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Comment savoir si vos aliments viennent bien d’ici?

Une femme fait son épicerie au supermarché
Un supermarché Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Produit du Canada, préparé au Canada, importé par... Avec le nouvel accord économique entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, la provenance des aliments apparaît plus que jamais comme un critère d'achat important pour les consommateurs canadiens. Voici comment s'y retrouver.

Un texte d’Alain Roy, de L’épicerie

L’affichage de la provenance des aliments est généralement assez clair pour les fruits et les légumes. Que ceux-ci soient emballés ou en vrac, le règlement actuel exige qu’une étiquette indique la provenance du produit. S’il est importé, le pays d’origine doit apparaître sur la tablette ou sur son emballage.

Pour les viandes, l’affichage de la provenance est moins transparent. « Si on vend une carcasse de bœuf qui vient d’un autre pays, oui, la provenance doit être affichée, mais on trouve rarement des carcasses entières à l’épicerie », explique Aline Dimitri, chef adjointe de la salubrité des aliments à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

« Lorsqu’une carcasse de porc ou de bœuf est importée entière puis découpée au Canada, c’est une transformation faite ici, donc il n’y a pas d’obligation d’indiquer que c’est un produit importé », explique-t-elle.

On voit en gros plan un sac de pommes. Sur le sac est écrit « Produit du Canada ». Pour les fruits et les légumes, l'affichage de la provenance est clair. Photo : Radio-Canada

L’affichage du pays d’origine est obligatoire seulement lorsque le produit entre au Canada déjà emballé et prêt à la vente au détail, comme c’est parfois le cas pour l’agneau, par exemple.

Ce principe de la réglementation s’applique aussi sur les produits transformés. Pour une étiquette qui indique « Produit du Canada », c’est très clair. Cependant, de nombreux aliments sont transformés ici à partir d’ingrédients ayant des origines différentes. C'est le cas, par exemple, d'une sauce pour les pâtes.

« Si cette sauce est entièrement fabriquée et emballée dans un autre pays, l’étiquette doit indiquer le pays d’où elle vient. Mais si elle est fabriquée ici avec de la viande venant des États-Unis et des tomates d’Italie, par exemple, l’étiquette peut indiquer "Préparé au Canada" », explique Mme Dimitri.

On voit en gros plan un gigot d'agneau emballé, destiné à la vente en épicerie. On peut lire « produit de Nouvelle-Zélande ».Le pays d'origine doit être affiché sur une pièce de viande produite et emballée à l'étranger. Photo : Radio-Canada

On comprend la logique : pour une purée de bananes « Préparée au Canada », les bananes sont de toute évidence importées puis mises en purée et emballées ici. Il n’y a pas de surprise. Pour un jus de pomme d’une marque locale réputée, la mention « Préparé au Canada » surprend. Elle sous-entend que le produit contient des ingrédients importés. Étonnant pour un jus de pomme – ressource abondante ici – que certains de ses ingrédients proviennent d’Europe ou d’Asie, sans savoir d’où exactement.

Dans un tel cas, la réglementation permet en effet au fabricant de ne pas indiquer la provenance des ingrédients, mais prive le consommateur d’une information qui peut être importante pour lui comme critère d’achat.

« Si un consommateur veut absolument manger un produit 100 % canadien, il doit chercher l’étiquette dont le libellé indique "Produit du Canada", précise Mme Dimitri. Pour le reste, toutes les combinaisons sont possibles. »

On voit en gros plan la mention « Préparé au Canada » sur l'emballage d'un jus de pomme de marque Oasis.La mention « Préparé au Canada » sous-entend que le jus contient des ingrédients importés. Photo : Radio-Canada

En résumé, à part les produits frais et transformés dont la provenance canadienne ou étrangère est sans équivoque, l’étiquette de nombreux aliments emballés ou transformés au Canada à partir d’ingrédients importés n’indique généralement pas de quel pays ceux-ci proviennent.

Les logos Aliments du Québec et Aliments préparés au Québec s’inscrivent dans la même logique. Un « Aliment du Québec » doit contenir un minimum de 85 % d'ingrédients originaires de la province alors qu’un « Aliment préparé au Québec » peut contenir des ingrédients importés sans qu’on en précise la provenance.

Sur un logo on lit Aliments du Québec et sur l'autre on lit Aliments préparés au Québec.Les deux logos se ressemblent, mais il faut se fier à l'inscription. Photo : Aliments du Québec

Et les produits laitiers?

Avec l’Accord États Unis-Mexique-Canada, la question des produits laitiers occasionne pour les consommateurs les mêmes interrogations relatives à leur provenance. Si un produit est le moindrement transformé, par exemple, par l’ajout de substances laitières ou de protéines de lait, les libellés « Préparé au Canada » et « Aliment préparé au Québec » sous-entendent que certains ingrédients proviennent d’ailleurs. En l’occurrence, possiblement des États-Unis.

Par déduction, les consommateurs qui ne veulent consommer que des produits canadiens doivent chercher les produits dont l’étiquette ne laisse place à aucune ambiguïté sur leur provenance.

Les Canadiens peuvent également choisir de se fier aux logos de certains regroupements, comme les Producteurs laitiers du Canada, qui assurent garantir la provenance des produits qui l’affichent.

Des logos qui illustrent un produit laitier fabriqué au CanadaÀ gauche, l'ancien logo et à droite, le nouveau logo des Producteurs laitiers du Canada Photo : Radio-Canada

Le reportage de Caroline Gagnon et de Denis Gagné est diffusé à l’émission L’épicerie, mercredi, à 19 h 30, à ICI Radio-Canada Télé.

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