•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« L’ère du bipartisme est terminée au Québec », dit Québec solidaire

Manon Massé parle en conférence de presse, tous les députés élus de QS se tiennent derrière elle.
Les co-porte-parole Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois ont pris part à un premier caucus vendredi avec leurs députés nouvellement élus à l'Assemblée nationale. Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

Les députés élus de Québec solidaire (QS) ont participé à leur premier caucus, vendredi. Une réunion durant laquelle ils étaient visiblement émus, mais également combatifs, affirmant que l'Assemblée nationale se devait de reconnaître leur formation comme un groupe parlementaire officiel.

Un texte de Joëlle Girard

Pour obtenir ce statut, une formation politique se doit de faire élire un minimum de 12 députés ou d’obtenir au moins 20 % des voix dans l'ensemble de la province. Québec solidaire a fait élire 10 députés et a obtenu 16 % des voix. Un résultat que la formation estime suffisant pour se qualifier.

« On va travailler très, très fort pour obtenir le statut de parti officiellement reconnu à l’Assemblée nationale du Québec », a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS et député réélu de Gouin, en marge du caucus.

Les négociations n’ont pas encore commencé, mais c’est sûr qu’on va se battre pour l’obtenir, parce que le bipartisme est terminé au Québec. C’est un fait, et notre Assemblée nationale doit s’adapter à la nouvelle réalité.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS

Manon Massé, également co-porte-parole du parti et députée réélue de Sainte-Marie-Saint-Jacques, a adopté le même ton que son collègue en conférence de presse. « On est habitués à Québec solidaire, on défonce plusieurs portes, alors on va continuer », a-t-elle dit, faisant sourire les nouveaux députés qui se tenaient derrière elle pendant une conférence de presse à Montréal.

« Les discussions commencent à peine, mais on a de très bons arguments. […] Je suis confiante qu’on peut arriver à une entente avec l’Assemblée nationale. La démocratie du 21e siècle, ce n’est plus le bipartisme », a-t-elle lancé.

En 2014, les trois députés de Québec solidaire, Françoise David, Amir Khadir et Manon Massé, avaient réussi à être symboliquement reconnus comme appartenant à la même formation politique, mais n’avaient pas obtenu d'avantages concrets associés à ce statut. Cette reconnaissance leur avait simplement permis de ne pas siéger comme indépendants.

En 2009, l’Action démocratique du Québec (ADQ) avait obtenu le statut de groupe parlementaire, malgré l’élection de seulement sept députés, pour un total de 16 % du vote.

L’entente avait nécessité quatre mois de négociations ardues, octroyant au parti de Mario Dumont des budgets de recherche plutôt restreints comparativement à ce qu’un groupe reconnu obtient normalement.

Le Règlement de l’Assemblée accorde certains avantages aux groupes parlementaires, notamment dans l’attribution du temps de parole lors des débats et en commission. Un avantage considérable, puisque le temps de parole est la principale ressource d’un député dans le cadre des travaux parlementaires.

Les signes religieux, une priorité?

À l'occasion du caucus des élus de la Coalition avenir Québec (CAQ) plus tôt cette semaine, des députés élus ont mentionné que leur parti comptait mettre en oeuvre son engagement visant à interdire le port de signes religieux ostentatoires aux employés de l'État en situation d'autorité, y compris les enseignants.

Une fois l'éventuel projet de loi adopté, les employés qui refuseront de retirer leurs signes religieux lorsqu'ils sont au travail se verront offrir des mesures d'accompagnement pour trouver un autre emploi. S'ils refusent l'emploi offert après cette période de transition, ils feront « le choix de ne plus occuper leur emploi », avait expliqué la députée Geneviève Guilbault, mercredi.

Une position que Manon Massé a dit ne pas comprendre, d'autant plus que le chef de la CAQ, François Legault, a affirmé tout au long de la campagne électorale que sa priorité était l'éducation.

« Pendant la campagne, vous en avez entendu parler, vous, que c’était sa priorité qui fait que, dans les premières heures de son élection, il allait ouvrir [le débat] sur cette question? », a-t-elle demandé.

La porte-parole de QS a ensuite rappelé que le milieu de l’éducation souffrait d’un manque de main-d’œuvre pour ce qui est du corps professoral et que les infrastructures étaient en mauvais état.

Il n’a pas arrêté de réitérer que l’éducation, c’était majeur pour lui, c’était même primordial pour lui. J’ai l’impression qu’il n’a pas les priorités à la bonne place.

Manon Massé, co-porte-parole de QS

En matière de priorités, d’ailleurs, QS a profité de ce premier caucus pour rappeler que les siennes étaient celles de la réforme du mode de scrutin et des dossiers concernant l’environnement et les changements climatiques.

Politique provinciale

Politique