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Du quinoa biologique à La Malbaie

champ de quinoa

Les Belles récoltes cultive 0,8 hectare de terre de quinoa biologique.

Photo : courtoisie : Les Belles récoltes

Radio-Canada

Il y a cinq ans, Stéphane Dufour n'avait aucune idée de ce qu'était le quinoa. Aujourd'hui, il cultive des centaines de kilos de cette pseudo-céréale qu'il devrait mettre en marché dans la prochaine année.

Un texte de Marie Maude Pontbriand

L'année 2013 a été déclarée « Année internationale du quinoa » par l'Organisation des Nations unies. C'est à ce moment que Stéphane Dufour, copropriétaire des Belles récoltes de Charlevoix, a fait connaissance avec cette plante venue d'Amérique du Sud.

Pourquoi pseudo-céréale ?

Parce que le quinoa ne fait pas partie de la famille des graminées, mais bien de la famille des chénopodiacées, comme les épinards et les betteraves.

Son premier essai, réalisé à l'été 2016, a été un échec, les plants ont poussé, mais n'ont rien produit.

« Au Québec, il n’y a aucune expertise sur le quinoa, que ce soit la MAPAQ, les universités, les chercheurs, personne ne peut nous aider. Moi, je trouvais trop hâtif d'abandonner après la première année », souligne celui qui était convaincu que Charlevoix pouvait être un endroit adapté à cette culture. »

Le quinoa cultivé à La Malbaie dans Charlevoix.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le quinoa cultivé à La Malbaie dans Charlevoix.

Photo : courtoisie : Les Belles récoltes

La plante demande un climat frais et un sol bien drainé. Malgré les grandes chaleurs qui se sont abattues sur le Québec cet été, Stéphane Dufour a récolté un peu plus de 500 kilos de quinoa.

Une fois les grains séchés, il devra les nettoyer pour enlever la saponine, une substance amère produite par la plante pour se protéger des insectes.

Qu'est-ce que la saponine ?

La saponine est une substance amère, d'apparence savonneuse, produite par la plante et qui peut être retirée par une laveuse écaleuse. À la fin, certains producteurs de quinoa utilisent aussi une polisseuse à riz pour s'assurer que toute la saponine a été retirée. La présence de saponine sur les grains risque de rebuter les consommateurs en raison de l'amertume.

Source : Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec

Avant de mettre en marché son quinoa, Stéphane Dufour va sélectionner une partie des grains pour semer son champ l'été prochain.

« Un défi du quinoa, c'est qu'on n'a pas de semence de disponible. Qu'est-ce qu'il y a de disponible au Canada, c'est des variétés privées. Le meilleur qu'on pourrait faire, ce serait d'être un multiplicateur pour les propriétaires de cette variété-là. Alors nous, on a travaillé avec des variétés qui sont libres de droits. »

Il utilise trois variétés de quinoa. Ses semences proviennent du Chili et deux sont développées par l'Université de l'Oregon.

Une fois les semences sélectionnées, il souhaite ensacher le reste des grains pour les vendre dans Charlevoix. « Un quinoa qui n'aura pas fait des milliers de kilomètres et qui est produit par des gens de chez nous sur nos terres. » Le tout en culture biologique.

L'avenir

Stéphane Dufour rêve de développer un procédé de désaponification à grande échelle qui lui permettrait de produire davantage de quinoa.

Le producteur consacre actuellement 0,8 hectare de terre à cette culture. Il aimerait un jour cultiver le quinoa sur une superficie de 40 hectares.

« On serait capable de répandre ça à travers la Belle Province. »

D'autres essais sont en cours dans plusieurs régions du Québec, dont l'Abitibi-Témiscamingue, Chaudière-Appalaches, l'Outaouais, le Centre-du-Québec, l'Estrie, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Lanaudière et la Montérégie.

Le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec compte sur les résultats de ces essais pour valider le potentiel de production du quinoa au Québec.

Québec

Agro-industrie