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Les cliniques privées qui offrent des traitements de méthadone critiquées

Un liquide rouge qui représente 35 mg de méthadone dans un gobelet de plastique.

Un dose de 35 mg de méthadone, utilisée dans le traitement de la dépendance aux opioïdes.

Photo : Associated Press / Kevin D. Liles

Radio-Canada

Les cliniques privées des Ontario Addiction Treatment Centres (Centres de traitement des dépendances de l'Ontario, OATC), ces centres qui offrent un accès rapide à des médecins et à des traitements de méthadone à ceux qui se heurtent à des problèmes de dépendance aux opioïdes, sont mises à mal par certains médecins.

Selon le Dr Meldon Kahan, directeur médical du service de toxicomanie du Women's College Hospital à Toronto, ces centres n’offrent pas le soutien requis pour qu’un traitement à la méthadone réussisse.

Il y a 70 centres de l’OATC un peu partout dans la province. Ceux-ci traitent environ 15 000 patients chaque année. Dans ces cliniques, des médecins et des spécialistes discutent du traitement et surveillent les doses prescrites.

Le Dr Kahan, qui a également été coprésident d'une commission consultative sur le traitement à la méthadone pour le gouvernement de l'Ontario, affirme que le traitement à la méthadone n’est que le premier pas sur la longue et ardue route vers la rémission pour ceux qui présentent de sérieuses dépendances. Il allègue que ces cliniques privées n’ont que leurs profits à cœur.

Il affirme que de nombreuses cliniques facturent des frais généraux élevés aux médecins, ce qui peut les inciter à voir plus de patients afin de générer davantage de revenus.

Le Dr Kahan rappelle que certains médecins travaillant dans ces cliniques « font un excellent travail » et passent suffisamment de temps avec leurs patients pour répondre à leurs besoins, ce qui n'est pas le cas de la majorité.

« C'est tout à fait déplorable d'avoir un modèle de soins qui ne sert pas les patients ou le public en général », a-t-il déclaré en entrevue à CBC Thunder Bay.

Portrait du docteur sur fond blanc.

Le docteur Meldon Kahan critique vivement les centres de traitement de la toxicomanie privés qui ont fleuri dans la province.

Photo : Soumise par Meldon Kahan

La Dre Corinna Chung, médecin de famille de Thunder Bay spécialisée dans le traitement de la toxicomanie, a déclaré que la méthadone constitue un point de départ, utilisé pour donner aux toxicomanes un « répit » afin de pouvoir ensuite s'attaquer aux problèmes qui ont conduit à la toxicomanie.

« Habituellement, une fois qu'ils reçoivent une dose stable de méthadone, ils peuvent se tourner vers des traitements plus précis, retourner à l'école ou rétablir les relations qui ont souvent été endommagées pendant les périodes de toxicomanie. »

Mais la plupart des patients qui fréquentent des cliniques de traitement privées ne bénéficient pas de ce niveau de soins, selon le Dr Kahan.

Il estime que chaque patient d'une clinique privée rapporte en moyenne quelques milliers de dollars par an. Le fait qu’une société américaine, Baymark Health Services, basée au Texas, ait acheté les OATC plus tôt cette année montre à quel point ils sont rentables, dit-il.

« C'est vraiment un système horrible », affirme-t-il. Il ajoute que ces cliniques ont un taux de rétention des patients de 50 % ou moins - un taux qu'il considère comme inacceptable.

Selon lui, lorsque les patients arrêtent de prendre de la méthadone, ils sont plus susceptibles de recommencer à consommer des opioïdes illégalement, ce qui les expose à un risque élevé de surdose.

Mais le docteur David Marsh, directeur médical en chef des Centres de traitement des toxicomanies au Canada (CATC) et professeur spécialisé en toxicomanie à la Faculté de médecine du Nord de l'Ontario, a déclaré que le fait que son entreprise soit à but lucratif ne compromet en rien les soins prodigués aux patients.

« Notre objectif est d'offrir la meilleure qualité de soins possible. Il ne s'agit en aucun cas d'une recherche de profit. Il s'agit simplement de veiller à facturer suffisamment pour couvrir les coûts de gestion des cliniques », a déclaré le Dr Marsh à CBC News.

Les médecins des cliniques sont payés par le gouvernement ontarien, comme tout autre médecin spécialisé de la province, et il leur appartient de déterminer combien de patients ils désirent voir chaque jour et combien de temps il faut consacrer à chaque personne, dit-il.

Le Dr Marsh rappelle que la province traverse une crise de toxicomanie liée à la consommation d’opioïdes et que bien des gens sont incapables d’obtenir un quelconque traitement à l’aide des réseaux de soins traditionnels. Il affirme que son entreprise remplit un besoin criant auquel la province ne peut subvenir.

« Je serais très heureux si plus de médecins de famille commençaient à prescrire de la méthadone et que nous disposions de différents cadres de traitement pour les patients, en fonction de leurs besoins », affirme le Dr Marsh.

Mais le Dr Kahan rappelle que les patients qui ont du mal à trouver un médecin de famille devraient se rendre aux cliniques de traitement de la toxicomanie à accès rapide. Deux ont récemment ouvert leurs portes à Thunder Bay. Selon le Dr Kahan, les patients y recevront de bien meilleurs soins que les « soins sous-optimaux » dispensés par les cliniques privées.

Avec les informations de CBC News

Crise des opioïdes

Santé