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Manifeste de la Jeune-Fille ou la tyrannie du paraître

Une scène de la pièce
La pièce « Manifeste de la Jeune-Rille », est présentée au Théâtre Périscope jusqu'au 20 octobre à Québec. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le Théâtre Périscope présente Manifeste de la Jeune-Fille d'Olivier Choinière, une pièce cinglante où les poncifs sont mis à mal.

Un texte d’Anne-Josée Cameron

Produite par L’ACTIVITÉ, une plateforme de création qui s’intéresse particulièrement à la notion de représentation, Manifeste de la Jeune-Fille propose une réflexion singulière sur notre société et ses diktats.

Sept jeunes filles paradent en toute légèreté et en toute insouciance. On s’informe des projets de l’une, on s’excite des récents achats de l’autre, on partage des histoires d’amour.

Toutes sont tributaires des conseils prodigués par les magazines féminins, enchaînées dans un quotidien Pinterest. Le moindre doute ou la moindre sortie hors des sentiers battus les ébranle et, même, les détruit.

Elles évoluent sur scène au rythme de la parade, prenant la pose avec nonchalance.

Le reflet de notre société

Interprétées par sept comédiens et comédiennes de talent, ces jeunes filles sont le reflet de notre société.

Mention d’ailleurs à Isabelle Vincent, Sébastien René et Catherine Paquin-Béchard qui se sont particulièrement illustrés lors de la représentation mardi soir.

Deux personnages sur des pastilles.Manifeste de la jeune fille est présentée jusqu'au 20 octobre au théâtre Périscope. Photo : Valérie Remise

Un vaste projet

Olivier Choinière, qui signe le texte et la mise en scène, propose une œuvre qui ratisse large. On y aborde entre autres le thème de l’éternelle jeunesse ainsi que ceux de la vieillesse, du terrorisme, de la peur et de la soumission.

Chaque thème est abordé sur le ton des magazines féminins. Ces poncifs entendus 1000 fois obligent à réfléchir à ce qui pousse les individus à adopter de tels discours. Ces phrases toutes faites semblent en fait résulter de l’absence de limites.

Affolées par la multitude des choix et par les diktats d’une société superficielle, ces phrases toutes faites deviennent des remparts contre l’effondrement.

Porté par un dispositif scénique efficace et esthétique crée par Max-Otto Fauteux, Manifeste de la Jeune-Fille se déroule dans un univers de boutiques de luxe, où tout n’est que paraître.

La pièce de presque deux heures gagnerait toutefois à être resserrée. Si la première partie interpelle par son côté cinglant et provocant, la rupture de ton engendrée par le vibrant hommage au théâtre, qui conclut la pièce, tombe un peu à plat.

Manifeste de la Jeune-Fille est présentée jusqu’au 20 octobre au Théâtre Périscope.

Arts