuse de la décision du gouvernement McNeil et a hâte de collaborer avec des chercheurs de l’Université Dalhousie pour évaluer l’utilisation des pneus usés en tant que solution d’économie circulaire.

Une équipe de Dalhousie mesurera en effet les résultats de l’entreprise au cours de ce projet-pilote.

Une demande de Lafarge refusée en 2007

Lafarge Canada, qui brûle déjà des pneus dans une autre de ses usines, au Québec, avait déposé une demande similaire en 2007 pour sa cimenterie de Brookfield. Le gouvernement progressiste-conservateur de l'époque en Nouvelle-Écosse avait refusé.

L'ancien ministre de l'Environnement Mark Parent avait justifié sa décision en mentionnant qu'il y avait encore trop d'inconnus concernant les émissions de gaz à effet de serre.

L’actuel gouvernement libéral en Nouvelle-Écosse avait donné le feu vert au projet-pilote en juillet 2017. Mais un groupe de cinq citoyens habitant près de la cimenterie avait exigé une révision judiciaire.

En mars, le juge James Chipman de la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse avait rejeté leur requête, estimant que le ministère avait correctement évalué les impacts environnementaux du projet, contrairement à ce que soutenaient les citoyens.

Avec les informations de La Presse canadienne

Environnement