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Le cannabis sera traité comme le tabac à Montréal

Un homme fume un joint.
Bien que ce soit illégal, on fume du cannabis depuis déjà longtemps, à Montréal. Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

À sept jours de l'entrée en vigueur de la légalisation du cannabis, la Ville de Montréal a annoncé mercredi son intention d'appliquer la loi en vigueur à Québec pour encadrer l'usage de la substance dans l'espace public.

La mairesse Valérie Plante réitère ainsi la volonté de la Ville d’appliquer sur son territoire certaines des dispositions de la loi votée en juin dernier par le gouvernement Couillard.

On sait toutefois que cette loi sera appelée à changer. Car deux jours après sa victoire électorale, le premier ministre élu, François Legault, a confirmé son intention d'aller de l'avant avec sa promesse d’interdire de fumer de la marijuana en public et de faire passer l'âge légal à 21 ans – deux mesures plus coercitives que celles qui entreront en vigueur la semaine prochaine.

Pour l’heure, donc, Montréal indique qu’« il sera interdit de consommer du cannabis dans les lieux où la consommation du tabac est interdite ainsi que dans d’autres lieux déterminés », comme les abribus et les terrains d’un établissement d’enseignement postsecondaire.

La Ville souligne que cette décision s’est prise conjointement avec la Direction régionale de santé publique et que de nombreux experts indépendants ont été consultés afin d’enrichir la réflexion.

Nous avons fait le choix – réfléchi – de nous en tenir au cadre légal provincial existant, que nous avons contribué à définir.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

En point de presse, mercredi matin, la mairesse a mentionné qu’une étude indépendante avait permis à la Ville d’évaluer les coûts de la légalisation et de s’assurer qu’elle se fasse « à coût nul ».

Elle a aussi souligné que les demandes de la Ville avaient été entendues et que Québec avait prévu 2,6 millions de dollars pour l’année 2018 pour mettre en place une section spéciale au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) baptisée « Accès cannabis ».

Mme Plante a ajouté que des sommes supplémentaires permettant aux autres corps municipaux de s’adapter ont été promises et qu'elles « sont attendues avec impatience par l’ensemble des municipalités québécoises ».

Elle a enjoint le gouvernement Legault d’allouer rapidement ces sommes s’il souhaite que la légalisation s’effectue « correctement ».

Équilibre entre santé et sécurité

La Ville se prépare à la légalisation depuis plus d’un an, a rappelé Mme Plante. « Nous avons abordé la question avec énormément de sérieux et avec le souci constant de s’appuyer sur les données probantes », a-t-elle indiqué.

Avec 60 % de locataires à Montréal, dont plusieurs se verront interdire de fumer du cannabis dans leur logement, il aurait été mal avisé, par exemple, d'interdire la consommation ailleurs que là où la cigarette l'est déjà, a-t-elle expliqué.

D'autant plus que la concentration de fumée secondaire peut avoir des effets néfastes, a rappelé la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal.

C'est donc par souci d'équité – par exemple pour les jeunes adultes, qui sont locataires en plus forte proportion et qui fument davantage à des fins récréatives – que la Ville ne restreindra pas davantage l'usage du cannabis dans les lieux publics.

« Comme mairesse, je dois m’assurer que [la loi sur le cannabis] s’applique le mieux possible, que ça réponde à l’idée de réduction des méfaits tout en respectant l’esprit de la loi qui est d’avoir un meilleur contrôle sur la qualité », a déclaré Mme Plante mercredi à Midi info, sur ICI Radio-Canada Première.

Outre les bâtiments gouvernementaux, les universités et les cégeps, les hôpitaux et les abribus, on peut aussi ajouter à la liste des lieux où il sera interdit de fumer du cannabis : les CPE; les garderies; les centres communautaires et culturels; les clubs privés; et quantité d’autres, figurant tous dans la loi votée en juin dernier.

Mais comme pour le tabagisme, la Ville laisse la porte ouverte à la consommation dans certains lieux publics, notamment les parcs.

Cinq arrondissements ont cependant déjà manifesté leur intention d'interdire l’usage de la marijuana dans leurs parcs : Saint-Laurent, Saint-Léonard, Pierrefonds-Roxboro, Montréal-Nord et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Ces cinq arrondissements sont tous dirigés par des élus d'Ensemble Montréal, le parti qui forme l’opposition officielle à l'Hôtel de Ville. La semaine dernière, Alan DeSousa, maire de l'arrondissement de Saint-Laurent, accusait notamment l'administration de Projet Montréal de se « traîner les pieds » dans ce dossier.

Le cabinet de Mme Plante affirme que sa position sur le cannabis est claire depuis le début et qu’elle est en discussion avec la CAQ de François Legault au sujet des changements qui seront apportés à la loi.

Les policiers du SPVM pourront consommer

Par ailleurs, Montréal ne compte pas interdire à ses policiers de consommer du cannabis 28 jours avant leur quart de travail, comme l'a décrété Toronto.

L'inspecteur André Durocher, du SPVM, précise toutefois que les agents ne pourront pas pour autant se présenter au travail en état d'intoxication. « C'est ce qu'on appelle – vous m'excuserez l'anglicisme – le fit for duty  », explique-t-il. « Lorsqu'un employé rentre au travail, évidemment il ne doit pas être intoxiqué, que ce soit par l'alcool, par les médicaments ou par le cannabis. Et il faut garder en tête que lorsqu'un policier entre travailler, eh bien évidemment, il y a ses collègues de travail qui le voient, son superviseur, son commandant d'unité... ».

Bref, « si on soupçonne qu'un employé [...] est sous l'effet de cannabis ou d'autres drogues, on est en mesure de l'évaluer », affirme M. Durocher.

Grand Montréal

Drogues et stupéfiants