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Le député Pascal Bérubé sera chef intérimaire du Parti québécois

Pascal Bérubé s'adressant aux médias à l'Assemblée nationale.
Pascal Bérubé occupera les fonctions de chef intérimaire du Parti québécois, après la défaite du 1er octobre dernier. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

C'est le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, qui dirigera l'aile parlementaire du Parti québécois (PQ) d'ici à ce qu'un successeur au chef démissionnaire Jean-François Lisée soit désigné. « C'est un immense privilège pour moi », a-t-il déclaré à la presse parlementaire.

La décision de lui confier cette fonction a été prise mardi matin à l'unanimité par le caucus péquiste, a-t-il lui-même précisé lors d'une conférence de presse tenue en fin de journée à l'Assemblée nationale avec les huit autres députés péquistes élus le 1er octobre.

M. Bérubé, qui représente sa circonscription depuis 11 ans, croit que la fonction de leader parlementaire qu'il a assumée lors de la dernière législature lui a permis de démontrer qu'il avait tout le sérieux nécessaire pour remplir cette nouvelle tâche.

« Mon souhait est d'accomplir ce mandat avec la neutralité nécessaire jusqu'à l'élection de la [prochaine] ou du prochain chef », a-t-il précisé lors d'une brève allocution où il n'a pas caché son émotion.

Comme chef parlementaire, j'animerai la discussion sur le bilan de la dernière élection. Je veux que cet exercice soit constructif, efficace et ouvert.

Pascal Bérubé, chef de l'aile parlementaire du Parti québécois

M. Bérubé n'a pas voulu s'avancer sur les modalités d'une prochaine course à la direction. Il a tout de même dit souhaiter que les prochains échéanciers soient fixés « sans précipitation ».

« En ce qui me concerne, je crois que cette précipitation serait mauvaise conseillère. Nous avons donc du temps devant nous », a-t-il précisé.

À ses côtés, les ex-ministres péquistes Véronique Hivon et Sylvain Gaudreault ont tour à tour refusé de dire s'ils comptent se jeter dans la mêlée, en faisant valoir qu'il était beaucoup trop tôt pour y songer. « On veut se donner du temps, on est unanimes là-dessus », a affirmé la députée de Joliette.

Mme Hivon a précisé qu'elle ne portait plus le titre de vice-cheffe du Parti québécois, que lui avait offert M. Lisée pour annoncer son intention d'en faire sa vice-première ministre.

M. Bérubé, qui dit lui-même n'avoir « jamais eu cette ambition » de diriger le PQ, a par ailleurs réaffirmé sans détour que son parti continuera de militer pour l'indépendance du Québec, comme il le fait depuis sa fondation.

« Nous ne renonçons pas aux rêves de jeunesse qui ont enfanté ce parti », a-t-il déclaré.

Pour certains, il faudrait tirer un trait sur notre mouvement, comme si on avait atteint la fin de notre vie utile. Non, l’histoire se poursuit. Nous continuons avec l’esprit des pionniers de ce grand mouvement politique.

Pascal Bérubé, chef de l'aile parlementaire du Parti québécois

Une défaite historique à digérer

Le parti souverainiste est sans chef depuis que M. Lisée, élu chef en octobre 2016, a annoncé son départ le 1er octobre, devant l’ampleur de sa défaite.

Avec 17,1 % des suffrages exprimés, le PQ n’a fait élire que 9 députés, ce qui en fait le troisième groupe d’opposition à l’Assemblée nationale, derrière le Parti libéral et Québec solidaire (QS).

Il en avait 28 lors de la dissolution de la chambre, le 23 août.

Ce résultat est le pire enregistré par le Parti québécois depuis l’élection de 1973, alors qu'il n’avait remporté que six sièges, soit un de moins qu’en 1970.

Avec cette députation réduite, le PQ n’a pas ce qu’il faut pour être officiellement reconnu comme parti à l’Assemblée nationale.

Pour obtenir ce statut, un parti doit compter au moins 12 députés élus ou avoir obtenu au moins 20 % des suffrages exprimés.

À défaut d’avoir ce statut, le PQ aura un temps de parole réduit lors de la période des questions et sera privé de budgets à des fins de recherche et de soutien.

Le premier ministre désigné François Legault s’est montré ouvert à discuter du statut du PQ et de QS le lendemain de sa victoire, mais sans donner de détails.

Les 687 000 personnes qui ont voté pour le PQ le 1er octobre « méritent d'être entendues », a soutenu à ce sujet Pascal Bérubé, en invitant le gouvernement et l'ensemble des formations politiques à trouver une solution « au nom de la démocratie [et] de la pluralité des voix » à l'Assemblée nationale.

La cheffe de cabinet de Pascal Bérubé sera Laurie Comtois. Âgée de 31 ans, Mme Comtois travaille pour le Parti québécois comme attachée de presse et conseillère politique depuis 2012 et incarne la jeunesse.

Pas le seul chef intérimaire

Le Parti libéral a annoncé la semaine dernière que Pierre Arcand agira comme chef intérimaire en attendant qu'un successeur à Philippe Couillard soit trouvé.

Celui qui est encore premier ministre du Québec pour quelques jours a annoncé la semaine dernière qu'il abandonnait son poste de chef de parti et qu'il renonçait à siéger comme député de Roberval.

Depuis la défaite de Pauline Marois en 2014, quatre chefs se sont succédé à la tête du PQ, soit Stéphane Bédard (intérim, 2014-2015), Pierre Karl Péladeau (2015-2016), Sylvain Gaudreault (intérim, 2016) et Jean-François Lisée (2016-2018).

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