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Pour le PQ, l'enjeu est de continuer à exister

Jean-François Lisée, assis et regardant son téléphone, dans les couloirs de la radio CJAD.
Le chef démissionnaire du Parti québécois, Jean-François Lisée, attendant patiemment pour une entrevue à la radio durant la dernière campagne électorale. Photo: Radio-Canada / Mathieu Dion
Radio-Canada

Mercredi, le cœur n'était pas à la fête au deuxième étage de l'Assemblée nationale, celui de l'opposition officielle. Le personnel politique du Parti québécois (PQ) en était à faire ses boîtes. Le chef démissionnaire Jean-François Lisée s'y trouvait aussi pour vider son bureau.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Ce passage obligé, aussi déchirant soit-il, était l’occasion de faire le point et de régler des enjeux administratifs. M. Lisée, nous dit-on, était serein, malgré la défaite électorale cinglante que le PQ a subie.

Les neuf députés élus lundi soir se sont d’ailleurs réunis de façon informelle afin de préparer la suite. Dans un tweet publié mercredi, Pascal Bérubé a écrit : « Nous sommes tous motivés-ées pour les défis à venir. »

Ils auront comme première tâche de se désigner un chef intérimaire, qui assumera la fonction de chef parlementaire. Une autre rencontre du caucus est prévue d’ici une semaine.

Selon les statuts de la formation politique, jusqu’à ce que le PQ se soit trouvé un véritable chef, c'est la présidente Gabrielle Lemieux qui assumera ce rôle pour le parti.

Résultats contestés dans Gaspé et aux Îles-de-la-Madeleine

Des dépouillements judiciaires dans deux circonscriptions risquent de retarder le processus, puisque le PQ pourrait tout aussi bien y perdre un député qu’en gagner un de plus.

Dans Gaspé, où les libéraux l’ont emporté par 132 voix, les péquistes demandent un recomptage. Une boîte de scrutin suscite des questions parce que l’ensemble de ses 194 votes sont attribués au candidat du Parti libéral, Alexandre Boulay. Si la candidate péquiste Méganne Perry-Mélançon devait finalement l’emporter, le PQ compterait alors 10 députés, soit un nombre équivalent à Québec solidaire. Ce gain aurait donc une forte charge symbolique.

Le PQ pourrait en revanche perdre la circonscription des Îles-de-la-Madeleine. La candidate libérale Maryse Lapierre conteste le résultat de l’élection. Le péquiste Joël Arseneau l’a emporté par seulement 18 voix, mais Mme Lapierre évoque de nombreuses irrégularités et une « ambiance de cafouillage ».

François Legault suscite l’espoir

En vertu des règles actuelles, le PQ est relégué au rang de tiers parti, puisqu’il n’atteint pas le seuil minimal nécessaire de 12 sièges ou 20 % des voix pour obtenir une reconnaissance en tant que groupe parlementaire. Cela le condamne à obtenir moins de temps de parole à l'Assemblée nationale, moins d’argent et moins de ressources.

Lors de son premier point de presse, mardi, le premier ministre désigné François Legault a toutefois donné une lueur d’espoir aux députés du Parti québécois. « On va avoir des discussions avec les partis et les gens de l’Assemblée nationale, a indiqué celui qui dirigera le gouvernement de la Coalition avenir Québec. On va avoir des discussions dans les prochaines semaines. »

Le PQ compte beaucoup sur ces négociations à venir.

Et la convergence des forces progressistes et souverainistes?

L’obtention d’une plus grande reconnaissance à l’Assemblée nationale pourrait devenir le premier enjeu sur lequel le PQ et Québec solidaire devront s’entendre et faire front commun.

Dans les deux formations politiques, fait-on toutefois savoir, la communion ne se limitera qu’à des discussions ponctuelles dans le contexte parlementaire. Pas question, pour le moment, de discuter d’alliance, de convergence et, surtout, de fusion.

Mais, qu’ils le veuillent ou non, les péquistes et les solidaires auront intérêt à bien s’entendre, puisqu’ils seront dorénavant assis ensemble au Salon bleu et se retrouveront tous deux sur le même étage, celui au-dessus de la nouvelle opposition officielle libérale.

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