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analyse

Gouvernement Legault : et le ministre des Finances est…

Éric Girard porte les couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans la circonscription de Groulx. Il s'agit de l'ancien trésorier et vice-président de la Banque Nationale.

Éric Girard porte les couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans la circonscription de Groulx. Il s'agit de l'ancien trésorier et vice-président de la Banque Nationale.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Gérald Fillion

ANALYSE - Qui sera le successeur de Carlos Leitao à la tête du ministère des Finances à Québec? Plusieurs commentateurs ont évoqué le nom de Christian Dubé, qui a quitté son poste de vice-président à la Caisse de dépôt pour se joindre à la CAQ en pleine campagne électorale. Mais, en réalité, il est bien possible que ce soit Éric Girard qui soit choisi.

Pour attirer Christian Dubé dans la mêlée, il ne serait pas étonnant que François Legault lui ait fait une ou deux promesses. Mais, il est peu probable qu’il lui ait garanti le ministère des Finances. Cette promesse, il l’a peut-être faite à Éric Girard, trésorier de la Banque Nationale jusqu’au 31 mai dernier, économiste de formation, qui a remporté, lundi, l’élection dans la circonscription de Groulx, qui couvre les villes de Rosemère, Sainte-Thérèse et Boisbriand dans les Laurentides.

Éric Girard est celui qui a concocté le programme financier de la Coalition, qui a tout particulièrement travaillé au cadre financier présenté en cours de campagne par la CAQ. En entrevue à RDI économie, le 10 septembre dernier, il nous disait que « le potentiel du Québec est énorme » et qu’il était possible, avec une accélération de la productivité, d’amener la croissance économique à 1,8 % en 2021 et 2022, bien au-delà de la croissance prévue par le ministère des Finances de 1,3 %.

« Grâce à notre excellente équipe, disait-il, aux efforts qu’on veut faire au niveau des investissements des entreprises, au niveau du taux de diplomation des Québécois, on veut stimuler l’économie. »

C’est assurément une projection audacieuse étant donné le vieillissement de la population en cours au Québec. Les dernières données de Statistique Canada publiées vendredi matin montrent d’ailleurs qu’il n’y a plus de croissance de la population active au Québec et que les taux d’emploi et d’activité sont en baisse.

« On est ambitieux et on est fier de l’être », martelait Éric Girard sur notre plateau il y a près d’un mois. « Le Québec, c’est 12 % des investissements des entreprises au Canada, soit la moitié de notre poids démographique. On peut faire beaucoup mieux! Le taux de diplomation des Québécois qui parlent le français à la maison, c’est 4 % de moins que notre poids démographique. On peut faire mieux! Le taux de participation des travailleurs âgés de 55 ans et plus, c’est 42 %. On peut faire beaucoup mieux. »

La conclusion d’une entente commerciale entre les États-Unis, le Mexique et le Canada pourrait aider le gouvernement Legault à atteindre ses objectifs en matière d’investissement et de productivité. Toutefois, la baisse des seuils d’immigration, même temporaire, pourrait avoir un effet décélérateur sur l’économie alors que les entreprises cherchent désespérément des travailleurs prêts à être embauchés.

Des conservateurs à la CAQ

De ses études universitaires jusqu’au monde bancaire, en passant par ses engagements comme administrateur, les gens qui connaissent Éric Girard le décrivent comme étant un excellent étudiant, un homme intéressé par les politiques publiques et l’éducation.

Entré à la Banque Nationale il y a un quart de siècle, Éric Girard y a été nommé trésorier en 2012, officiellement vice-président, trésorerie corporative.

En 2015, il a tenté sa chance en politique fédérale en se présentant dans l’équipe de Stephen Harper pour le Parti conservateur du Canada dans la circonscription de Lac-Saint-Louis. Il a perdu, récoltant 10 730 voix, contre 39 527 pour le libéral Francis Scarpaleggia.

Après sa défaite, le PDG de la Banque Nationale Louis Vachon a accepté de réintégrer Éric Girard dans son poste au sein de l'institution financière.

Aux élections québécoises de lundi dernier, il a remporté la victoire dans Groulx avec 14 771 voix, soit 40,61 %, avec une majorité de plus de 7000 voix sur sa plus proche rivale du PLQ.

Dubé à l’Économie, Fitzgibbon au Trésor?

Maintenant, il serait difficile pour François Legault de justifier la nomination de Christian Dubé aux Finances, ministère responsable de la Caisse de dépôt et placement du Québec, son ancien employeur. Le nouveau ministre se retrouverait pratiquement à devenir patron de son ancien patron, Michael Sabia. Par prudence, le nouveau premier ministre gagnerait à choisir un autre ministère pour Christian Dubé, possiblement celui de l’Économie, ou encore le Trésor.

À l’économie, Christian Dubé pourrait chapeauter la transformation d’Investissement Québec, une priorité de François Legault, qui veut voir cet organisme travailler davantage à attirer des investissements au Québec. Le député de La Prairie pourrait devenir, en quelque sorte, le « vendeur en chef » du Québec dans un rôle semblable à ce que font des organismes comme Montréal international et Québec international.

Il se pourrait bien que le Conseil du Trésor soit confié à Pierre Fitzgibbon, un autre ancien de la Banque Nationale, qui a aussi été PDG du Groupe Atrium, entreprise de fabrication de produits naturels. Il posséderait les qualités nécessaires de gestionnaire pour avoir en mains tous les cordons de la bourse.

Si Philippe Couillard avait son trio économique en 2014 en Martin Coiteux, Carlos Leitao et le regretté Jacques Daoust, il semble bien que François Legault a aussi trouvé son trio en Christian Dubé, Éric Girard et Pierre Fitzgibbon. À suivre…

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