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Un rassemblement en robe rouge pour les femmes autochtones à Winnipeg

Une dame d'âge moyen, vêtue de rouge s'exprime, le regard grave, à la caméra.

Candace Arrow a organisé le pow-wow sur le thème de la robe rouge dans un but de guérison, ayant elle-même failli faire partie des femmes autochtones disparues.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que les audiences de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones assassinées et disparues (ENFFADA) se sont terminées à Winnipeg, un pow-wow sur le thème de la robe rouge, devenue un symbole de ces tragédies, a eu lieu samedi dans la capitale manitobaine.

Un texte de Mathilde Monteyne

Un sourire éclaire le visage de Candace Arrow, alors qu’elle voit la salle de sport de l’école Lavallee, à Winnipeg, se remplir de dizaines de personnes à quelques minutes du début de l’événement.

Tandis que les danseurs revêtent leurs vêtements de plumes et qu’une bénévole recueille des dons pour les plus démunis, Candace Arrow se souvient que c’est en février qu’elle a eu l’idée d’organiser ce pow-wow.

Assises sur des chaises, des personnes autochtones, certaines déjà vêtues de leurs vêtements traditionnels, se changent, fouillent dans des sacs ou se passent une boisson.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les danseurs se préparent lors du pow-wow sur le thème de la robe rouge qui a eu lieu samedi à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Elle traversait alors elle-même un processus de guérison. « J’ai une histoire avec le traumatisme et l’abus et avec les personnes disparues. J’ai moi-même failli disparaître », confie-t-elle, la voix saccadée par l’émotion.

J’ai été une victime, je suis une survivante. Donc j’ai besoin de guérir.

Une citation de : Candace Arrow, organisatrice du pow-wow

Le meilleur moyen de guérir, dit-elle, c’est en revenant aux traditions. Si Candace Arrow a choisi le thème de la robe rouge, c’est en référence aux robes traditionnelles autochtones à clochettes destinées à guérir les esprits.

Quant au rouge, elle explique que c’est la couleur des Autochtones parmi les quatre couleurs qui représentent les êtres humains avec le noir, le jaune et le blanc.

Le symbole de la robe rouge n’est pas non plus sans rappeler le projet de l’artiste métisse de Winnipeg Jaimie Black. Son exposition The REDress Project, qui se trouve au Musée canadien pour les droits de la personne, veut rappeler l’absence de toutes ces femmes.

Pour Candace Arrow, la guérison passe aussi par la communauté.

S’unir pour guérir

Des hommes et des non-autochtones étaient aussi présents. Wade Siran est venu soutenir les femmes autochtones disparues, « pour montrer qu’on ne les a pas oubliées ».

Un jeune homme autochtone vêtu d'un chandail rouge s'exprime à la caméra. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Wade Siran explique que le rouge est une couleur importante dans la culture autochtone.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

C’est un moment douloureux pour les participants.

Je ressens la peine des gens.

Une citation de : Wade Siran, participant au pow-wow

Val Wood, une dame autochtone, affirme que les femmes doivent lutter pour survivre dans la société.

D’après elle, de nombreux abus sont liés à des traumatismes intergénérationnels, mais aussi aux traumatismes historiques du Canada. C’est ce qui rend la situation des femmes autochtones systémique, dit-elle.

Ce rassemblement a lieu alors que les audiences de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones assassinées et disparues se sont terminées vendredi à Winnipeg.

À l'issue des travaux, la commissaire Michelle Audette a déploré le manque de temps octroyé par le gouvernement pour mener son mandat à bien.

La commission devra mettre fin à ses activités au 30 juin 2019.

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