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  • Il y a 50 ans, le Parti québécois était créé

    René Lévesque au micro donne devant un parterre de militants le discours de clôture au congrès de fondation du Parti québécois au Petit Colisée de Québec.
    Il y a 50 ans était créé le Parti québécois. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le 14 octobre 1968, le Parti québécois (PQ) voit le jour. La télévision de Radio-Canada assiste aux événements qui ont entouré la naissance de la formation indépendantiste.

    Un moment charnière de l’indépendantisme québécois

    Est-ce que nous sommes capables, à l’égal d’autres petits peuples qui justement sont parmi les plus avancés du monde, tout simplement de mener notre barque à nous, nous-mêmes, convenablement?

    René Lévesque, discours prononcé à la clôture du congrès de fondation du PQ

    L’enthousiasme est palpable au Petit Colisée de Québec.

    L’heure est à l’union après un an d’intenses négociations entre les trois principaux mouvements indépendantistes québécois.

    René Lévesque est unanimement choisi comme chef de la nouvelle formation politique qu'on baptise du nom de Parti québécois. Radio-Canada présente ce 14 octobre 1968 une émission spéciale, Un nouveau parti au Québec, qui diffuse l’intégrale de son discours.

    L’ancien journaliste de Radio-Canada y développe sa vision de l’option souveraineté-association.

    Il critique la lourdeur et la désuétude du régime fédéral canadien. Il rappelle du même souffle l’existence d’intérêts communs entre le Québec et le Canada anglais.

    René Lévesque souligne aussi l’importance du respect des minorités qui continueront de vivre dans un Québec indépendant.

    Il consacre par ailleurs une partie de son discours à disséquer la peur de plusieurs Québécois face à un avenir qu’ils conçoivent mal hors du cadre fédéral. Il les exhorte à prendre confiance en eux.

    Les congressistes applaudissent un homme dont le cheminement politique depuis 1960 a fait avancer à pas de géant la matérialisation du rêve d’un Québec indépendant.

    De propulseur de la Révolution tranquille à chef indépendantiste

    En 1960, René Lévesque abandonne le microphone et la caméra pour devenir député du Parti libéral du Québec (PLQ).

    Ministre des Richesses naturelles, il concrétise le cri de ralliement du PLQ « Maîtres chez nous » en nationalisant l’électricité.

    En 1966, le PLQ est retourné dans l’opposition. René Lévesque commence à ronger son frein.

    Au sein du parti, deux projets constitutionnels contradictoires s’affrontent.

    D’un côté, il y a le courant majoritaire qui tient à préserver le lien fédéral.

    De l’autre côté, on trouve un mouvement nationaliste qui veut remanier le Canada. Certains sympathisants de ce courant vont plus loin. Ils veulent quitter le Canada.

    René Lévesque adhère de plus en plus ouvertement à ce deuxième courant.

    Lors du congrès du PLQ en septembre 1967, il soumet une proposition d'inscrire dans le programme officiel libéral la promotion de la souveraineté-association du Québec avec le reste du Canada.

    Un journaliste du service des nouvelles de Radio-Canada l’interroge le 19 septembre 1967 sur son projet. Le journaliste le questionne aussi sur la réaction qu’il anticipe de la part de ses collègues libéraux et du Canada anglais.

    L’ex-ministre affiche beaucoup d’optimisme.

    Au congrès du PLQ, la majorité des militants vont même jusqu'à refuser de débattre la proposition de René Lévesque. Dépité, celui-ci annonce son départ. Quelques proches le suivent.

    La réponse des fédéralistes canadiens à la décision de René Lévesque est de relativiser l’événement. C’est cette position qu’adopte le ministre fédéral Jean Marchand alors qu’il est interviewé le 18 octobre 1967 par le journaliste Jean Ducharme pour l’émission Aujourd’hui.

    La difficile intégration du RIN

    Ce n’est pas de gaieté de cœur. Ça, je l’avoue franchement. Mais je pense que lucidement, c'est vraiment la seule et unique solution si l'on veut s’assurer de l’existence d’un instrument beaucoup plus efficace que le RIN ne peut l’être. […] Jamais, je pense, on ne pourrait arriver à l’efficacité que peut donner le regroupement de ces trois forces qui regroupent des gens de différents milieux.

    Une militante du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN)

    En novembre 1967, René Lévesque crée le Mouvement souveraineté-association (MSA). Le 6 janvier 1968, il publie son essai Option Québec qui réitère sa position constitutionnelle présentée au congrès libéral quelques mois plus tôt.

    L'adhésion au MSA progresse à une vitesse fulgurante à travers le Québec. René Lévesque décide alors de transformer ce dernier en parti politique.

    Son objectif est d'unir toutes les forces indépendantistes au MSA. Un premier parti indépendantiste, le Ralliement national (RN), surtout présent en Abitibi, en Gaspésie et au Saguenay-Lac-Saint-Jean, se fond sans difficulté avec le très montréalais MSA.

    Intégrer le deuxième parti indépendantiste, le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), se révèle beaucoup plus ardu.

    Le reportage du journaliste Bernard Derome présenté le 29 octobre 1968 à l’émission Aujourd’hui nous donne une idée des raisons de cette difficulté.

    Les chefs du RIN et du MSA, Pierre Bourgeault et René Lévesque, ne s’apprécient guère. Au-delà des personnalités, c’est la différence des orientations du RIN et du MSA qui provoque la discorde.

    Le RIN est plus radical. Il prône le socialisme, il souhaite instaurer l’unilinguisme français au Québec.

    Le MSA est plus modéré : son orientation économique est sociale-démocrate; le respect des minorités linguistiques est primordial dans son programme.

    Le RIN souhaite utiliser la popularité de René Lévesque pour faire avancer la cause de l’indépendance. René Lévesque se méfie du RIN qu’il trouve trop extrémiste.

    Si le RIN se dissout le 26 octobre 1968, beaucoup de ses partisans adhèrent au PQ seulement du bout des lèvres. Certains militants refusent carrément de rallier les rangs du nouveau parti.

    La montée du PQ est, à partir de là, irrésistible. Huit ans à peine après sa fondation, il prend le pouvoir à Québec.

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