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Des chercheurs établissent un lien entre boulimie et perfectionnisme

Une femme et un pèse-personne.
Environ 275 000 Canadiennes souffriront de boulimie au cours de leur vie. Photo: Getty Images / Tero Vesalainen
Radio-Canada

Des chercheurs croient avoir découvert un lien entre le perfectionnisme et la boulimie, ce qui les amène à dire que médecins devraient s'attarder à la fois aux symptômes physiques de la boulimie et à ses aspects psychologiques.

Nos résultats indiquent que de traiter le perfectionnisme aussitôt que possible pourrait aider à freiner le développement de la boulimie, estime le Dr Simon Sherry. Le professeur au département de psychologie et de neuroscience de l’Université Dalhousie, à Halifax, a mené l’étude en compagnie d’Ivy-Lee Kehayes, une étudiante au doctorat en psychologie clinique au même établissement.

Les résultats de l’étude effectuée auprès de 4665 participants, qui étaient à 86 % des femmes et dont l’âge moyen était de 19 ans, démontrent qu’une forte tendance au perfectionnisme met la personne plus à risque d'avoir ce trouble alimentaire, et est souvent un élément central de la personnalité d’une personne boulimique, explique la chercheuse Ivy-Lee Kehayes.

Huit personnes souffrant de boulimie sur dix sont des femmes. On estime qu’environ 275 000 Canadiennes en souffriront au cours de leur vie. La boulimie se développe généralement entre l’âge de 16 et 20 ans, et les symptômes se manifestent en moyenne durant 8 années.

D’autres problèmes sérieux accompagnent dans bien des cas ce trouble du comportement alimentaire, comme la dépression, le syndrome de stress post-traumatique et l’abus d’alcool. Les décès liés à la boulimie sont le résultat d’un suicide dans 20 % des cas.

Pour un traitement qui va au-delà des symptômes physiques

Selon le Dr Simon Sherry, qui est également psychologue clinicien, une société qui valorise le succès à tout prix et la présence de parents omniprésents et hypercompétitifs créent un environnement favorable au développement d’une obsession perfectionniste chez les jeunes.

Il n’est pas surprenant que je traite de plus en plus de cas de boulimie liés au perfectionnisme chaque semaine dans mon cabinet.

Le Dr Simon Sherry, psychologue clinicien

Le docteur Sherry estime que les professionnels de la santé devraient considérer à la fois le traitement des symptômes physiques de la boulimie, comme la prise excessive de nourriture et les vomissements provoqués, et ses causes psychologiques.

Il est temps d’aller au-delà d’un traitement entièrement consacré aux symptômes de la boulimie, estime le docteur Sherry, pour qui le traitement des causes psychologiques et émotionnelles de ce trouble alimentaire devrait aussi faire partie de la prise en charge des personnes qui en sont atteintes.

Troubles alimentaires

Science