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Après le cannabis, la légalisation de toutes les drogues est demandée par des experts

Une trousse de naloxone.

La distribution de trousses de naloxone, un antidote aux effets des opioïdes, s'inscrit dans la stratégie prônée par les intervenants au congrès Stimulus : la réduction des méfaits.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À moins de deux semaines de la légalisation du cannabis, des experts de partout au pays se sont réunis à Edmonton pour discuter de l'avenir de l'encadrement des drogues. Un consensus émerge des conférences : la légalisation de toutes les drogues permettrait d'en réduire les méfaits.

Un texte de Simon-Pierre Poulin.

« Je ne suis ni médecin ni juriste », s’excuse Christelle Dusablon-Pelletier en ouvrant sa conférence, « mais j’ai une expérience sur le terrain ».

L’ex-toxicomane n’a pas l’habitude de parler en public, mais elle le fait aujourd’hui pour une cause bien précise : contester la réglementation canadienne en matière de drogue.

Sa conférence, sa première à vie, s’intitule : Ni coupable ni malade, un titre qui résume bien les critiques qu’elle porte au gouvernement.

Dans sa deuxième langue, la jeune intervenante sociale soutient que la dépendance à une substance est répandue et socialement acceptée dans toutes les sphères de la société citant comme exemple les drogues avec ordonnance médicale ou l’alcool. La punition de l’état pour la consommation de certaines de ces substances relève donc pour elle de « l’hypocrisie ».

La réponse de l’assistance est favorable à ses propos. La grande majorité des quelque 600 travailleurs sociaux, infirmiers et juristes présents à Edmonton dans le cadre du congrès Stimulus remettent en question, eux aussi, l’approche punitive de l’état pour les drogues. Ils plaident pour une autre stratégie : la réduction des méfaits.

« Si mon trip dans la vie c’est de sauter en bas d’une falaise, qu’est-ce que tu peux faire pour ne pas que je meure? Tu peux m’attacher. C’est de la prévention répressive. Mais un jour ou l’autre, je ne serai plus attaché et je sauterai à nouveau. L’autre stratégie, la réduction des méfaits, c’est plutôt de mettre une pile de matelas en bas ou d’installer un filet. »

— Une citation de  Christelle Dusablon-Pelletier, intervenante pour l'Association québécoise pour la Promotion de la Santé des personnes Utilisatrices de Drogues

La fin de la prohibition

Pour le juriste Richard Elliott, qui a animé lui aussi des conférences, un des principaux problèmes avec la législation actuelle, c’est qu’elle marginalise les personnes qui consomment et les empêche d’accéder aux soins dont ils ont besoin. Il plaide pour la légalisation de toutes les drogues.

« Comment l'État peut-il justifier cette violation de la liberté des personnes de contrôler leur corps et ce qu'ils mettent dans leur corps? Il n’y a pas de justifications et beaucoup de méfaits entraînés par la criminalisation des gens. »

— Une citation de  Richard Elliott, directeur général, Réseau juridique canadien VIH/sida

Pour lui, l’exemple de l’alcool est probant : la prohibition du siècle dernier n’a pas eu les résultats escomptés. « Mettre en application une prohibition coûte trop cher à la société, dit-il, il faut légaliser toutes les drogues ».

La réponse du gouvernement

La vice-première ministre de l’Alberta, Sarah Hofmann, a profité de l’évènement pour annoncer l’octroi de 5 millions de dollars à la clinique communautaire ARCH pour qu’elle puisse rejoindre les toxicomanes d'Edmonton à même la rue. Selon elle, la distribution gratuite de Naloxone initiée par son gouvernement a déjà sauvé 5000 vies.

Elle renvoie toutefois vers Ottawa le soin de réfléchir à un autre modèle de réglementation. La possibilité de la décriminalisation des drogues a été balayée par le gouvernement Trudeau, en dépit d’un vote à cet effet par les militants du parti libéral en avril dernier.

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