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Un troisième jugement accablant pour la DPJ de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Un lit d'enfant avec une couverture verte. En arrière, se trouve une peluche.

Archives

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Mauricie et du Centre-du-Québec est à nouveau blâmée sévèrement par une juge pour avoir abandonné un enfant pendant six ans dans une famille « dysfonctionnelle et toxique ».

La juge à la Cour du Québec Marie-Josée Ménard a qualifié la situation de « négligence institutionnelle » et affirme sans réserve qu'il s'agit d'un « échec lamentable de la DPJ » et que les éducateurs impliqués auraient dû intervenir.

Son jugement du 30 août dernier relate entre autres un événement où la jeune fille au cœur de l’histoire aurait été rabrouée par son père d’accueil alors qu’elle posait des questions sur son avenir. Ce dernier l’aurait alors traitée de « miss sans talent », de voleuse et de menteuse.

La juge relève aussi que la chambre de la jeune fille était verrouillée de l’extérieur. Ses parents d’accueil auraient par ailleurs songé à adopter son frère biologique sans l’adopter elle aussi.

La jeune fille, qui a été dans cette famille d’accueil de l’âge de 6 ans à celui de 11 ans, aurait subi de graves conséquences sur son développement. Maintenant âgée de 12 ans, elle fréquente un centre de réadaptation dans une ressource de type intermédiaire.

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Extrait du jugement de la Cour du Québec visant la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Photo : Cour du Québec

La DPJ fait son mea culpa

C'est la troisième fois en deux ans que la DPJ de la région fait l'objet d'un jugement accablant du tribunal, mais c'est la première fois que la direction reconnaît ses torts.

Quelque 24 heures après son arrivée en poste, le nouveau directeur de la protection de la jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Robert Levasseur, a été amené à se prononcer sur ce jugement.

Il a avoué être déçu de la façon dont ce dossier a été traité.

Homme assis dans un bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Robert Levasseur vient d'entrer en fonction comme directeur de la Direction de la protection de la jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Photo : Radio-Canada

Nos façons de faire, on va les réviser, dit-il, parce qu'il y a malheureusement un enfant et quelques situations qui sont passés dans les maillages et il faut éviter ça.

Robert Levasseur affirme que des procédures ont été améliorées au cours des derniers mois, mais il s'engage à aller plus loin. Dans les 100 premiers jours de son mandat, il veut aller à la rencontre des gens sur le terrain, dans leur milieu de travail, pas dans mon bureau, précise-t-il.

« C’est extrêmement préoccupant », estime la candidate élue Sonia LeBel

La candidate élue dans la circonscription de Champlain, Sonia LeBel, s’est dite extrêmement préoccupée par la situation.

L’ancienne procureure en chef de la commission Charbonneau s’est engagée à tenir la DPJ de la Mauricie et du Centre-du-Québec « sous haute surveillance » dès qu’elle aura la légitimité d’agir.

Gros plan du visage de Sonia LeBel, lors d'un discours prononcé en février 2017.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sonia LeBel, la candidate de la Coalition avenir Québec

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Sonia LeBel avait officiellement lancé sa campagne électorale en indiquant qu’elle ferait du dossier de la DPJ une priorité et en écorchant au passage la ministre déléguée Lucie Charlebois.

Trouver les causes du problème

Certaines organisations n'étaient pas surprises d'apprendre que la DPJ de la Mauricie et du Centre-du-Québec était à nouveau blâmée dans un jugement de la cour.

La présidente de la Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec (FFARIQ), Geneviève Rioux, se demande si la DPJ a toutes les ressources nécessaires pour faire du bon travail.

Est-ce qu'on est moins bons ici qu'ailleurs? Je ne dirais pas ça. Est-ce que les ressources sont là? Est-ce que le partenariat entre les familles d'accueil, l'établissement et le ministère qui doit envoyer de l'aide financière à tout ce monde-là, est-ce que tout est fait? C'est là mon questionnement, mentionne-t-elle.

Les employés de la DPJ sont surchargés, ils manquent de formation et de soutien, selon le représentant pour les centres jeunesse à Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Steve Garceau.

Quarante intervenants en protection de la jeunesse ont quitté nos services uniquement dans la dernière année parce que la pression était trop élevée, dit-il.

Une enquête a été déclenchée par la Commission des droits de la personne et de la jeunesse en janvier 2017 pour faire la lumière sur les services offerts aux enfants placés en famille d'accueil en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Cette enquête a été lancée dans la foulée d’un autre jugement sévère de la juge Marie-Josée Ménard à l’endroit de DPJ de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Elle reprochait à l’organisme d’avoir laissé des enfants dans une famille d’accueil où ils étaient victimes d’abus pendant deux ans.

L'enquête devrait se terminer d'ici la fin 2018.

Avec les informations de Marie-Pier Bouchard

Mauricie et Centre du Québec

Enfance