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Legault reste ferme sur les signes religieux

Entrevue avec François Legault, premier ministre désigné du Québec
Radio-Canada

Le premier ministre désigné du Québec, François Legault, reste ferme quant à sa volonté d'interdire aux employés de l'État québécois en position d'autorité de porter des signes religieux. En entrevue avec Patrice Roy, vendredi, il a également affirmé qu'il comptait, comme promis, remettre rapidement de l'argent dans le portefeuille des Québécois.

Un texte de Daniel Blanchette Pelletier

La Coalition avenir Québec a surpris tout le monde en ramenant à l’avant-plan le dossier des signes religieux au surlendemain de sa victoire électorale.

« Je crois qu’on a intérêt à mettre ça derrière nous rapidement dans la première année [de notre mandat] », a confié M. Legault à Patrice Roy.

François Legault a reçu l’animateur du Téléjournal 18 h dans son ancien bureau de chef du deuxième groupe d'opposition, qu’il libérera d’ici deux semaines pour intégrer celui de premier ministre.

Selon lui, il y a consensus au Québec pour que les employés de l’État en position d'autorité ne puissent pas porter de signes religieux. Hors de question pour le chef caquiste de faire une exception pour les enseignantes qui porteraient le voile, par exemple.

Sans être nécessairement congédiées, elles pourront se voir offrir un poste dans un bureau, répète-t-il, restant ferme sur sa position.

Pour nous, c’est clair. Les personnes en position d’autorité ne devront pas porter de signe religieux.

François Legault, premier ministre désigné du Québec

Cinq jours après sa victoire, l’horaire du premier ministre désigné est chargé.

En plus de son déménagement, il se rendra la semaine prochaine au sommet de la Francophonie, à Erevan, puis formera à son retour son conseil des ministres : un cabinet ministériel paritaire, formé d’une vingtaine de ministres choisis parmi les 74 élus de la Coalition avenir Québec.

Danielle McCann à la Santé?

« Je ne vous donnerai pas de scoop aujourd’hui », répond François Legault. Sans pour autant confirmer la nomination de Danielle McCann à cet important ministère, il évoque une responsabilité conjointe de la députée de Sanguinet avec ses collègues Lionel Carmant, auprès des jeunes, et Marguerite Blais, des aînés.

Le prochain gouvernement se mettra rapidement au travail, mais ne déposera pas de budget avant Noël, précise-t-il.

« C’est possible de mettre en place des mesures fiscales sans déposer un mini-budget », assure François Legault aux Québécois.

« On a pris des engagements sur les quatre ans, rappelle-t-il. Mais, il y a peut-être certaines mesures qu’on peut mettre en place tout de suite. Moi, je veux […] que les Québécois sentent que, oui, il y a de l’argent dans leurs poches. »

L'entrevue de Patrice Roy avec François Legault est diffusée à 17 h 30 à ICI RDI et à 18 h30  à ICI Télé.

Les deux hommes se parlent dans l'ancien bureau de François Legault.Le premier ministre désigné en entrevue avec Patrice Roy Photo : Radio-Canada / Nicolas Doyon

Priorités : économie, éducation et santé

Au-delà de l’épineuse question des signes religieux, le premier ministre désigné rappelle que ses priorités sont les mêmes que celles évoquées en campagne électorale.

François Legault maintient, par exemple, sa position sur les maternelles 4 ans.

« L’engagement qu’on a pris, c’est que, dans cinq ans, tous les enfants qui le veulent pourront avoir une place. Ça, ça ne change pas », promet-il.

Refusant d’admettre qu’il met de l’eau dans son vin, François Legault reconnaît qu'il devra, d'ici là, se tourner vers les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies pour veiller à dépister le plus tôt possible les enfants en difficulté d’apprentissage.

Il se dit choqué que des parents doivent attendre un an ou encore se tourner vers le privé pour obtenir des services, tout en reconnaissant qu’il n’est pas réaliste d’implanter la maternelle 4 ans du jour au lendemain.

« Est-ce que, dans les premières années, on pourrait faire une partie du travail dans les CPE, dans les garderies, plutôt que les maternelles 4 ans?, demande-t-il. Oui, je suis ouvert. »

Cela va de pair, selon lui, avec la valorisation de la profession d’enseignant, dont il souhaite augmenter la rémunération en supprimant les six premiers échelons salariaux. François Legault compte aussi embaucher des orthophonistes et des orthopédagogues supplémentaires.

« Ce n'est pas simple »

En santé, la priorité du gouvernement Legault sera de renégocier une entente avec les médecins de famille. Il rappelle que 60 % des patients qui se présentent à l’urgence devraient plutôt être traités par un médecin de famille.

Pourra-t-il le faire dans la prochaine année? Ce n’est pas simple, reconnaît-il.

« Ça suppose de revoir leur mode de rémunération », laisse-t-il tomber.

François Legault fait toutefois le calcul qu’en redirigeant ces patients hors des hôpitaux, il pourra ramener les temps d’attente à l’urgence à un maximum de 90 minutes d’ici la fin de son mandat de quatre ans.

La rémunération des médecins spécialistes est par ailleurs toujours au menu, mais il attendra l'étude comparative commandée par Québec sur leurs salaires avant de décider s'il faut déchirer ou non l’entente conclue par le gouvernement Couillard.

L’AEUMC, « pas bon pour nos agriculteurs »

Interrogé sur le nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), intervenu la veille du scrutin, François Legault juge qu’il n’était pas bon pour les agriculteurs québécois, en particulier les producteurs laitiers.

Il reconnaît cependant qu’une entente vaut mieux que pas d’accord du tout, étant donné la « balance commerciale très positive du Québec avec les États-Unis ».

François Legault rappelle toutefois que le texte final n’est pas encore disponible en français et que le Québec a des « possibilités de contestation judiciaire » à entrevoir avant de se résoudre à compenser financièrement le milieu agricole.

Une poignée de main a précédé l'entrevue entre François Legault et Patrice Roy.En entrevue avec Patrice Roy, François Legault a rappelé les priorités de son gouvernement. Photo : Radio-Canada / Nicolas Doyon

Le premier ministre désigné refuse en outre de dire s’il aurait congédié le commissaire de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière. Ce dernier a remis sa démission le 1er octobre.

François Legault répète toutefois qu’il souhaite que celui qui lui succédera à la tête de l'UPAC, le 2 novembre, soit appuyé par les deux tiers des députés à l’Assemblée nationale.

Politique