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Cinq enjeux en immigration francophone

Une femme tenant un microphone au milieu d'une salle remplie de personnes assises à des tables.

Quelques-uns des participants d'un sommet sur l'immigration francophone, à Sudbury.

Photo :  Réseau de soutien à l'immigration francophone du Nord de l'Ontario

Radio-Canada

Cette semaine à Sudbury, des représentants de plusieurs organismes francophones œuvrant de près ou de loin avec les nouveaux arrivants se sont réunis pour un sommet sur l'immigration francophone. Les discussions ont permis de faire ressortir cinq dossiers importants.

Un texte de Didier Pilon

1. Le français ou l'anglais, mais pas les deux

Les nouveaux arrivants ont accès à des cours de langue financés par le gouvernement du Canada. Toutefois, s’ils s’inscrivent au programme en anglais – le Language Instruction for Newcomers to Canada (LINC) – ils n’ont plus accès au programme en français – le Cours de langue pour les immigrants au Canada (CLIC).

Si un client choisit d’aller dans le cours LINC pour se préparer au marché du travail le plus vite possible, on ne peut plus lui offrir le cours CLIC, résume la directrice des Programmes et services en immigration du Collège Boréal, Suzanne Bélanger-Fontaine. Le gouvernement fédéral nous dit qu’il ne peut pas combiner les deux.

Ce que l’on souhaite voir dans le prochain appel d’offres, c’est l’opportunité de maintenir et d’approfondir leur connaissance du français, tout en leur offrant le langage du marché du travail.

Suzanne Bélanger-Fontaine, directrice des Programmes et services en immigration du Collège Boréal

2. Plusieurs communautés sans services

Selon Isabelle Chouinard-Roy, coordonnatrice à la recherche du Centre régional de recherche et d’intervention en développement économique et communautaire, le plus grand défi pour l’immigration francophone dans le Nord est l’étendue du territoire.

Du parc Algonquin au Manitoba, il y a six services d’établissement : un à North Bay, un à Timmins, un à Sault-Sainte-Marie, un à Thunder Bay et deux à Sudbury.

Ces services d’établissement ont d'immenses territoires à couvrir et souvent aucun budget de déplacement, explique Christian Howald, du Réseau de soutien à l'immigration francophone du Nord de l'Ontario.

Photo d'un homme en complet portant une cravate avec des drapeaux franco-ontariens devant le tableau d'affichage des arrivées à l'aéroport

Christian Howald du Réseau de soutien à l'immigration francophone du Nord de l'Ontario

Photo : Radio-Canada

Il faut promouvoir et faciliter l’expansion de ces services dans les autres municipalités, les régions rurales et les régions éloignées du Nord, conclut M. Chouinard-Roy.

3. Des francophones laissés pour compte

Lorsqu’un nouvel arrivant entre au pays, il est identifié en tant que francophone ou en tant qu’anglophone.

Toutefois, selon bien des travailleurs dans le domaine, des immigrants et des réfugiés familiers avec le français aboutissent souvent dans le système anglophone.

On demande aux nouveaux arrivants s’ils parlent français, explique M. Bélanger-Fontaine. Mais si les gens disent non parce que leur première langue est l’arabe, ils se retrouveront du côté anglophone. Mais combien de pays arabophones ont des racines profondes en francophonie?

Souvent, ces nouveaux arrivants seraient mieux accueillis dans la francophonie, qui leur est familière, ajoute-t-elle. Ce sont des opportunités manquées.

Elle souligne aussi que ce problème est difficile à quantifier.

4. Représentation du Nord à Pearson

La promotion des communautés francophones du Nord fait aussi face à plusieurs lacunes.

Il faut aussi promouvoir l’accès aux communautés du Nord, affirme Mme Bélanger-Fontaine. Les succès qu’on voit, ce sont des gens qui viennent travailler dans le Nord où le logement est abordable, les services de santé sont là, les écoles sont bonnes. On a beaucoup à offrir, mais il faut donner l’information aux nouveaux arrivants.

Le problème qu’on avait à l’aéroport Pearson, c’est que l’accueil était géré par un organisme anglophone qui disait offrir des services en français, précise M. Howald. Puisqu’il recevait de l’information de centaines d’organismes, les francophones n’étaient qu’un écho dans la cacophonie d’information.

En fin juin, le gouvernement fédéral a lancé un appel d’offres afin de recruter un organisme francophone chargé d’offrir ces services. Quoique l’organisme choisi ne soit pas encore dévoilé, des inquiétudes surgissent quant à la représentativité du Nord.

Des tableaux d'affichage des arrivées internationales à l'aéroport Pearson sous lesquels des voyageurs passe la porte avec leurs bagages.

L'attente risque d'être plus longue à l'aéroport Pearson

Photo : Radio-Canada

Le Collège Boréal pousse vraiment fort pour que l’organisme ait la générosité de bien informer les arrivants qu’il y a d’autres choses que le Grand Toronto, assure Mme Bélanger-Fontaine. Dans la trousse qu’ils donneront aux nouveaux arrivants, on espère qu’il aura une section qui cible le Nord.

M. Howald témoigne qu’il appuie entièrement le nouvel organisme dans la mesure qu’il ait un comité directeur représentatif du Nord.

5. La perte du ministère

L’abolition du ministère provincial de l’Immigration sous le gouvernement Ford a suscité de nombreuses critiques du secteur communautaire. On s’inquiétait notamment que cette décision engendre une diminution du financement alloué aux services d’établissement et au recrutement d’immigrants francophones.

Depuis, les services d’établissement sont relégués au ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires.

C’était un choc lorsque le Gouvernement de l’Ontario a aboli le ministère, avoue Mme Bélanger-Fontaine. Maintenant, ce n’est pas toujours clair avec qui il faut faire affaire.

Pour Deborah Robertson, directrice générale et Centre multiculturel de Timmins et des Services d’établissement pour les immigrants, la vie continue comme avant.

Nous n’avons rien entendu à cet égard, mais pour autant que nous le sachions, ça ne nous affecte pas pour l’instant. L’annonce était inquiétante, mais à ce jour, les services de première ligne ne sont pas affectés, raconte Mme Robertson.

Nord de l'Ontario

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