•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Jair Bolsonaro, candidat à la présidence du Parti national social libéral (NSBP), salue ses partisans alors qu'un membre de son équipe de sécurité le conduit, dans le quartier de Ceilandia, au Brésil, le mercredi 5 septembre 2018.

Jair Bolsonaro, ancien capitaine d’armée, provocateur au verbe enflammé, nostalgique de la dictature, est devenu le favori des pronostics.

Photo : The Associated Press / Eraldo Peres

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Environ 147 millions de Brésiliens sont aujourd'hui appelés aux urnes pour le premier tour de l'élection présidentielle qui divise le pays et pourrait mener au pouvoir un candidat flirtant avec le fascisme, dont la popularité ne cesse de croître.

La popularité de Jair Bolsonaro, du Parti social-libéral (PSL), admirateur avoué de la dictature militaire de 1964 à 1985, a récemment connu une poussée marquée.

La tentative d’assassinat dont il a été victime et dont il s’est par la suite remis a permis de faire mousser sa candidature controversée.

À la veille de l’élection, deux des principales maisons de sondages, Ibope et Datafolha, donnaient 36 % à Bolsonaro.

Le populiste fait face à Fernando Haddad, à qui les sondeurs accordent 22 % des intentions de vote. Représentant le Parti des travailleurs (PT), il a remplacé à sa tête l’ex-président Lula, dont il était le colistier.

Fernando Haddad arrive au siège de la Police fédérale, où l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva est emprisonné, à Curitiba.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Luiz Inacio Lula da Silva a finalement décidé que le moment était venu de passer le relais à son colistier Fernando Haddad, mardi, plutôt que de risquer de voir les voix se portant sur celui-ci invalidées par le tribunal électoral si ce délai n'était pas respecté.

Photo : Reuters / Rodolfo Buhrer

La candidature de Lula, géant de la politique brésilienne emprisonné pour corruption, a été déclarée inéligible par un tribunal il y a un mois en dépit d'une recommandation de l'ONU.

Les sondages montrent que s’il pouvait se présenter, Lula permettrait au PT de remporter aisément le premier tour face à Bolsonaro.

Si aucun candidat n’atteint la majorité absolue (50 % +1) au premier tour d’aujourd’hui, les deux candidats les plus populaires s’affronteront dans trois semaines, le 28 octobre.

D'après Datafolha, les deux candidats se trouveraient au coude-à-coude pour un second tour. Ce pronostic illustre la popularité croissante de Bolsonaro, à qui on prédisait récemment une défaite nette à un deuxième tour éventuel.

À lire aussi :

Candidature extrême, appuis solides

Âgé de 63 ans, l’ancien officier militaire est connu pour ses déclarations misogynes, homophobes et sexistes. « Vous êtes si laide que vous n’êtes même pas digne d’être violée », a dit le candidat autoritariste à une députée de gauche.

Son conservatisme social, illustré par son hostilité marquée à l’égard de l’avortement, du mariage homosexuel ou la consommation de drogues, attire également l’appui massif de l’électorat évangéliste.

Il jouit d’une carrière exempte de scandales de corruption, un attrait pour beaucoup d’électeurs brésiliens, exaspérés par les scandales de corruptions majeurs associés, entre autres, à l’establishment de gauche.

Bolsonaro trouve un important appui chez les électeurs de la classe moyenne éduquée jugeant que le PT les a abandonnés au profit de la classe plus pauvre.

Il existe une division marquée entre le vote féminin et le vote masculin, ce dernier étant beaucoup plus favorable au candidat autoritariste et réactionnaire.

Des manifestantes, certaines le poing levé, d'autres avec des affiches anti-Bolsonaro.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestantes ont pris la rue aux quatre coins du Brésil pour dénoncer la candidature de Jair Bolsonaro.

Photo : Reuters / Stringer .

Les promesses de Bolsonaro

Très souvent comparé à Donald Trump, un politicien qu’il admire, Bolsonaro veut également faciliter l’accès aux armes à feu pour que les citoyens puissent se défendre contre les criminels.

Le candidat d’extrême droite et sa promesse de libéraliser l’économie plaisent également au milieu des affaires. Même si son programme économique reste encore très flou, Jair Bolsonaro a promis de procéder à des privatisations afin de réduire le déficit budgétaire du pays.

Le favori au premier tour se met ainsi en décalage complet avec la gauche brésilienne. Haddad, ancien maire de Sao Paulo, souhaite, de son côté, stimuler les investissements publics et s’oppose à la privatisation.

Le dauphin de Lula a critiqué Bolsonaro pour n'avoir pas pris part au débat télévisé de jeudi soir qui marquait la fin de la campagne. Bolsonaro a expliqué qu'il respectait les consignes des médecins après l'attaque qui aurait pu mettre fin à ses jours.

Bolsonaro veut « gagner au premier tour du scrutin sans avoir à débattre et cela est mauvais pour la démocratie », a dit Haddad.

« Nous avons la faculté de vaincre le danger que représente Bolsonaro pour les acquis sociaux, le civisme, la solidarité et le respect mutuel », espère-t-il aussi.

Les autres candidats

La campagne de Ciro Gomes du Parti démocratique travailliste, formation de centre gauche, n'a jamais vraiment pris son envol.

La popularité de l’écologiste Marina Silva, du parti REDE, a quant à elle périclité après des résultats prometteurs aux deux dernières élections.

L’effondrement du centre, notamment du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB) et de son candidat présidentiel Geraldo Alckmin, explique aussi cette course polarisée.

Les Brésiliens s’exprimeront également pour choisir les gouverneurs et les assemblées de 27 États, ainsi que les 513 députés de la Chambre basse et les deux tiers des 81 sénateurs.

Contrairement à la présidentielle, ces élections ne risquent pas de secouer le paysage politique du plus populeux pays d’Amérique du Sud.

Les premiers résultats devraient être annoncés en soirée grâce au système de vote électronique. Quelque 280 000 hommes assurent la sécurité des bureaux de vote dans ce pays très affecté par la violence.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !