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Un traitement développé au CHUS pourrait prolonger la vie des personnes atteintes d'un cancer au cerveau

Le Dr David Fortin

Le Dr David Fortin, neurochirurgien, neuro-oncologue au CHUS

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Radio-Canada

Chaque année, 2500 Canadiens reçoivent un diagnostic de cancer du cerveau, un mal incurable qui laisse bien peu de temps aux personnes qui en sont atteintes. Le centre de recherche du CHUS a mis au point un traitement qui pourrait aider à prolonger leur espérance de vie.

Un texte de Guylaine Charette

Après avoir développé un modèle animal, l'équipe médicale espère suivre 40 patients pendant deux ans dans le cadre d'un projet de recherche. Il s'agit d'un traitement unique au monde selon le Dr David Fortin, neurochirugien et neuro-oncologue au CHUS. Sherbrooke est déjà le seul centre au Canada à utiliser la chimiothérapie intra-artérielle chez les patients souffrant d'un cancer du cerveau. Cette technique sera combinée à la radiothérapie, un jumelage novateur qui pourrait réduire la taille des tumeurs au cerveau et, par le fait même, améliorer la qualité de vie des patients.

Il n'est toutefois pas question d'enrayer le cancer du cerveau.

Ce ne serait serait pas honnête de laisser croire au patient qu'il va guérir

Dr David Fortin, neurochirurgien et neuro-oncologue au CHUS

Comme le cancer du pancréas, le cancer du cerveau peut être fulgurant.

Actuellement, l'espérance de vie sans traitement n'est que de trois mois. Avec un traitement standard, l'espérance de vie atteint en moyenne 14 mois, alors qu'elle est de 25 mois avec la chimiothérapie intra-artérielle. Le traitement combiné pourrait faire passer cette moyenne à 36 mois.

CANCER DU CERVEAU :

Survie sans traitement : 3 mois en moyenne;

Survie avec traitement stantard : 14 mois en moyenne;

Survie avec chimio intra-artérielle : 25 mois en moyenne;

Objectif de survie avec un traitement combiné : 36 mois en moyenne.

Si on atteint un tel objectif de trois ans, cela veut dire qu'un certain nombre de patients dépassent ce seuil et on espère que certains patients seront considérés comme des survivants à long terme, explique le Dr Fortin.

L'étude s'adresse aux patients qui vivent leur première récidive et qui doivent subir une seconde chirugie. Le patient sera alors opéré pour enlever la tumeur. Un échantillon sera recueilli pour être analysé en laboratoire. Il s'agit d'une étape importante pour définir la biologie de la tumeur et adapter la chimiothérapie et ainsi personnaliser le traitement.

Dans le laboratoire du Dr David Fortin: à l'avant-plan, Gabriel Charest, docteur en radiobiologie, Laurence Déry, étudiante à la maîtrise en radiobiologie et Laurent-Olivier Roy, étudiant au doctorat en pharmacologie. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans le laboratoire du Dr David Fortin: à l'avant-plan, Gabriel Charest, docteur en radiobiologie, Laurence Déry, étudiante à la maîtrise en radiobiologie et Laurent-Olivier Roy, étudiant au doctorat en pharmacologie.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Confondre les sceptiques

L'équipe de Sherbrooke se montre enthousiaste, mais devra redoubler d'ardeur pour confondre les sceptiques. La sécurité de la procédure est remise en cause par certains chercheurs, avoue le Dr Fortin.

À la fin des années 70, la chimiothérapie intra-artérielle a eu mauvaise presse à la suite de résultats peu concluants où les complications touchaient un patient sur quatre.

Dans mon milieu, les gens sursautent quand je leur dis que nous faisons appel à cette technique. Nous devons expliquer que nous utilisons des médicaments différents. Sur les 3583 procédures que nous avons répertoriées, 28 événements de complications ont été recensés, soit moins de 1 % des cas, explique le Dr Fortin.

L'efficacité de la chimiothérapie combinée à la radiothérapie sera mesurée chaque mois avec une nouvelle technique d'imagerie par résonance magnétique (IRM). Le traitement est sûr affirme le neuro-oncologue.

L'équipe prévoit aussi suivre de près l'impact du traitement sur la qualité de vie et sur les fonctions cognitives des patients. Marie-Andrée Roy, infirmière clinicienne coordonnatrice du programme de neuro-oncologie, jouera le rôle de représentante du patient. Elle sera en contact avec tous les participants pour répondre à leurs questions, les rassurer et surtout évaluer leur état au fil des semaines.

Le protocole prévoit de petites doses de radiothérapie au départ. Par la suite, les doses seront augmentées si le patient répond bien au traitement. Dans le cas contraire, le traitement pourrait être interrompu, explique Mme Roy.

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