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L’aide médicale à mourir n’est plus considérée comme un suicide en Saskatchewan

La main d'une femme en fin de vie, allongée sur un lit médical, repose dans la main d'une personne qui semble être en bonne santé. La main de la personne en fin de vie est maigre et ridée, avec les jointures apparentes. Les ongles sont vernis et manucurés.
La Saskatchewan a enregistré 123 morts par assistance médicale au 14 septembre 2018. Photo: Radio-Canada / Darren Bernhardt
Radio-Canada

Au lieu d'être classées comme des suicides, les morts assistées par un médecin sont enregistrées comme « non classifiées » en Saskatchewan depuis le 14 septembre dernier. Un changement bienvenu pour une femme ayant perdu sa mère récemment.

« C’est mieux, c’est vraiment mieux », dit Susan Tataryn. Sa mère, atteinte de cancer, a reçu l’aide médicale à mourir. Sa mort avait été classée comme étant un suicide.

Appeler cette mort non classifiée est un progrès, mais ce n'est qu'une demi-mesure.

Susan Tataryn

Faire changer la loi était une des dernières choses dont Susan Tataryn avait discuté avec sa mère, le jour où elle est morte. Elle a appris l'existence de cet amendement à la loi environ cinq semaines avant le premier anniversaire de la mort de sa mère.

« C’est un peu une excuse de dire que [la mort de ma mère] est non classifiée, assure Mme Tataryn. Cela suggère qu'on ne sait pas pourquoi quelqu’un est mort. » Elle pense qu’il aurait été plus exact et plus approprié de qualifier ce type de décès de « mort naturelle ».

C’est assurément une nouvelle que ma famille fêtera, quand elle se réunira en novembre.

Susan Tataryn

Bien que le nouvel adjectif ne corresponde pas tout à fait aux attentes de la famille de Susan Tataryn, elle fera changer le certificat médical de décès de sa mère pour qu’il ne mentionne plus le mot suicide.

Modifier les anciens certificats médicaux de décès

En cas d'aide médicale à mourir, les certificats médicaux de décès délivrés avant le 14 septembre pourront être changés de manière rétroactive. Les familles souhaitant faire la modification de ces documents devront contacter eHealth. Le changement à la loi ne s’applique pas aux actes de décès.

Avant le 14 septembre 2018, la Saskatchewan a enregistré 123 morts assistées par un médecin, pratiquées pour éviter une fin de vie douloureuse.

« Nous sommes satisfaits que ces changements classifient de manière plus exacte les morts par assistance médicale, et répondent aux préoccupations soulevées par les familles », ont déclaré les Services du coroner de la Saskatchewan.

Soulager les familles

« Le terme suicide est vraiment, vraiment perturbant pour eux et pour nous », dit la Dre Lilian Thorpe en parlant des patients, de leurs proches et des équipes médicales concernées. Selon elle, cette nouvelle classification rendra la mort plus acceptable pour les familles. « Pour ceux qui sont très impliqués dans des communautés religieuses, c’est particulièrement difficile », ajoute-t-elle.

Une femme fine, les cheveux courts, avec des lunettes, regarde l'objectif avec un sourire.La Dre Lilian Thorpe fait partie de ceux qui ont écrit à la province pour changer la manière dont les morts par assistance médicale sont enregistrées. Photo : Radio-Canada / Rosalie Woloski

Lilian Thorpe pense aussi que cette nouvelle appellation pourrait faciliter les démarches pour débloquer les assurances vie.

Cette membre de la Faculté de médecine de l'Université de la Saskatchewan travaille dans le programme de gériatrie régional. Elle est aussi membre de l’équipe de l’Autorité régionale de santé de Saskatoon pour l'aide médicale à mourir. Elle a fait plus de 80 évaluations pour des personnes ayant demandé à en bénéficier.

Dans deux audits réalisés par des étudiants en médecine, le mot suicide était une des principales préoccupations des patients et des familles du programme d'aide médicale à mourir de la Saskatchewan.

Saskatchewan

Aide médicale à mourir