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Une marche pour ne pas oublier les femmes autochtones disparues et assassinées

Une manifestante tient une pancarte sur laquelle on peut lire : plus jamais de soeurs volées. La robe rouge dessinée sur la pancarte est le symbole des femmes autochtones disparues et tuées au Canada.

Une manifestante tient une pancarte sur laquelle on peut lire : « plus jamais de sœurs volées ». La robe rouge dessinée sur la pancarte est le symbole des femmes autochtones disparues et tuées au Canada.

Photo : Radio-Canada / Laurence Niosi

Radio-Canada

Plus de 300 personnes se sont rassemblées jeudi soir au centre-ville de Montréal, comme ailleurs au pays, pour une veillée à la mémoire des milliers de femmes autochtones disparues et assassinées.

Un texte de Laurence Niosi (Nouvelle fenêtre)

« Jamais plus de sœurs volées », « Justice pour les femmes disparues et assassinées »... Munis de pancartes et de chandelles, des manifestants se sont d’abord recueillis au square Cabot, rue Sainte-Catherine, puis ont marché un peu plus à l’est, jusqu’au square Phillips.

Malgré des années de mobilisation et la création d’une enquête nationale à la fin de 2015, la lumière tarde à se faire sur les milliers de femmes autochtones disparues et assassinées au cours des dernières décennies.

« Le livre n’est pas fermé », soutient l’aînée mohawk Amelia Tekwatonti McGregor, encore secouée par la mort de Tiffany Morrison, une jeune femme de sa communauté (Kahnawake) disparue il y a 12 ans.

« S’ils ne peuvent pas trouver celui qui l’a assassinée, alors elle représente toutes les autres qui disparaissent. Et il n’y aura jamais de fin à ce chagrin », ajoute-t-elle.

Passer de la parole aux actes

Aujourd’hui encore, les femmes autochtones courent trois fois plus de risques d’être victimes d’agressions sexuelles.

« Les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones continuent à être ciblées par des taux de violence ahurissants. On exige que tous les niveaux du gouvernement agissent », souligne Julie Michaud, du Centre de lutte contre l’oppression des genres, l’organisme qui organisait l’événement en collaboration avec le projet Iskweu du Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

Le gouvernement pourrait mettre en place plusieurs mesures très concrètes, dit-elle, à commencer par bonifier le système d'éducation, reconnaître les dommages de la colonisation, et aussi sensibiliser davantage les policiers aux réalités autochtones.

La marche en est à sa treizième année. Bridget Tolley a organisé la première marche en 2005 pour rendre hommage à sa mère Gladys, mortellement happée par un véhicule de la Sûreté du Québec en octobre 2001 dans la communauté algonquine de Kitigan Zibi, dans l’Outaouais. Depuis, Bridget se bat pour rouvrir le dossier dans le cadre d’une enquête indépendante.

Des marches ont par ailleurs lieu tous les ans, le 4 octobre, dans de nombreuses villes canadiennes, des Maritimes jusque dans l’ouest du pays.

À Montréal, la militante mohawk Ellen Gabriel et la présidente de Femmes autochtones du Québec, Vivian Michel, ont chacune à leur tour pris la parole sur la scène du square Cabot, où était accrochée une robe rouge, devenue symbole des femmes disparues et assassinées.

Société