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Les nouveaux députés de la CAQ sur les bancs d'école

Chantal Rouleau.

Les nouveaux députés de la CAQ, dont Chantal Rouleau, ont participé à une journée de formation mardi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Conditions de travail, fonctionnement de l'Assemblée nationale, organisation du bureau de circonscription, relations avec les journalistes : l'imposante délégation de nouveaux députés de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui formera le prochain gouvernement majoritaire, a connu sa première journée de formation. Plus de la moitié des élus québécois n'ont par ailleurs jamais siégé au Parlement, un record depuis 1976.

Un texte de Romain Schué, correspondant parlementaire

Sourire aux lèvres, Lionel Carmant lâche un simple mot avant d’entrer dans l’une des salles de réception de l’hôtel Delta, à Québec, à quelques mètres de l’Assemblée nationale. « Fébrile », lance-t-il, pour décrire son état.

Quelques instants plus tôt, la médaillée olympique de patinage de vitesse courte piste, Isabelle Charest, partageait le même sentiment. « Je me sens fébrile et très contente d’être là », évoquait brièvement celle qui a été élue en Montérégie.

Un air de rentrée des classes se faisait sentir mardi matin, sur le coup de 9 h, alors que la CAQ avait réuni ses 74 députés. L'objectif principal de cette journée? Aiguiller les 54 nouveaux élus du parti, moins d’une semaine après la vague caquiste qui a permis l’élection de François Legault au poste de premier ministre.

Des formations également pour les conjoints

Fin octobre et début novembre, ce sera au tour de l’Assemblée nationale d’organiser des journées « d’accueil et de formation ». Les ressources humaines et financières, ainsi que le fonctionnement des travaux parlementaires y seront précisés.

Une partie de ces formations sera même donnée aux conjoints et conjointes des élus, afin qu'ils puissent connaître les missions de leur partenaire.

Jamais, depuis 1976 et le premier mandat de René Levesque, l'Assemblée nationale n'avait accueilli autant d'élus débutants. Avec près de 57 % de nouveaux députés, il s'agit même du troisième taux en importance depuis la création du Parlement québécois en 1867.

« S’acclimater » à cette nouvelle vie

« Pour beaucoup d’entre eux, il n’y a pas de points de repère à Québec. Il faut s’acclimater. On se pose plein de questions : ''est-ce qu’on loue un appartement? Est-ce qu’on reste à l’hôtel?'' », détaille Claire Samson, réélue dans la circonscription d’Iberville.

Présente depuis quatre ans à l’Assemblée nationale, cette dernière fait partie « des vieux », comme elle aime le rappeler. « On va accompagner nos jeunes collègues », ajoute-t-elle, en précisant qu’elle parrainera deux députés néophytes.

« On découvre un autre monde, et c’est à nous, qui avons acquis une certaine expérience, de la partager », complète Lise Lavallée, qui fut quant à elle aidée par François Bonnardel et Éric Caire en 2014, après avoir mené une carrière de notaire.

Il n’y a pas de livre pour devenir député. Ça s’apprend au fil des journées, avec les personnes qui ont déjà un peu d’expérience. C’est ça qui fait la magie de ce métier. Ça s’apprend au fil du temps.

Marguerite Blais, députée de la CAQ et ex-ministre libérale

Comprendre l’ensemble des aspects du rôle d’un député est au cœur de cette journée. « Le travail en circonscription, une partie extrêmement importante, est méconnu », révèle Éric Caire.

« Quelles sont les qualités qu’on doit rechercher chez nos attachés politiques? Comment on organise le bureau de circonscription? À quel genre de dossier on doit s’attendre pour trouver des réponses, des solutions? Il y a un énorme apprentissage à faire pour tout le monde, surtout en circonscription », affirme le député de La Peltrie, présent depuis 2007.

Lionel Carmant.

Lionel Carmant est l'un des 54 nouveaux élus de la CAQ.

Photo : Radio-Canada

« Apprivoiser » les journalistes

Apprendre à répondre aux journalistes est l’un des autres thèmes présentés à ces nouveaux élus. Il faut « apprivoiser les médias », détaille Lise Lavallée.

« C’est aussi un autre univers, qu’on connaît moins, qu’on voit à la télévision. Lorsque c’est nous qui devons y faire face, il faut savoir répondre », reprend-elle.

Il s’agirait même du « plus grand défi », admet Samuel Poulin, qui a été attaché de presse de la CAQ au cours des quatre dernières années avant de remporter le scrutin dans Beauce-Sud.

« C’est tellement varié. Un journaliste peut [parler] d’un projet de loi très précis, un autre est davantage sur la nouvelle de la journée, un autre travaille à long terme sur un grand dossier. Il faut comprendre cet univers », précise-t-il.

Samuel Poulin.

Samuel Poulin a été l'un des attachés de presse de la CAQ avant d'être élu député.

Photo : Radio-Canada

Une découverte aussi pour Québec solidaire

Québec solidaire (QS) présente le plus fort taux de nouveaux députés. Avec le départ d’Amir Khadir et la percée du parti de gauche, huit des dix élus n’ont jamais mis les pieds à l’Assemblée.

En comparaison, seul un député du Parti québécois – Joël Arseneau aux Îles-de-la-Madeleine – fait son apparition. Le Parti libéral du Québec (PLQ) comptera pour sa part sur 24 élus expérimentés, sur les 32 sièges obtenus.

« On sait qu’on a beaucoup de choses à apprendre, mais c’est très stimulant, assure Sol Zanetti, vainqueur dans Jean-Lesage, à Québec. Moi, j’ai eu de la chance. Le député libéral sortant [André Drolet] m’a laissé tous ses dossiers. Il y en a, selon ce que j’ai appris, avec qui ça ne se passe pas comme ça. Il y a de l’amertume et les classeurs sont vides. C’est dommage pour les citoyens. »

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