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Les négociations à l'ABI sont suspendues

Travailleurs et drapeau du syndicat
Les travailleurs en lock-out à l'entrée de l'usine de l'ABI, à Bécancour, le 5 octobre 2018. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le médiateur spécial dans le conflit de travail à l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI), Lucien Bouchard, a suspendu les négociations parce que l'écart est trop grand entre les demandes du Syndicat des Métallos et celles de la direction.

Le syndicat n'a pas voulu accorder d'entrevue. Il souhaite d'abord parler à ses membres en assemblée la semaine prochaine avant de rencontrer les médias.

Le lock-out a commencé le 11 janvier dernier. Les points en litige concernent le respect de l'ancienneté dans le mouvement de la main-d'oeuvre et le financement du régime de retraite.

L'aluminerie Alcoa, qui est la principale propriétaire de l'usine, a indiqué par voie de communiqué qu'elle estdéçue de constater que le processus n'a pas permis de conclure un cadre de règlement avec la partie syndicale.

La direction d'ABI affirme qu'elle propose des solutions qui respecteraient l'ancienneté et assureraient un emploi à tous les employés présentement en lock-out.

Dans son communiqué de presse, Alcoa remercie Lucien Bouchard pour ses efforts. Il avait été nommé médiateur spécial par Québec dans ce dossier.

Employés deboutLes 1030 employés de l'ABI sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018. Photo : Radio-Canada / Amélie Desmarais

La CAQ préoccupée par la situation

Le député réélu dans Nicolet-Bécancour, Donald Martel, confirme que son parti, qui vient d'être porté au pouvoir, est très préoccupé par la situation.

Je suis convaincu que M. Legault va en faire une priorité et, de mon côté, c’est bien évident que ça devient la priorité de ce début de mandat.

Donald Martel, député réélu dans Nicolet-Bécancour de la Coalition avenir Québec (CAQ)

Notre rôle, ça va être de rapprocher le plus possible les parties, parce qu’après près de neuf mois de conflit, il y a trop de dégâts par rapport à tout cela, je pense aux sous-traitants, aux commerçants et évidemment aux employés et aux familles, a-t-il déclaré.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, se dit très inquiet et déçu de la fin de la médiation entre la direction de l’ABI et ses 1030 syndiqués.

Il affirme que les conséquences se font de plus en plus sentir au sein de la population. Il souhaite que le premier ministre désigné, François Legault, intervienne, comme il l'avait promis en campagne électorale. M.Legault avait déclaré qu’il se rendrait à Pittsburgh afin de rencontrer la direction d’Alcoa, s’il le fallait, pour tenter de trouver une issue à ce conflit qui perdure.

Donald Martel affirme qu'il est trop tôt pour dire si M. Legault ira ou non à Pittsburgh.

Pas de fermeture en vue, selon un expert

Les exigences de l’employeur ont augmenté depuis le début du lock-out, dans ses exigences-là, il y a probablement une part de ruse, affirme le professeur titulaire en relations de travail de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Jean-Claude Bernatchez.

Selon lui, Alcoa veut probablement attirer l'attention du premier ministre désigné, François Legault, qui a manifesté son intérêt à régler ce conflit de travail durant la campagne. La suspension des négociations est un moyen d'avoir son attention.

Jean-Claude Bernatchez croit aussi que la direction n'a pas l'intention de fermer l'usine.

Je ne crois toujours pas à la fermeture, l’employeur y met quand même beaucoup d’énergie, plus de cent cadres qui travaillent là, souligne-t-il.

Mauricie et Centre du Québec

Relations de travail