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Pleine à craquer, la Mission d’Ottawa inquiète à l’approche de l’hiver

Des dizaines de personnes dans une caféteria.
Des dizaines de personnes se sont rassemblées, lundi, pour le traditionnel dîner de l'Action de grâces à la Mission d'Ottawa. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Alors qu'étaient servis 3000 repas de l'Action de grâces à la Mission d'Ottawa, lundi, le refuge pour personnes itinérantes a sommé les candidats à l'élection municipale de s'engager à augmenter le financement pour les services aux sans-abri.

La Mission d'Ottawa demande à tous ceux qui se présentent pour un siège au conseil municipal le 22 octobre d'augmenter le financement pour qu'il reflète les vrais coûts de fournir ces services et pour prévenir que les gens à risque de devenir itinérants le deviennent.

Pendant l’hiver, le taux d’occupation moyen peut augmenter de 10 %. En fait, entre septembre 2017 et avril 2018, le taux d’occupation est toujours demeuré au-delà de 100 %, a noté le directeur de la Mission, Peter Tilley, dans un communiqué de presse. Il indique que le taux d’occupation pour la période 2017-2018 était de 104 %.

La situation s’est poursuivie pendant la nouvelle année fiscale. Depuis mai 2018, le taux d’occupation mensuel n’a jamais été en deçà de 100 %, a indiqué le directeur de l’organisme, qui qualifie la situation de sérieuse. La Mission répond à cette demande excédentaire en installant jusqu’à 20 matelas de sol dans sa chapelle.

Il y aura toujours un besoin pour les refuges, a soutenu M. Tilley, puisque des personnes affligées par des problèmes familiaux, de santé mentale, de toxicomanie ou financiers, et qui n'ont plus de toit, auront toujours recours à leurs services, selon lui.

Aider de la bonne façon

Plusieurs élus étaient sur place pour servir des repas aux personnes qui fréquentent la Mission d'Ottawa, lundi.

Parmi ceux-ci, la députée libérale fédérale d'Ottawa–Vanier, Mona Fortier, a indiqué qu'elle était favorable aux mesures qui priorisent le logement. Il faut qu’on trouve des façons de [soutenir] les besoins de la Mission d’Ottawa, en sachant qu’on travaille ensemble pour amener les gens vers une autre situation, qui est le logement d’abord, a-t-elle fait valoir.

La députée libérale fédérale d'Ottawa–Vanier, Mona Fortier, répond aux questions d'un journaliste à l'intérieur de la Mission d'Ottawa. La députée libérale fédérale d'Ottawa–Vanier, Mona Fortier, servait des repas à la Mission d'Ottawa, lundi. Photo : Radio-Canada

Même son de cloche pour le conseiller municipal du quartier Rideau–Vanier Mathieu Fleury. Bien qu'il reconnaisse l'importance des refuges et de leur octroyer un financement approprié, il priorise lui aussi d'offrir davantage de logements.

On peut prioriser certaines initiatives dans les refuges, mais il ne faut pas continuer à augmenter la capacité des refuges. Cet argent-là doit aller au niveau du logement, a-t-il dit.

La Mission d’Ottawa obtient environ 43% de son financement de la Ville d’Ottawa, près de la moitié provient de la Fondation de la Mission et près de 9% de ses fonds proviennent d’autres sources. Le financement de la Ville a augmenté de 7% dans les dernières années, atteignant presque 4 millions de dollars en 2017-2018.

Le nombre de personnes qui demandent une place dans les refuges d'Ottawa a augmenté de 7167 en 2016 à 7530 en 2017, une augmentation de 5,1 %.

Le froid, un adversaire coriace

Par ailleurs, Santé publique Ottawa rappelle que les personnes itinérantes sont les plus à risque de subir des blessures ou même la mort durant les grands froids hivernaux.

À moins 15 degrés, les gens sont à risque d’hypothermie et à moins 35 ou plus bas, la peau peut geler en aussi peu de temps que 10 minutes. La température minimale moyenne entre novembre 2017et mars 2018 à Ottawa était entre moins 14 et moins 30.

Avec des prévisions voulant que l’hiver qui vient soit très froid, je suis inquiet pour nos clients.

Peter Tilley, directeur de la Mission d'Ottawa

L’hiver dernier, nous avons eu des températures brutalement froides pendant des semaines, ce qui peut mettre la vie de nos clients à risque. Nous avons la capacité de répondre à la surcharge de demande avec les matelas de sol, mais ce n’est pas une solution à long terme, a fait valoir M.Tilley.

Avec les informations de Stéphane Leclerc et Antoine Trépanier

Ottawa-Gatineau

Pauvreté