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« À l’ère de Trump, les faits doivent primer » : Hector Bremner, candidat à la mairie de Vancouver

Hector Bremner sur le bord de la plage.
Hector Bremner dit avoir vécu dans plus de 10 municipalités pendant son enfance. Photo: Radio-Canada / Alexandre Lamic
Radio-Canada

Après que la NPA (Non-Partisan Association) a refusé à Hector Bremner de se présenter en son mon comme candidat à la mairie, celui-ci a décidé de fonder son parti pour les élections municipales : YES Vancouver. Voici un extrait de notre entretien.

Un texte d'Anaïs Elboujdaïni

Tout comme deux des candidats interrogés par Radio-Canada, Hector Bremner fixe son rendez-vous sur une des nombreuses plages de Vancouver. Il choisit Third Beach, en lisière du parc Stanley.

Que représente cette plage pour vous?

Elle prouve que Vancouver est un joyau. Nous sommes au coeur de la nature tout en étant à quelques pas d’une ville en pleine ébullition. Mon épouse et moi venons ici depuis des années pour nous ressourcer. Regardez le parc Stanley : il aurait pu être complètement rasé par le développement immobilier, mais des leaders ont pris une décision courageuse dans le passé et nous ont laissé un parc magnifique en héritage.

Vous avez été récemment élu comme conseiller municipal dans le cadre d’élections partielles. Pourquoi ce saut rapide pour tenter d'obtenir le poste de maire?

Parce que je suis fatigué de voir le même petit groupe s’échanger le trône. Ce petit jeu ne nous permet pas de faire avancer les dossiers importants comme le logement. Il faut arrêter d’être idéologique : mon parti veut travailler avec les candidats de tous les partis politiques.

Hector Bremner répond aux questions de la journaliste sur le bord de la plage, on voit un bout de caméra dans la photo.Le candidat à la mairie de Vancouver se présente sous la bannière d'un parti qu'il a créé, Yes Vancouver. Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

En trois ans, l’itinérance a grimpé de 30 % dans les rues de notre ville. Je vous jure qu’il y a des municipalités du Grand Vancouver qui ont relevé le défi et éliminé l’itinérance. C’est la raison pour laquelle mon parti s’appelle YES (Oui), parce que oui, nous pouvons changer les choses en cessant de jouer à la petite politique.

Vous dites vouloir dépasser les jeux politiques et travailler avec les candidats de tout l’échiquier politique, mais le NPA n’a pas voulu que vous soyez leur candidat à la mairie.

Ce sont quelques bonzes et certains donateurs qui s’opposaient à ma candidature. Au lendemain de ce refus du NPA, j’ai organisé une rencontre où 40 personnes se sont présentées. Nous sommes un très jeune parti et, déjà, nous attirons énormément l’attention.

Nous sommes aussi dans une époque de division, avec le Brexit, Trump. À l’ère de Trump, les faits doivent primer. Mon parti met de l’avant un plan et nous proposons de nous mettre au travail.

Vous avez publié une quarantaine de pages sur la question du logement. Quelles sont vos propositions principales à ce sujet?

Il faut comprendre que les questions qui touchent à la culture, que la situation des sans-abri, des aînés, et que les questions de transport ne sont pas des questions séparées. Elles proviennent toutes d’une même source : une mauvaise planification urbaine.

Hector Bremner lors de la soirée des résultats des électionsHector Bremner du NPA a remporté l'élection municipale partielle à Vancouver l'an dernier avec 27,8 % des voix. Photo : Mark Marissen/Twitter

Notre développement est encore basé sur les relents d’un plan de 1927, qui promouvait des idées de classe et racistes.

Je veux saisir cette occasion et changer les choses : il faut densifier intelligemment. Je veux aussi mieux réglementer l'accès des promoteurs immobiliers aux changements de zonage.

Le parti au pouvoir depuis 10 ans voulait faire de Vancouver une ville verte. Quelle est votre position sur l'environnement?

Quelqu’un m’a dit un jour : « Penser intelligemment permet d’être vert, être vert ne rend pas nécessairement intelligent. » J’applaudis certaines des décisions de l’administration précédente. Oui, nous avons aboli les pailles en plastique. Or, nous n’avons pas de plans concrets pour rénover nos quartiers conçus principalement autour du transport automobile.

Je pense qu’en politique, il y a beaucoup de mascarade écologique.

Hector Bremner, candidat à la mairie pour le Parti Yes Vancouver

La solution : il faut construire une ville qui priorise les piétons, une ville favorable au transport en commun.

Il faut que notre ville soit intermodale. Parfois, je prends l’autobus, parfois ma voiture, parfois le vélo. Nous devons surmonter les divisions et donner le choix aux habitants dans les quartiers d’une pluralité de modes de transport.

La crise des opioïdes touche beaucoup de résidents de Vancouver. Que proposez-vous pour faire face à cette crise?

Il faut créer plus d’espaces où il est sécuritaire de consommer. Ainsi, les gens qui consomment ne seront pas seuls. Cette crise touche les résidents du Downtown Eastside, mais pas uniquement eux.

J'appuie la position de la province et sa poursuite contre les compagnies pharmaceutiques. Une autre solution? On revient encore au logement : je suis un grand défenseur de l’approche « logement d’abord ». Le problème, dans cette ville, c’est qu’il y a parfois des obstacles administratifs absurdes. Un promoteur immobilier m’a dit qu’il voulait offrir des logements pour qu’un organisme à but non lucratif loge des itinérants, mais il n'a pas pu en raison de la bureaucratie.

L’approche du « logement d’abord » vise à offrir aux personnes sans-abri un logement permanent sans conditions préalables, ainsi que du soutien et des services.

Que pensez-vous des nouvelles règles de financement politique municipal?

Ce n’est pas parce qu'on dépense plus d’argent qu'on va gagner. Je pense quand même que la province a fait un pas dans la bonne direction.

NDLR : Radio-Canada a rencontré quatre des 21 candidats à la mairie de Vancouver pour connaître leurs propositions.
Cette entrevue a été traduite, adaptée et raccourcie à des fins de publication.

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