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Voyager 2 sur le point de quitter le système solaire

Représentation artistique de la sonde Voyager 2 dans l'espace.
Représentation artistique de la sonde Voyager 2 dans l'espace. Photo: NASA
Radio-Canada

Les responsables de la sonde spatiale Voyager 2 de la NASA ont détecté une augmentation des rayons cosmiques dans son environnement, ce qui signifie qu'elle se trouverait maintenant à l'extrémité du système solaire.

Un texte d'Alain Labelle

À l'heure actuelle, la sonde serait à environ 17,7 milliards de kilomètres de la Terre et sur le point d’entrer dans l’héliogaine, une région située au-delà du choc terminal et qui est l’endroit de l'héliosphère où la vitesse du vent solaire diminue en deçà de la vitesse du son (par rapport au Soleil) à cause de l'interaction avec le milieu interstellaire.

Lancée le 20 août 1977, cette sonde est actuellement située à plus de 118 fois la distance de la Terre au Soleil.

Illustration montrant où se trouvent les sondes Voyager.Agrandir l’imageIllustration montrant où se trouvent les sondes Voyager. Photo : NASA

Le saviez-vous?

  • Les deux sondes Voyager ont été lancées à un mois d'intervalle en 1977 et fonctionnent toujours;
  • Au départ, ce programme d'exploration avait pour objectif d'étudier les planètes du système solaire. Voyager 1 et 2 ont survolé Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune ainsi que 48 de leurs lunes;
  • Les données recueillies par les neuf instruments des sondes en font la mission d'exploration du système solaire la plus fructueuse, scientifiquement, de toute l'histoire spatiale.

Depuis 2007, Voyager 2 traverse la couche qui se situe le plus à l'extérieur de l'héliosphère, cette bulle qui entoure le Soleil et les planètes et qui est dominée par les champs magnétiques.

Les scientifiques de la NASA suivent la sonde et s’attendent à ce qu’elle atteigne la limite extérieure de l'héliosphère, connue sous le nom d'héliopause, dans les prochains mois, voire les prochaines années.

Lorsqu’elle l’atteindra, elle deviendra le deuxième objet de fabrication humaine à entrer dans l’espace interstellaire après sa jumelle Voyager 1.

C’est grâce à un instrument chargé sur Voyager 2, le Cosmic Ray System (CRS), qui mesure le rayonnement cosmique, que les scientifiques en sont arrivés à cette conclusion. Ce rayonnement a augmenté d’environ 5 % depuis le début d’août. Les données recueillies à l’aide d’un autre de ces instruments toujours en activité (Low-Energy Charged Particle instrument, LECP) confirment l’estimation.

Les rayons cosmiques sont des particules qui se déplacent rapidement et qui proviennent de l'extérieur du système solaire. Certains de ces rayons sont bloqués par l'héliosphère qui l’entoure, si bien que les responsables de la mission s'attendaient à ce que Voyager 2 mesure une augmentation du taux de rayons cosmiques à mesure qu'ils s'approchent et traversent cette ultime frontière.

Déjà, en mai 2012, sa jumelle Voyager 1 avait détecté une hausse similaire du rayonnement alors qu’elle atteignait la limite de l’héliopause, cette frontière qui sépare notre système de l’espace interstellaire.

Ce n'est qu'en 2013, après avoir débattu de la question pendant plus d'un an, que l'ensemble de la communauté scientifique s'accordait à affirmer que la sonde Voyager 1 avait finalement quitté notre système pour devenir le premier objet conçu par l'humain à entrer dans l'espace intersidéral.

Différents itinéraires

La NASA estime que ces changements dans le rayonnement ne signifient pas nécessairement que la sonde est sur le point de traverser l'héliopause.

Voyager  2 ne suit pas le même chemin que Voyager 1 puisqu’elle se trouve à un endroit différent dans l’héliosphère. Bien qu’elle soit sur le point de traverser la frontière que représente l’héliopause, le temps qu’elle prendra pour réaliser cette étape pourrait ainsi être différent.

Voyager 2 s'approche de cette frontière six ans après Voyager 1, ce qui est conforme aux estimations de la NASA, car la sphère d’influence de cette région se déplace pendant le cycle d'activité de 11 ans du Soleil.

À partir de 2020, les scientifiques pensent qu'ils devront commencer à éteindre les instruments des sondes et que vers 2025, elles n'auront plus du tout d'énergie et entreront dans le silence interstellaire.

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