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Les tricheurs ne pourront plus plaider l'ignorance à l'Université Laval

Pavillons de l'Université Laval.
Pavillons de l'Université Laval. Photo: Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin
Radio-Canada

Les étudiants de l'Université Laval qui succomberaient à la tentation de tricher pour un travail ou un examen ne pourront bientôt plus plaider qu'ils ignoraient les règles. En « étroite collaboration » avec les associations étudiantes, la direction lance aujourd'hui une vaste campagne de sensibilisation portant sur l'intégrité intellectuelle.

Un texte de David Rémillard

L’opération de communication prendra forme sur les réseaux sociaux et doit durer cinq semaines. En parallèle, l’Université Laval a ajouté une nouvelle section à son site Internet afin de rendre « plus accessible » sa réglementation sur les infractions relatives aux études.

Tous les étudiants, du baccalauréat au doctorat, sont ciblés par la campagne. Leurs associations étudiantes respectives seront mises à contribution.

Robert Beauregard, vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, affirme que cette démarche est réalisée « dans une perspective de formation ».

On veut être sûrs que les étudiants comprennent bien tous les détails de ce qui constitue une infraction. »

Robert Beauregard, vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes à l'Université Laval

M. Beauregard explique que les règlements disciplinaires sont aujourd’hui appliqués de manière plus systématique à l’Université Laval.

« Dans le passé, c’était un peu laissé au jugement de chaque faculté. Depuis quelques années, on a uniformisé. Comme ces procédures ont été appliquées de façon plus générale et avec plus de rigueur, on a pu voir une augmentation des cas », expose-t-il.

Plus de cas que par le passé

Le dirigeant se garde cependant de conclure que les étudiants trichent plus qu’avant même si les chiffres laissent présager que c'est le cas.

L'Université Laval a en effet recensé 212 cas d’infraction en 2016-2017. Ce nombre a triplé depuis 2012-2013, alors qu'on avait pris 71 tricheurs la main dans le sac.

Robert Beauregard, vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes de l'Université LavalRobert Beauregard, vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes de l'Université Laval Photo : Radio-Canada

En devenant plus rigoureuse, l’Université Laval a identifié une « lacune » en termes de formation. Les étudiants coincés semblaient ignorer les notions de base de l’intégrité intellectuelle, du plagiat à la citation des sources.

« On a eu des cas dans le passé où des étudiants nous disaient : ‘’Ce n’était pas clair que ce n’était pas légal de faire telle chose précise’’ », indique le vice-recteur.

Parfois, les gens viennent de différents horizons, que ce soit au Québec ou à l’international. La norme peut ne pas être la même partout. C’est pour ça qu’on fait une campagne

Robert Beauregard, vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes de l'Université Laval

Règlement modifié

Suivant cette même logique « pédagogique », l’Université Laval a modifié son règlement sur les infractions cette année et en 2016.

Si bien qu'aujourd'hui, un enseignant peut autoriser un étudiant à reprendre un examen ou un travail (complet ou en partie) s'il est pris en flagrant délit de tricherie. Auparavant, l’auteur d’une faute recevait un échec automatique.

« C’est l’enseignant qui va déterminer, selon les circonstances, si c’est admissible ou pas », souligne M. Beauregard.

L’ampleur de l'impair commis, le degré d’avancement de l’étudiant dans son cheminement scolaire et la crédibilité de ses explications seront alors pris en compte.

Si un sursis est accordé, ce qui devrait être plus facile à obtenir lors d’une « première offense » ou pour les nouveaux étudiants, ces derniers auront droit à de la formation afin de bien comprendre ce qu’ils ont fait de mal.

Un professeur peut toujours refuser de donner une seconde chance. « Ceci étant, on va appliquer nos règles de façon rigoureuse », insiste M. Beauregard, qui rappelle que l’expulsion demeure une option.

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