•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies démissionne

Nikki Haley, la main sur le coeur, remercie le président Trump.

Donald Trump écoute Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis à l'ONU, qui quittera son poste à la fin de l'année.

Photo : La Presse canadienne / Evan Vucci/AP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Donald Trump a accepté la démission de Nikki Haley, l'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies (ONU). Elle quittera son poste à la fin de l'année, mais son successeur devrait être nommé d'ici deux à trois semaines.

S'exprimant devant des journalistes dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, avec à ses côtés Nikki Haley, le président a salué l'« incroyable travail » qu'elle a effectué aux Nations unies, sans donner les raisons de son départ.

« C'est une personne de haut calibre, qui comprend ce qui se passe », a dit le président en ajoutant qu'elle allait lui « manquer ».

Il a précisé qu'elle l'avait informé il y a six mois qu'elle voulait quitter son poste et il a souhaité qu'elle revienne un jour dans son administration dans une autre fonction.

Haley et Trump assis devant le foyer du bureau ovale à la Maison-Blanche.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'ambassadrice sortante des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley en discussion avec le président Trump.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Souvent pressentie comme candidate républicaine possible à la présidentielle de 2020, Nikki Haley a pour sa part assuré ne pas vouloir se présenter dans deux ans.

Après avoir encensé l'administration Trump pour avoir fait des États-Unis un « pays meilleur », elle a ajouté qu'elle ferait campagne pour la réélection du président.

« Les États-Unis sont désormais respectés. Tous les pays ne nous aiment pas, mais au moins ils nous respectent et comprennent que le président est sérieux. »

— Une citation de  Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis aux Nations unies

Dans sa lettre de démission, elle précisait qu’elle ne serait « sûrement pas candidate pour tout poste électif en 2020 ».

Plus tôt dans la journée, M. Trump avait tweeté qu'il allait faire une « grosse annonce » concernant Mme Haley.

Ce départ s’ajoute à ceux de Gary Cohn, le principal conseiller économique de Donald Trump, de Steve Bannon, conseiller stratégique, ou encore à celui de Tom Price, secrétaire à la Santé de la Maison-Blanche.

L'ancienne gouverneure de la Caroline du Sud avait été nommée à l'ONU quatre jours après l'investiture de M. Trump.

Ivanka Trump serait « la plus compétente » pour ce poste

En soirée, Donald Trump a précisé que cinq personnes figuraient sur sa courte liste de candidats pour le poste d'ambassadeur à l'ONU. Il a fourni un seul nom, celui de son ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale, Dina Powell. Celle-ci avait quitté son poste après un an.

Interrogé sur la candidature possible de l'ambassadeur américain en Allemagne, Richard Grenell, dont le nom a été évoqué par des médias américains, le président a répondu qu'il préférerait le maintenir dans sa fonction actuelle parce qu'il y faisait « un si bon travail ».

Plus tôt, le président Trump a évoqué le nom de sa fille Ivanka. « Elle serait de la dynamite », a-t-il lancé.

« Je pense qu'Ivanka serait incroyable, mais ça ne veut pas dire que je la choisirais, parce qu'on m'accuserait de népotisme même si je ne suis pas sûr qu'il y ait quelqu'un de plus compétent au monde », a-t-il affirmé.

La fille du président, qui agit déjà auprès de lui à titre de conseillère, a écrit sur Twitter qu'elle ne succéderait pas à Nikki Haley.

Washington a davantage fait cavalier seul à l'ONU

Sous l'impulsion du président Trump et de Nikki Haley, les États-Unis ont multiplié à l'ONU les décisions s'éloignant du multilatéralisme et ont poussé fortement à une réforme de l'organisation, jugée trop bureaucratique et dispendieuse.

Washington a notamment engagé une rupture avec les positions traditionnelles des Nations unies dans le conflit israélo-palestinien, se retirant d'agences comme l'Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) – jugée anti-israélienne –, ou supprimant ses versements à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Nikki Haley a aussi supervisé la sortie des États-Unis du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, en le qualifiant par ailleurs de « plus grand échec de l'organisation ».

En plus d'un an et demi à l'ONU, son fait de gloire reste d'avoir uni le Conseil de sécurité à trois reprises, en 2017, pour imposer des sanctions économiques sans précédent à la Corée du Nord.

Elle s'est aussi rendue sur le terrain, en Israël, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo et en Amérique latine.

Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis aux Nations unies.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis aux Nations unies

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Lors de la toute dernière Assemblée générale des Nations unies, Nikki Haley n'avait ainsi pas hésité à se mêler à des manifestants sud-américains dans la rue, près de l'ONU, en utilisant même un mégaphone pour réclamer la démission du président vénézuélien.

Sur la politique étrangère, elle avait le champ libre, pouvait-on entendre dans les couloirs feutrés de l'ONU.

Ces derniers mois cependant, avec de nouveaux poids lourds entrés au gouvernement comme Mike Pompeo aux Affaires étrangères et John Bolton à la Sécurité nationale, Nikki Haley avait perdu de l'influence et de son aura.

Lors du récent débat sur l'élection du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, Nikki Haley avait fait entendre sa voix pour souligner l'importance d'être à l'écoute de ses victimes présumées.

Lorsque le New York Times avait publié une lettre anonyme discréditant la capacité à gouverner de Donald Trump, elle avait réagi.

« Je ne suis pas d'accord avec le président sur tout. En cas de désaccord, il existe un bon moyen et un mauvais moyen de le régler. Je prends le téléphone pour l’appeler ou je le rencontre en personne », avait-elle dit, ajoutant qu’il était à l’écoute.

L'ONU pas avertie

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exprimé sa « reconnaissance » pour « l'excellente coopération » dont a fait preuve l'ambassadrice démissionnaire américaine Nikki Haley, a indiqué un porte-parole.

Celui-ci a précisé que son patron et les services chargés du protocole à l'ONU avaient appris la nouvelle par les médias.

Stephen Pomper, directeur du programme américain à l’organisation International Crisis Group, estime quant à lui que l’ambassadrice n’a pas particulièrement brillé durant son mandat. Il pense même qu’elle a amoindri le rôle des États-Unis à l’ONU.

« Je n'accorderais pas une note élevée à Nikki Haley. Oui, elle a aidé à préparer les sanctions contre la Corée du Nord, mais elle était aussi une force de division. Son champ d'action en matière de droits de l'homme était très sélectif et donc beaucoup moins bénéfique qu'il aurait pu l'être », dit-il.

De son côté, Ashish Pradhan, analyste auprès de l'ONU pour la même ONG, dit qu'elle a perturbé le statu quo. « Ses relations avec de nombreux homologues ont parfois été glaciales. Elle avait en revanche de bonnes relations de travail avec Antonio Guterres. Désormais, la crainte est de savoir si son remplaçant adoptera une ligne encore plus dure contre l'ONU », ajoute-t-il.

Avec les informations de Reuters, Axios, et Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !