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Le Parti populaire du Canada « peut être une surprise, comme la CAQ », croit Maxime Bernier

Le reportage de Philippe-Vincent Foisy
Radio-Canada

Le député fédéral de Beauce Maxime Bernier croit que le Parti populaire du Canada, dont il a annoncé la création il y a quelques semaines, pourra rapidement créer une surprise sur la scène politique canadienne.

Un texte de François Messier

« Je pense qu’on peut être une surprise, comme la CAQ a été une surprise aussi au Québec, comme l’Alliance populaire du Nouveau-Brunswick a été une surprise », a-t-il dit mercredi, au bureau d’Élections Canada, à Ottawa.

L’ex-ministre conservateur y a déposé les signatures de 22 477 « membres fondateurs » de son parti afin que l’organisme lui donne officiellement le feu vert pour le créer en vertu de la loi canadienne.

M. Bernier a indiqué aux journalistes que 43 rencontres visant à créer des associations de circonscription ont eu lieu la semaine dernière et que 27 autres doivent avoir lieu cette semaine.

Selon lui, 39 associations sont déjà prêtes à être officiellement constituées, soit 17 en Ontario, 6 en Nouvelle-Écosse, 6 en Alberta, 4 au Nouveau-Brunswick, 4 en Saskatchewan et 2 au Manitoba.

Au Québec, le parti aurait préféré attendre que l'élection provinciale passe avant de se lancer dans l'organisation. Des rencontres doivent avoir lieu jeudi, à Québec, et le 20 octobre, à Montréal.

M. Bernier affirme que son parti a amassé 350 000 $ depuis qu’il a annoncé ses intentions, le 23 août, et qu'il compte engranger 3,5 millions de dollars en vue de la prochaine élection générale, à l'automne 2019.

M. Bernier entend continuer à se concentrer sur la création de ces associations d’ici la fin de l’année, et mentionne qu’il se penchera sur des candidatures à compter de janvier prochain.

Il espère présenter des candidats lors des prochaines élections partielles qui doivent être déclenchées à Outremont et à Burnaby, puis des candidats dans les 338 circonscriptions du pays l'an prochain.

Aucun effort pour attirer des conservateurs

Maxime Bernier ne croit pas que des députés conservateurs voudront se joindre à son parti. Il dit d'ailleurs qu'il ne fait aucune démarche en ce sens auprès de ses anciens collègues.

Je ne fais pas d’efforts pour que d’anciens collègues se joignent à moi, puisque le Parti conservateur et le Parti libéral, c’est du pareil au même. Ces gens-là ne partagent pas notre vision de liberté, responsabilité, équité et respect.

Maxime Bernier, député de Beauce

« Je pense que notre parti va faire mal aux conservateurs et aux libéraux », a-t-il ajouté peu après. Le Parti populaire du Canada « est un parti qui prône des idées populaires et qui va à l’encontre des politiques traditionnelles, ce que font actuellement le Parti conservateur et le Parti libéral ».

Ces deux partis, affirme-t-il, « font de la politique en prenant l'argent des gens et en achetant des votes avec des groupes spécifiques ciblés ».

Un message pour les citoyens de sa circonscription

Maxime Bernier avait par ailleurs un message pour les citoyens de sa circonscription, qui l'ont élu sous la bannière conservatrice depuis maintenant plus de 12 ans. C'est le Parti conservateur qui a changé, dit-il, et non lui.

Maxime Bernier est le même gars. Ce n’est pas moi qui ai changé, j’ai seulement changé de véhicule. J’étais dans une Lada, maintenant, je suis dans une Mercedes ou dans une Ferrari.

Maxime Bernier, député de Beauce

Il a par ailleurs réitéré qu'il entend faire du « populisme intelligent », comme il l'a déclaré lors de l'annonce de la création de son parti.

« Nous, on a des politiques qui sont sérieuses et concrètes pour changer ce pays-là, pour avoir un gouvernement plus petit, plus respectueux de la Constitution, a-t-il fait valoir. C’est différent. Ce n’est pas un populisme qui fait appel aux émotions des gens. On pense que nos idées touchent l’intellectuel [sic] des gens, et c’est ce qui fait en sorte qu’on est populaire. »

« Les gens aiment ces idées d’abolir les subventions aux entreprises, d’abolir le cartel dans la gestion de l’offre. C’est des idées très précises et sérieusement étudiées », plaide-t-il.

Moins d'immigrants, comme le veut la CAQ

Maxime Bernier a aussi répété qu'il veut que le Canada accueille moins d'immigrants, comme la CAQ le réclame pour le Québec. Il précise d'ailleurs qu'il s'agit là du seul lien qui peut être fait entre son nouveau parti et celui de François Legault.

Les immigrants doivent être acceptés sur la base de leur apport économique potentiel, affirme-t-il, mais aussi partager les « valeurs canadiennes ».

« Je suis contre le multiculturalisme à l'extrême, a encore dit M. Bernier. Ce que je dis, c'est que les gens qui viennent ici [...] qui ne partagent pas les valeurs de la société occidentale, les valeurs canadiennes, ne sont pas bienvenus ici au pays. »

Il ajoute toutefois que beaucoup d'immigrants arrivés au pays depuis 75 ans « sont venus ici [...] justement pour partager ces valeurs de libertés, de responsabilité et d'égalité devant la loi », et que le gouvernement canadien doit s'assurer qu'ils « continuent de bien s'intégrer, pour ne pas avoir les problèmes qu'on voit actuellement dans certains pays européens ».

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